Comme beaucoup de "talibans de l'écologie", Nicolas
Hulot est victime d'une certaine forme de paranoïa dès qu'il
parle de l'ours des
Pyrénées. Il s'agit, dans ce domaine, d'une psychose
chronique caractérisée par l'organisation logique d'un
délire autour d'une espèce dite "emblématique"
sans aucun soucis de ce qui se passe en périphérie. Sa
réponse ci-dessus en est un exemple parfait.
1/ La démocratie
participative est une excellente chose à laquelle tous les pyrénéens
aspirent. Le problème est qu'en matière d'importation
d'ours celle-ci n'a jamais existé. Quoique
lorsqu'elle
a existé à partir de l'IPHB,
le ministère de l'écologie l'a faite taire en coupant
les vivres c'est-à-dire le robinet des subventions. Par contre,
ce robinet est resté ouvert pour les tenant de la dictature auxquels
Nicols Hulot est associé.
2/ Nicolas Hulot dit ne pas être pour " l'exotisme
ou la nostalgie "
. Et pourtant c'est exactement ce
qu'il fait. Vouloir revenir 50 ans en arrière, c'est quoi ? C'est
refuser de voir que les Pyrénées ont évolué,
ne sont pas et n'ont jamais été une chaîne de montagne
sauvage. Il y a toujours eu une vie, une activité humaine, comme
dans toute la France et à des altitudes élevées.
3/ Oser dire
que "la France ne pourra faire entendre sa voix à l'échelle
internationale" ne manque pas d'un certain culot après
avoir parlé de démocratie participative. Faut-il que l'Etat
français se comporte en dictateur (le député Jean
Lassalle a parlé de " viol ") vis-à-vis des
Pyrénées pour imposer son point de vue à l'échelle
internationale ?
4/ Faire référence
au CITES pour parler de l'ours des Pyrénées c'est soit
avoir une bouffé délirante soit méconnaître
la réalité pyrénéenne. Le CITES est
la Commission internationale sur le trafic des espèces en danger.
Quel trafic existe-t-il dans les Pyrénées ? Il serait
intéressant de le connaître. Ce serait un scoop ! Par ailleurs,
et jusqu'à preuve du contraire, l'ours brun n'est pas une espèce
en danger. Elle ne figure pas dans la
liste rouge de l'UICN. Il faudrait être cohérent,
Monsieur Hulot !
5/ La France
n'est pas l'Afrique et les Pyrénées ne sont pas le Zimbabwe.
Il faudrait peut-être analyser les problématiques au cas
par cas en fonction du milieu et des enjeux et ne pas tout mélanger.
Un ours n'est pas un éléphant.
6/ "La
biodiversité n'est pas divisible." Voilà
un point sur lequel nous sommes d'accord. Le problème est qu'il
y a ceux qui en parlent comme Nicols Hulot et ceux qui le vivent comme
les pyrénéens. La
biodiversité c'est l'ensemble du vivant animal et végétal
y compris l'humain. Ce n'est pas seulement UNE espèce emblématique
comme l'ours. Il faut donc savoir prendre en compte la globalité
de la problématique dans un contexte de développement
durable. Cela n'a jamais été le cas et Nicolas Hulot n'en
fait nullement référence.
La réponse
de Nicolas Hulot est assez peu cohérente. Nous pouvons même
nous interroger sur son niveau de compétence. Normal de la part
d'un animateur de TV qui ne connaît les Pyrénées
que part " flash " télévisuel. Pour parler de
l'ours il faut aussi connaître l'histoire des pays et vallées
pyrénéennes, la géographie, le milieu, l'économie,
la sociologie, etc
S'il avait fait cet effort, il aurait appris
que les vallées pyrénéennes pratiquent la démocratie
participative depuis bien avant le Moyen Âge et que, de ce point
de vue, non seulement l'Etat français et des amis " talibans
de l'écologie " ne l'ont jamais pratiqué, mais
les pyrénéens n'ont pas de conseils à recevoir
de Nicolas Hulot.
Lorsqu'on veut
parler de quelque chose, mieux vaut savoir de quoi on parle. Ce n'est
pas le cas de Nicolas Hulot en matière d'ours des Pyrénées.
Louis Dollo,
le 15 novembre 2007