Slovénie - L'Etat français étrangement
silencieux sur les graves problèmes de gestion de l'ours brun
rapportés officiellement par les autorités slovènes
On nous a menti.
Le contenu du "rapport national 2007 Conservation et gestion
de lours brun en Slovénie " rédigé
par le ministère slovène de l'écologie lève
le mythe de l'ours "100% sauvage et farouche des hommes et 97%
herbivore". Nous le savions, nous en apportons les preuves
aujourd'hui : les ours slovènes importés en France
ont grandi dans des réserves, nourris de maïs et de carcasses
d'animaux, ce qui a modifié profondément leur comportement.
Aujourd'hui, les autorités slovènes elles-mêmes
confirment que « les cas de dommages causés par les
ours, et le nombre de conflits avec les humains augmentent. [
]
Ces cinq dernières années, plusieurs incidents sérieux
ont été enregistrés concernant des attaques dours
sur des personnes, suivies de graves blessures. » Mais
les révélations les plus graves concernent le choix des
critères retenus par la Slovénie pour définir
les ours "'transférables" vers la France. L'Aspap
et l'Addip, coordination à l'échelle du massif des associations
de sauvegarde du patrimoine pyrénéen, interpellent lEtat
français.
Les ministres de
lEcologie passent et les méthodes restent. A quelques semaines
dun probable remaniement ministériel qui pourrait bien
voir le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du Secrétariat
dEtat à lEcologie, la liste des graves mensonges
et oublis par omission de lEtat sur la question de lours
dans les Pyrénées sallonge. Dans moins dun
mois, le ministère de lEcologie aura achevé lauto-évaluation
de son propre plan ours ; celle-ci a mobilisé de nombreux minibus
pour des voyages ministériels, et plusieurs brigades dinspecteurs
dont la mission dans les montagnes pyrénéennes fut quasiment
placée sous secret défense. Rappelons quil était
également prévu une analyse de la personnalité
de Franska par des ... « spécialistes étrangers
», avant qu'elle ne soit victime d'un accident de la circulation
qui a épargné au contribuable français le prix
de la consultation.
Mais l'heure n'est
pas à l'humour. Le dernier oubli de lEtat français
sur la réalité des importations est bien trop grave. La
Slovénie, qui fournit à la France 8 ours en 10 ans, nous
éclaire dans ce même rapport sur la gestion des ours à
problèmes sur le territoire slovène : « Dans
le cas spécifique des conflits (avec les populations)
en zone rurale, des ours ont été enlevés au milieu
concerné et transférés dans des zones éloignées
et isolées. Mais en Slovénie les distances sont relativement
courtes, et la distance moyenne parcourue par un ours est supérieure
à 80 km, au bout de quelques jours les animaux reviennent alors
dans leur zone dorigine ce qui montre bien linefficacité
de cette mesure. Il nous intéresse beaucoup
de transférer ces ours dans quelques uns des pays qui ont foi
en la population dours slovènes. »
Malgré les
gentils petits noms dont les slovènes ont affublé leurs
ours avant de nous les livrer (Franska signifie France, Hvala se traduit
par ... merci ! ), lEtat français ne peut plus ignorer
les caractéristiques des ours qui lui seraient fournis en cas
de persistance du programme dintroduction en 2008. Rappelons que
la France est le dernier et seul pays dEurope à se poser
la question dune nouvelle importation dours. Les deux seuls
autres pays qui sy sont essayés, (Italie et Autriche) ont
stoppé définitivement toute introduction, sans pour autant
subir les foudres de la Convention de Berne ! Dautant que 14.000
ours bruns vivent dans la communauté européenne.
Rétroactivement,
concernant les ours importés en 2006, voire depuis 1996, la secrétaire
dEtat à lEcologie doit sinterroger de toute
urgence sur les « intérêts » qui ont présidé
en Slovénie au choix des différents ours « à
transférer » vers la France. Dune part la gravité
de telles affirmations justifie immédiatement que lEtat
Français renonce définitivement et publiquement en sa
« foi en la population dours slovènes ».
Dautre part nous demandons à la France, au nom des citoyens
français qui paient de leur poche le plan ours, de faire appliquer
à la Slovénie, son fournisseur officiel dours bruns,
la garantie européenne du « satisfait ou remboursé
» : nul doute que nous serions nombreux à apprécier
ce geste commercial des autorités slovènes, dont le chèque
sélèverait au minimum à 15 millions deuros
... de pouvoir dachat.