Nelly Olin, la nouvelle ministre de l'Ecologie,
lâche du lest vis-à-vis du plan et du calendrier de son
prédécesseur
Trois ourses dans
les Pyrénées au printemps prochain : la nouvelle ministre
de l'Ecologie temporise par rapport à son prédécesseur,
Serge Lepeltier, dont le plan prévoyait la réintroduction
de quinze ours dont cinq dès l'automne prochain. On se souvient
de l'accueil désastreux qu'avait reçu le projet, dans
les vallées béarnaises (qui devaient accueillir deux spécimens)
et pyrénéennes. Trois ourses, c'est bien le nombre qu'a
entendu de la bouche de la ministre le député Jean Lassalle,
lors de la réunion qui se tenait hier au ministère de
l'Agriculture, et qui ne comptait pas moins de trois ministres, Dominique
Bussereau (agriculture) et Brice Hortefeux (collectivités territoriales)
flanquant leur collègue de l'Ecologie, face aux élus pyrénéens
qu'accompagnait le président de l'Association nationale des élus
de montagne, le Savoyard François Brothes : Louis Althapé,
président de l'Association départementale des élus
de montagne, François Maïtia, conseiller général
et vice-président du Conseil régional d'Aquitaine, et
les députés Jean Lassalle (UDF.- Pyrénées-Atlantiques),
Augustin Bonrepos (P.S.- Ariège), Jean-Louis Idiart (P.S.-Haute-Garonne)
et Chantal Rodrigo (Parti radical de gauche-Hautes-Pyrénées).
Cinq femelles
slovènes.
Lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre, Nelly
Olin a indiqué que « cinq femelles slovènes seront
introduites » dans les Pyrénées, rejoignant
le « quota » sur un an de Serge Lepeltier. Mais elle a convenu
que le calendrier de son prédécesseur ne serait pas tenu,
justifiant ce retard par la position du nouveau gouvernement d'Andorre,
qui ne soutient plus le projet, ainsi que par les avis de scientifiques
qui estiment « que le printemps serait meilleur que l'automne
pour permettre aux ours de s'adapter à leur nouveau territoire
».
Le nombre d'ours à réintroduire est une chose, la manière
de procéder en est une autre. Or, « le ton a changé,
soulignait hier soir Louis Althapé. On sera vigilant de
toute manière, mais ce n'est plus une arrivée massive
d'ours dans les Pyrénées, la méthode est homéopathique
». Pour le maire de Lanne-en-Barétous, la ministre
« a voulu dédramatiser et tenir compte de la réaction
de la chaîne, renouer les fils du dialogue ». A la bonne
heure.
Manque de confiance.
« Il manque l'essentiel : la confiance »,
a néanmoins fait valoir Jean Lassalle, intarissable sur
la désespérance du monde rural à l'agonie. Mais
le député aspois a dressé l'oreille au mot «
charte » qu'a lancé Brice Hortefeux, à propos de
la responsabilité qu'engagent les réintroductions. Préalablement
à celles-ci, et après une consultation de ministre de
l'Intérieur, une charte devra préciser, courant juillet,
au niveau de l'ensemble du massif pyrénéen, les rôles
respectifs de l'Etat et des maires en la matière.
En résumé, l'Etat ne renonce pas aux renforcements,
et fait savoir aux associations environnementalistes qu'il maintient
son plan, tout en le présentant a minima aux élus. Pour
l'anecdote, la ministre n'a pas abordé le dossier « ours
» d'elle-même, devant les journalistes, ne l'évoquant
qu'aux questions de ces derniers.
Auteur
: Thomas. Longué
Source : Sud-Ouest
du 24 juin 2005