Dix militants anti-ours ont été condamnés jeudi
à des peines allant de un à quatre mois de prison avec
sursis par le tribunal de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour des dégradations
de biens publics lors d'une manifestation contre la réintroduction
de l'ours.
Le manifestant
considéré comme meneur se voit infliger une peine de quatre
mois de prison avec sursis et 80 euros d'amende "pour les délits
constatés et pour violences n'ayant pas entraîné
d'arrêt de travail", conformément aux réquisitions
du procureur à l'audience du 20 juillet.
Il devra également
verser 150 euros de dommages et intérêt à un retraité,
qui a porté plainte après cette violente manifestation
du 1er avril à Arbas (Haute-Garonne), où 200 à
300 personnes avaient notamment souillé la façade de la
mairie par des jets de sang et détruit la statue d'un ours en
bois.
Trois des cinq
personnes poursuivies pour "agression sur une personne"
ont également été condamnées à trois
mois de prison avec sursis comme demandé par le ministère
public, et doivent verser 1.000 euros de dommages et intérêt.
Les autres ont tous été sanctionnés d'un mois de
prison avec sursis.
Agés de
19 à 53 ans, ces neuf hommes et une femme se sont également
vu interdire pour 6 mois toute manifestation sur les quatre communes
volontaires à la réintroduction de cinq ours slovènes,
Arbas, Burgalays, Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne) et Bagnères-de-Bigorre
(Hautes-Pyrénées).
S'exprimant au
nom des prévenus absents à l'audience, Me Isabelle
Gaye a qualifié d'"un peu sévères"
les peines d'emprisonnement avec sursis, certaines pour "des
faits de taggages".
Cette décision
montre cependant que "la justice a reconnu qu'il n'y avait
pas eu de violence si ce n'est la violence légère,
avec une contravention de 80 euros".
La justice n'a
pas été "dupe", selon Me Gaye en condamnant
les prévenus à verser "solidairement" 3.800
euros de dommages et intérêts contre plus de 60.000 réclamés
par la commune d'Arbas, qui a accueilli en catimini, face à
la forte opposition de nombreux éleveurs, trois des ours slovènes
lâchés entre le 25 avril et le 22 août.
Bernard Moules,
secrétaire général de la Fédération
régionale des syndicats d'exploitants agricoles Midi-Pyrénées,
a soutenu les dix personnes engagées "dans une action
de rébellion collective face à une pression de l'Etat
et de quelques complices gestionnaires de communes".
Les quelques pro-ours
présents à l'audience, notamment le directeur de l'Adet-Pays
de l'ours (Association pour le développement durable des
Pyrénées), Alain Reynes, se sont dit "satisfaits
de ces condamnations claires, qui ne sont pas trop lourdes".
"Ce
sont dix personnes qui payent pour l'ensemble", a cependant
regretté le maire d'Arbas et président de l'Adet, François
Arcangeli. L'Adet met notamment en cause la responsabilité, dans
ces "exactions", de l'association des anti-ours "ASPAP"
et d'élus, en particulier le président socialiste du conseil
général de l'Ariège, Augustin Bonrepaux.
Pour
"tourner la page", M. Arcangeli souhaite "que
l'on se remette autour d'une table pour discuter des vraies difficultés".
Son conseil municipal a fait un premier geste en acceptant une nouvelle
statue d'un ours offerte par des éleveurs.
Du côté
des militants anti-ours, qui ont multiplié depuis le printemps
les manifestations plus pacifiques, une réunion était
prévue jeudi soir pour décider de la suite des actions.
Source
: La Dépêche du Midi du 7 septembre 2006