Ce soir
cette nuit, à 23 heures, alors que beaucoup d'entre
nous sont au lit, au chaud chez soi, devant une émission de TV
dans le confort d'une maison
une inquiétude règne
dans une cabane de berger en montagne dans une vallée de l'Ariège.
Les éleveurs
Lagarde, propriétaires des veaux morts dans le massif de l'Aston
(Ariège-Pyrénées) il y a quelques jours, viennent
d'appeler, pour faire part de leur inquiétude.
Alors que la nuit
tombait sur la montagne où se trouve leur troupeau de bovins,
Mr Philippe Lagarde, qui veille sur ses bêtes, a été
le témoin d'un affolement particulièrement important :
le troupeau s'est mis subitement à courir dans tous les sens,
dans un vacarme de cloches et de brames pour le moins inquiétant.
D'après
Mr Lagarde, ce nouvel épisode d'affolement ressemble à
ceux qui ont précédé les dernières attaques
d'ours, sur cette même estive, autour de cette même cabane.
N'ayant aucun élément
plus précis ce soir, nous ne pouvons évidemment pas conclure
formellement à une attaque d'ours, ni parler de dégâts.
Il faudra attendre que le jour se lève pour pouvoir déterminer
quoique ce soit.
L'objet de cette
note est davantage de montrer, quasiment en direct, quelle est la réalité
vécue par les éleveurs ou les bergers en cas d'attaque
:
Seul dans sa cabane,
on assiste impuissant, pendant la nuit, à un affolement général
: les chiens ou les cris sont inutiles, se protéger ou protéger
son troupeau avec une arme est interdit, reste le téléphone.
Que faire avec
un téléphone, lorsqu'il passe : appeler sa famille, pour
partager son émotion et la rage de se sentir impuissant ; appeler
le suivi ours, pour tomber sur un répondeur et savoir qu'ils
ne pourront venir que 24 ou 48 heures plus tard, telle la cavalerie
après la bataille ; appeler la préfecture, comme l'a fait
en l'occurrence ce soir Madame Lagarde, pour finalement se faire rapidement
raccrocher au nez par une sous-préfète d'astreinte, visiblement
peu sensible à la situation.
Demain lundi, nous
découvrirons des dégâts ou non : les éleveurs
de la vallée essaient d'ores et déjà de constituer
une petite équipe pour rechercher les traces (empreintes, cadavres...)
d'un passage d'ours, avec le matériel nécessaire pour
en conserver les preuves, cette fois-ci.
Peut-être
que rien ne sera découvert, mais le cas échéant,
il est important pour les éleveurs que vous soyez tenu au courant
de ces évènements afin de vous faire une idée de
ce que peut vivre une famille et leur entourage. Il en a été
ainsi pratiquement tout l'été dans de nombreuses estives.
C'est à
peu prés le même récit que nous a fait Jean-Pierre
Cazaux d'Arens-Marsous au sujet du berger sous la tente à Pouey
Laün.
Mais pour certains écologistes, toujours très au fait
des questions de pastoralisme sur les forums, c'est la faute des éleveurs.
Pendant ce temps, dans les réunions, la fonctionnaire de la DIREN
sortira consciencieusement la bible écolo gouvernementale "
mesures d'accompagnement
. " et parlera d'aides financières.
A quoi bon toutes ces stupidités face à la réalité
du terrain cette nuit
. Parce que, berger, vacher et non moins
usager de la nature, la vie n'est pas la même que celle de randonneur
même s'il n'y a rien eu.
A suivre lundi
Dimanche
17 septembre 2006 à 23h30