Nous pourrions croire que les éleveurs ont perdu compte tenu
de la charge que représente la condamnation et qu'aucun n'est
capable de payer. Un éleveur n'a pas le revenu d'un architecte,
maire d'Arbas. Et pour l'ASPAP " c'est le montant de son budget
annuel. "
Autant dire que la colère était à son comble hier
après midi du côté de l'Ariège.
En
première instance, outre les condamnations au pénal
à des peines de prison avec sursis en pour quelques tagues, du
sang sur les murs de la Mairie et une " statue " brûlée
(en fait un tronc d'arbre pourri érigé en statue d'ours
et qui a été remplacé par une véritable
uvre d'art exposée à la Mairie d'Arbas) les éleveurs
ne devaient payer que 4 300 Euros pour 60 000 demandés par le
maire d'Arbas. Non satisfait de cette somme, il fait appel et vient
d'obtenir 6.796 euros de réparations pour dégradation
de biens publics et 2.000 euros de frais de justice. Apparemment, le
maire d'Arbas a gagné, mais ne nous y trompons pas. Comparé
au 60 000 Euros hors frais de justice, la sommes de 6 800 euros ne représente
que 11 % des prétentions de François Arcangéli,
c'est-à-dire une somme assez dérisoire. Le tribunal semble
donc avoir " recadrer " le véritable préjudice.
Loin de calmer
le jeu, il semble bien que ce verdict déclanche une colère
encore plus grande qu'il y a un an. Ceux qui croyaient que "
en partant tous dans les Cantabrique, c'est un début de dialogue
" se trompent totalement. " Arcangéli reste
l'ennemi N° 1 du pastoralisme pyrénéen, aucun dialogue
ne peut être envisagé avec lui. "
Philippe Lacube,
porte parole de l'ASPAP et Président de l'ADDIP nous précise
: "Pour nous, la somme d'environ 6.700 euros reste importante,
mais nous avons la satisfaction de savoir qu'elle ne représente
que 10 à 11% des demandes du maire d'Arbas" et de rajouter
" L'ASPAP ce n'est pas l'ACP avec ses 200 000 Euros prélevés
sur nos impôts." C'est effectivement des sommes importantes
que les associations dites " pro-ours " perçoivent
à des titres divers du Ministère de l'écologie
sans que l'utilisation en soit contrôlée et même
justifiée selon divers rapports d'inspection et missions parlementaires.
Philippe Lacube poursuit en nous disant que " ce n'est pas ainsi
que la maire d'Arbas va enterrer la hache de guerre. Il n'a pas la main
tendue. " En clair, il ne faut se fier aux apparences, il n'y
aura jamais de dialogue.
Pour le maire d'Arbas
qui s'exprimait au téléphone dans le bus, dans le bus
qui traverse le Pays basque, face a ses opposants " sans aucune
pudeur et avec un total mépris " selon des témoins,
"c'est un jugement mesuré même si pour eux c'est
une somme pas négligeable".Pas négligeable en
effet. Ils ne peuvent pas la payer
. Et il précise que "
le premier jugement était très en deçà d'un
équilibre et là, on s'y est approché."
Voilà un maire " sans aucun scrupule ", nous
dit-on. Certes, la somme est doublée, mais là aussi il
n'y a que les apparences : ce n'est que 11% des sommes réclamées.
Pas de quoi crier victoire sauf que 10 éleveurs sont aujourd'hui
anéantis et que la situation pourrait bien créer d'autres
actes de colère.
Marie-Lise Broueilh,
Présidente de l'ASPP 65
qui se trouve, elle aussi, dans le même bus que François
Arcangéli nous déclare : " Les syndicats agricoles,
FDSEA, CDJA ainsi que l'ADPP 65 sont solidaires. Nous allons voir de
quelle façon contribuer au paiement de cette réparation
de " préjudice ". Pour elle, " le juge
n'a pas suivi le maire d'Arbas
C'est la preuve d'une exagération
de la part de monsieur Arcangéli." Et elle nous rappelle
" qu'il y a un an, l'amplitude de la colère était
le résultat de la manière dont avait été
traité les éleveurs, c'est-à-dire de mépris.
Dans cette manifestation il y avait des éleveurs des Hautes-Pyrénées.
Cette condamnation c'est celle de l'ensemble du mouvement d'opposition
aux introductions. On a voulu casser ce mouvement par l'instrumentalisation
d'une manifestation. La réponse a été donnée
avec plus de 5000 manifestants à Bagnères de Bigorre "
Pour tous les interlocuteurs
contactés, Arcangéli a tout perdu sur le plan politique.
"il n'est pas et ne sera jamais un interlocuteur".
Et chez certains éleveurs la colère était telle
que certains n'hésitaient pas à dire "si on retourne
à Arbas, on saura comment faire." Et dans tous les cas,
"ne vous y trompez pas. Etre dans le même bus ne signifie
pas cautionner et nous allons lui dire."
Aujourd'hui les
associations appellent à " la solidarité pyrénéenne
pour payer tous ensemble cette condamnation. " Phlippe Lacube
fait savoir que les dons peuvent être transmis à l'ASPAP,
32 rue Général de Gaulle - 09000 FOIX
Ca, ce n'est pas une apparence !
Louis
Dollo
Le 26 novembre 2007