La Slovénie et la France ont signé vendredi un accord
pour le don de cinq ourses supplémentaires et leur transfert
l'an prochain dans les Pyrénées.
La ministre française
de l'Ecologie, Nelly Olin, a signé un protocole à cette
fin avec son homologue slovène, Janez Podobnik, à Predjamski
Grad, site forestier à environ 50 km au sud de la capitale Ljubljana.
Saluant une victoire de la "biodiversité", Mme Olin
a remercié la Slovénie pour "ce geste fort qui
veut dire que l'humain a enfin décidé de tendre à
la main à la nature, laquelle saura le lui rendre".
Il y a quelques
jours, les éleveurs de brebis des Hautes-Pyrénées
avaient réitéré leur opposition à la réintroduction
d'ours, estimant que la "cohabitation animaux-prédateurs
n'est pas envisageable". Depuis début septembre, 11
brebis ont été tuées par un plantigrade, encore
non identifié.
Mme Olin s'est
adressé à eux en se déclarant "personnellement
très attachée à approfondir le dialogue avec tous
ceux qui dans les Pyrénées s'inquiètent du renforcement
de la population ursine".
La ministre a annoncé la mise en place d'un "dispositif
de suivi et d'évaluation des conséquences du plan de renforcement
couvrant tous les aspects biologiques mais également économiques
et sociaux".
Il reste 14 à
18 ours dans les Pyrénées françaises et espagnoles,
dont quatre à cinq femelles, toutes situées dans les Pyrénées
centrales. Dans les Pyrénées-Atlantiques, l'une, Cannelle
a été abattue, et il ne reste que quatre mâles (y
compris l'ourson de Cannelle).
Les animaux seront
capturés dans les forêts montagneuses de la région
côtière de Primorska (sud) et de Kocevje (sud-est). Mme
Olin n'a pas précisé le coût de la capture et du
transport qui reviendra aux Français.
Selon le ministre slovène, ces captures ne remettront pas en
cause la population de quelque 500 plantigrades.
"Notre stratégie consiste à donner des compensations
pour les dégâts engendrés, cofinancer des mesures
de protection dans les villages, mener une chasse contrôlée
des ours", a déclaré M. Podobnik.
L'ours et l'homme vivent en bonne intelligence sur un territoire de
seulement 20.000 km2 fortement boisés, selon les experts.
La France a déjà introduit avec succès trois ours
slovènes en 1996 et 1997.
Elle préfère la Slovénie, pays membre de l'Union
européenne depuis l'an dernier, à la Croatie, où
les procédures d'importation seraient plus compliquées.
Source : News
Yahoo du 30 septembre 2005