Plus d'une douzaine de millions d'euros ont été dépensés
en dix ans (1996-2005) pour les opérations de réintroduction
de l'ours dans les Pyrénées, selon un rapport parlementaire
qui suggère mercredi de cantonner les plantigrades dans des sortes
de parcs à ours.
Le coût de
ces opérations n'a pas cessé d'augmenter au cours de cette
période pour atteindre 1,86 millions d'euros en 2005, déplore
ce rapport présenté à la Commission des finances
de l'Assemblée nationale par Augustin Bonrepaux, député
socialiste de l'Ariège.
M. Bonrepaux a
vainement tenté en novembre de réduire de 1 million d'euros
les sommes consacrées à la surveillance des ours dans
les Pyrénées (sur un total de 2,2 millions), à
travers un amendement qui n'a pas été adopté.
Pour 2006, année
du lâcher de 5 ours slovènes, "un pic de consommation
sans précédent" devrait être atteint à
2,24 millions d'euros, selon le budget prévisionnel consacré
à ces opérations, souligne le rapport.
Les aides aux éleveurs
ne représentent qu'"un tiers du volume budgétaire
du programme de réintroduction, les deux tiers restants étant
consacrés au suivi et à la promotion de l'ours brun",
fait remarquer le rapport.
Il conteste le
financement de l'Association pour la cohabitation pastorale, active
dans le placement de chiens patous dressés à protéger
les troupeaux, et qui bénéfice d'une subvention "considérable"
(204.000 euros en 2005) de la Direction régionale de l'environnement
Midi-Pyrénées.
Il juge en revanche
"exemplaire" l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn
(IPHB), très critiquée par les écologistes. L'IPHB,
hostile aux lâchers d'ours, a pourtant reçu 2,57 millions
d'euros de subventions publiques en 10 ans pour son activités
dans ce domaine.
Le rapport évoque
"le scénario d'une mise en sommeil progressive du dispositif",
et estimant qu'une extinction progressive des ours réintroduits
est "loin d'être exclue". Mais avant que cette hypothèse
ne se réalise, "les finances publiques nationales devront
supporter une charge d'environ deux millions d'euros par an",
souligne-t-il.
M. Bonrepaux suggère
de "cantonner les plantigrades dans un espace qui leur serait
spécialement dédié", des "zones
délimitées où leur présence est souhaitée".
Source
: AFP du 13 décembre 2006