COHABITATION. RÉUNION DE CONSULTATION À L'AÉROPORT
TARBES-LOURDES-PYRÉNÉES DANS LE CADRE DE LA RÉINTRODUCTION
DU PLANTIGRADE.
Depuis plusieurs
semaines, l'État «teste» les réactions de
la population locale en vue d'une prochaine réintroduction de
l'ours dans les Pyrénées. La préfecture de région
a chargé la mission d'animation des agrobiosciences, un organisme
scientifique proche de l'INRA, à Toulouse, d'organiser une série
de «réunions de concertation» sur l'ensemble du massif
pyrénéen dont une à l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées.
Mais il ne s'agissait pas d'un débat pour ou contre la réintroduction
de l'ours. Le ministère de l'Écologie, qui a annoncé
officiellement sa décision de réintroduire des ursidés
sur la chaîne, est passé à l'étape suivante
: comment faciliter la cohabitation entre la population locale, les
activités de montagne et le plantigrade ? Trois réunions
ont eu lieu courant mars : à Lavelanet, pour les Pyrénées-Orientales,
la Haute- Ariège et l'Aude, à Aspet pour la Haute-Garonne,
le Couseran et la partie Est des Hautes-Pyrénées et à
l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées pour le reste
des Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.
«LE SUJET
ETAIT POSÉ D'EMBLÉE»
Mais les participants à ces trois réunions ont été
soigneusement choisis ce qui ne semble pas du goût de tout le
monde, notamment en pays Toy. C'est l'institut de sondage BVA qui
a été mandaté pour «sélectionner»
«un panel représentatif (agriculteurs, professionnels du
tourisme, étudiants, ouvriers, infirmières, médecins,
enseignants, artisans, etc.) de 80 personnes du secteur montagne.
Répartis
par table de 10 personnes dans la plus grande salle de l'aéroport,
les heureux élus ont été invités «à
formuler des propositions pour améliorer le dispositif d'accompagnement
du programme de réintroduction de l'ours», selon la
préfecture de région.
Jacques Pélegry,
du camping Pyrénévasion, à Sazos, et ancien éleveur,
a été convié à la réunion : «Le
sujet était posé d'emblée : proposer des mesures
d'accompagnement à la réintroduction de l'ours. Mais à
part les indemnisations déjà existantes et le gardiennage
des troupeaux avec les chiens patou, on tournait un peu en rond. Si
on avait la mauvaise idée d'exprimer son opposition à
la réintroduction de l'ours comme je l'ai fait, on était
rapidement recadré par
les animateurs de la réunion».
Ancien élu du pays Toy, René Prissé a également
répondu à l'invitation de BVA : «On pouvait s'exprimer
librement pour ou contre la réintroduction de l'ours. Mais on
voyait bien que la décision était déjà prise.
Moi j'ai proposé la création d'un parc animalier sur toute
la chaîne, bien clôturé afin d'éviter le dégât
sur les moutons».
La préfecture
de région assure que l'État accordera une attention particulière
aux propositions de la population locale pour mettre en uvre ses
mesures d'accompagnement. Mais comment va-il convaincre ceux qui ne
veulent pas de l'ours ?
Cyrille
Article paru le 18/04/2005
Source : Dépêche
du Midi