Quelques jours après avoir quitté le département,
l'ourse Franska est de retour dans les Hautes-Pyrénées.
Depuis jeudi, elle est localisée sur les hauteurs de Saint-Lary.
Avec le plantigrade qui a perpétré de violentes attaques,
dans les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi,
contre un troupeau qui se trouvait sur les hauteurs du lac d'Estaing,
cela porte désormais à deux le nombre d'ours sur le sol
bigourdan. " Ces prédations pourraient bien être
l'uvre d'un ours venu du Béarn " (1),
n'exclut pas M. Decaluwe, spécialiste de la faune sauvage à
la Direction de l'environnement. Pas moins de 25 brebis sont ainsi passées
de vie à trépas. La plupart, prises de panique, ont chuté
de barres rocheuses.
Cet ours, qui n'a
pas d'émetteur, pourrait donc être soit Néré
(origine slovène), soit le fils de Canelle (son père est
Néré), la femelle tuée par un chasseur à
Urdos, ou bien Camille ou Aspe ouest (deux spécimens de souche
béarnaise).
LA CRAINTE DE
NOUVELLES ATTAQUES
Reste que la présence de ces deux animaux inquiète les
éleveurs à un mois de la montée des troupeaux dans
les estives. Deux réunions se sont d'ailleurs tenues, hier et
avant-hier, à la Maison du Parc national à Arrens-Marsous,
entre les représentants de leur profession et ceux de l'État
" afin de débattre des mesures de protection à
mettre en place pour éviter que les bêtes soient décimées
", rapporte Claude Vielle, éleveur et membre de
l'Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen
(ASPP 65). Cette association (2), qui a
pour objet la défense du pastoralisme et le retrait de l'ours,
dénonce cette nouvelle attaque et s'insurge contre l'attitude
de l'État " qui n'apporte aucune réponse concrète
en matière de surveillance du plantigrade ". Pour ses
adhérents " les mesurettes proposées, essayées,
recommandées
auront le même effet qu'un cataplasme
sur une jambe de bois ". Ces derniers réaffirment que
" la cohabitation n'a jamais été et ne sera jamais
possible avec le fauve ".
L'association,
comme la plupart des éleveurs du département, craint que
ne surviennent des attaques à répétition "comme
cela s'est produit l'été dernier ".
Quant à
Pascal Bouyrie, le berger dont le troupeau a été décimé,
il continuait, hier, à sillonner la montagne dans l'espoir de
retrouver plusieurs de ses bêtes qui ont fui durant les attaques.
Le Parc national ne devrait l'indemniser que pour les 3 brebis mortes
sous les griffes et les crocs de l'ours. Les autres, malheureusement,
devraient passer pour lui en pertes et profits.
Des analyses d'excréments
et d'indices sont actuellement en cours pour déterminer l'identité
du prédateur.
Auteur
: Guillaume Atchouel.
Source : La
Dépêche du Midi du 12 mai 2007