BRUGES. De nouvelles brebis découvertes portant des traces
d'attaques. Les bergers cherchent des solutions pour l'avenir
Le week-end a apporté son nouveau lot de mauvaises nouvelles,
pour Bernard Allègre. Le berger brugeois a découvert de
nouvelles brebis tuées ou mutilées sur son estive, au
pic du Merdanson.
Au total, l'éleveur
déplore la mort de neuf bêtes. Trois ont disparu, sept
sont blessées. Et il ne sait toujours pas quel prédateur
a bien pu causer ces déprédations. Dans le même
secteur, un veau a été retrouvé sans vie, aux fontaines
du Merdanson. Et une trace de patte a été découverte
dans la neige, près de la cabane Louscuts.
D'après
les bergers, la trace ressemble à une empreinte d'ours. Une photographie
a été transmise à l'Office national de la chasse
et de la faune sauvage. Des images des blessures très particulières
infligées aux brebis devraient également être envoyées
à l'école vétérinaire de Toulouse, pour
expertise. "
" On ne
sait plus où on en est ", confie Jean-Louis Birou, le
président pastoral. " Hier, une battue administrative
au sanglier était organisée dans le secteur, mais rien
n'a été vu du tout. On est toujours dans l'incertitude.
" En effet, certaines constatations laissent penser que le
prédateur pourrait être un canidé (notre édition
de samedi). " Mais lequel ? s'interroge le président
du Groupement pastoral. Si c'est un chien, on aimerait le retrouver.
Et si c'est un ours, on aimerait pouvoir le valider ". Et vite.
Le problème, c'est que la commission censée trancher la
question ne se réunira pas avant un mois.
Une caisse "
coup dur " ? L'ampleur des dégâts subis par Bernard
Allègre pousse la profession à se poser des questions.
Et celles-ci dépassent
le seul problème de l'ours. " On est démuni, explique
Jean-Louis Birou. Dans le cas présent, c'est 20 % d'un cheptel
qui est fichu. On n'est plus dans le cadre de déprédations
''acceptables''. Et on n'a pas de réponse. Attendre un mois,
c'est ingérable. "
Et le président
du groupement pastoral de lancer quelques pistes : " Il faut
trouver un outil de gestion pour ce type de sinistre. Et quand la survie
d'une exploitation est en jeu, arriver à mutualiser les dégâts,
quels qu'ils soient : moustique, virus ou ours, sans avoir à
chercher des traces de poils ni perdre de l'énergie en querelles
stériles. " Bref, mettre sur pied une caisse "
coup dur " financée par différents acteurs institutionnels
et professionnels.
Reste à
trouver des partenaires pour tracer cette piste de sécurité
avec les éleveurs de montagne.
Auteur
: Gwenaël Badets
Source : Sud-Ouest
du 6 octobre 2008