La ministre de l'Ecologie devait annoncer la localisation de son
plan le 13 mars. Trois communes sont concernées en Hautes-Pyrénées,
Haute-Garonne et Ariège. Le Béarn serait épargné.
Une réunion est organisée à Escot jeudi
Nelly Olin, la
ministre de l'Ecologie, devait dévoiler les détails de
son plan de réintroductions d'ours dans le massif des Pyrénées
vers la mi-décembre, puis en février. Aux dernières
nouvelles, elle s'exprimera le 13 mars. D'après le cabinet du
ministère, il s'agissait de laisser encore du temps de réflexion
à l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn, qui s'oppose
à l'opération. Mais Jean Lassalle a déjà
pris connaissance du rapport qui développe l'articulation du
dispositif. Et il ne se gêne pas pour griller la politesse à
Paris. Selon lui, le Béarn serait " épargné
" pour l'instant. Les territoires sur lesquels les plantigrades
seront lâchés concerneraient, pour l'heure, trois communes
dont la posture était favorable à l'ours : Bagnères-de-Bigorre
(zones de La-Mongie-Tourmalet) dans les Hautes-Pyrénées;
Arbas en Haute-Garonne; et Massat, en Ariège. " D'après
mes informations, l'Etat veut maintenant aller très vite. On
peut s'attendre aux réintroductions dès la fin du mois
de mars. Au plus tard, début avril ", explique Jean Lassalle."
En principe, le Béarn n'est pas concerné. Mais on ne sait
jamais. Pour moi, en tout cas, c'est un passage en force. C'est quelque
chose qu'on ne peut pas accepter ".
Manif à Toulouse.
Les réactions ne se feront pas attendre longtemps. A l'évidence,
l'heure du branle-bas de combat a sonné. Avant une manifestation
prévue le 7 mars à Toulouse, le premier rendez-vous est
donné à la mairie d'Escot, ce jeudi, à 20 heures.
L'Institution patrimoniale et l'Association des élus de montagne
ont rapidement fait jouer leurs réseaux et envoyé des
invitations aux conseils municipaux, aux chasseurs, aux bergers... Tous
les acteurs du dossier devront y débattre de la situation à
la lumière des nouveaux éléments portés
à leur connaissance. Le matin, à Oloron-Sainte-Marie,
le conseil de gestion de l'Institution aura déjà ouvert
la discussion lors d'une réunion prévue de longue date.
Le représentant de l'Etat qui y siège habituellement sera-t-il
en mesure d'éclairer les intentions ministérielles ?
La polémique sur la réintroduction de l'ours dans les
Pyrénées s'est rallumée, le 1er novembre 2004,
à la mort de Cannelle, la dernière femelle de souche béarnaise.
Un mois plus tard, au terme d'une longue évaluation du nombre
d'individus présents sur l'ensemble des Pyrénées,
l'Institution patrimoniale s'était engagée favorablement
pour accueillir deux nouvelles ourses. Mais l'élan avait été
rompu après les déclarations du ministre de l'Ecologie
de l'époque, Serge Lepeltier. Celui-ci souhaitait tripler la
population ursine en cinq ans, à l'échelle du massif.
Si l'objectif de Nelly Olin n'a pas changé, il est aujourd'hui
question de réintroduire cinq fauves d'origine slovène.
Une initiative appuyée par de nombreuses associations de protection
de la nature comme Férus, l'Adet, le Fiep ou encore la Sepanso.
En Aspe, les maires d'Accous et d'Etsaut sont les seuls élus
des vallées à défendre publiquement cette position.
Partout ailleurs, de l'Ouzom à l'Ossau et du Barétous
à la Soule, le consensus s'est construit autour d'une farouche
opposition.
Auteur
: Patrice Sanchez
Source : Sud-Ouest
du 27 février 2006