Quelque 80 opposants à l'ours ont manifesté lundi, devant
la cour d'appel de Toulouse, en soutien à 10 éleveurs
qui comparaissaient au civil après avoir été condamnés
en première instance pour dégradation de biens publics
lors d'une manifestation anti-ours en 2006.
Bérets vissés
sur la tête et blousons noirs portant l'inscription "un
ours en liberté, des vies en danger", de nombreux éleveurs
ariégeois brandissaient des pancartes "Non à l'ours"
et des photos de brebis mortes ou blessées.
Un important dispositif
policier avait été déployé devant le tribunal
et seuls les 10 éleveurs condamnés en première
instance et quelques représentants d'associations ont été
autorisés à assister à l'audience qui s'est ouverte
dans un climat tendu. Deux personnes ont été
expulsées de la salle.
Les éleveurs
avaient été condamnés en septembre 2006 à
verser solidairement 4.300 euros de dommages et intérêts
à la commune d'Arbas (Haute-Garonne), où avait eu lieu
le 1er avril 2006 une violente manifestation contre l'introduction dans
les Pyrénées d'ours slovènes.
Face à la
forte opposition de nombreux éleveurs et d'élus locaux,
la commune avait accueilli discrètement trois des cinq ours l?chés
entre le 25 avril et le 22 août 2006.
Le maire d'Arbas,
François Arcangeli, qui avait fait appel du premier jugement,
réclamait comme en première instance 17.844 euros au titre
de réparations des dégradations et 20.000 euros pour le
préjudice lié à l'image du village.
"Les dégradations
sont plus importantes que ce qui a été décidé
par le juge", a déclaré lors de l'audience son
avocat Me Guy Debuisson, qui a qualifié la manifestation du 1er
avril 2006 d'"action commando".
La façade
de la mairie avait été souillée, une statue d'ours
en bois brûlée et des jardinières piétinées.
"Ce n'était
pas une action commando mais une action concertée après
que toutes les voies officielles possibles aient été épuisées",
a répondu l'avocate des dix opposants à l'ours, Me Isabelle
Gaye.
Elle a demandé
que soit confirmé le jugement de première instance, au
motif qu"'aucune pièce ne vient justifier le préjudice
pour atteinte à l'image" d'Arbas.
A la sortie du
tribunal, le maire a été hué par les anti-ours,
qui ont ensuite entonné un chant traditionnel pyrénéen.
Ils ont déclaré "assumer collectivement"
ces dégradations tout en dénonçant l'appel de M.
Arcangeli, "une attitude loin de prôner l'apaisement".
"La justice
et la réparation sont préalables à la réconciliation",
a déclaré de son côté le maire à l'issue
de l'audience.
"Les gens
auront beaucoup plus de difficulté à rediscuter avec les
opposants s'ils ont le souvenir qu'ils n'ont pas été remboursés",
a-t-il ajouté, en assurant que le montant des dégradations
correspondait à 10% du budget de ce village de 250 habitants.
L'affaire a
été mise en délibéré au 26 novembre.
Source
: La
Dépêche du Midi du 22 octobre 2007