Depuis la nuit des temps, notre société locale repose
sur l'agriculture et le pastoralisme : les animaux et la terre nourrissent
l'homme.
En Pays Toy, les
exploitations agricoles s'échelonnent de 650 à 1300 mètres
d'altitude.
La surface moyenne de 14 hectares est constituée de prairies
de fauche sur des fortes pentes difficilement mécanisables. Ces
parcelles font l'objet de soins particuliers, source de fierté
de chaque paysan.
Pendant l'Hiver
:
Les troupeaux
séjournent en étable ou bergerie, en fond de vallée
ou à proximité des villages. Ils sont essentiellement
nourris avec les fourrages secs récoltés l'été
précédent.
Le Printemps
et l'Automne :
Les animaux
sont conduits en zone intermédiaire, appelé "étage
des granges foraines ". Les troupeaux pâturent, chacun "
chez lui " sur des prairies de fauche (propriétés
privées). Ils bénéficient ainsi de la première
pousse de l'herbe de printemps et de la repousse d'automne succédant
à la récolte des fourrages. Sur le plan alimentaire, cette
étape est primordiale.
Elle permet de compenser au printemps les réserves épuisées
pendant l'hiver et retarder le plus possible à l'automne le retour
en bergerie.
Situé entre
1000 et 1800 mètres d'altitude, ce paysage de bocage, très
voisins des secteurs forestiers riches en petits ligneux (myrtilles,
framboisiers etc
) constitue une partie du biotope de l'ours et
c'est bien là que la cohabitation ours/troupeaux pose le plus
de problèmes.
Durant l'été
:
Généralement
de mi-mai à mi- octobre, les animaux sont accompagnés
sur les Estives.
Celles-ci constituent des surfaces riches en herbe, véritable
mine d'or pour les éleveurs du Pays Toy, territoire privé
collectif, appartenant à la Commission Syndicale de la Vallée
de Barèges, qui en assure la gestion. Ce paysage très
ouvert est défavorable à des séjours prolongés
des ours.
Les prédations
constatées sont dues alors à des passages d'ours qui effraient
les animaux, dont les fuites se terminent souvent aux pieds des falaises
et les dégâts sont alors très importants.
Le gardiennage permanent sur les estives, y compris la présence
de chiens Patou n'empêche pas une prédation ; témoin,
ces attaques d'ours sur des troupeaux gardés sur l'Estive d'Asté
en août 2005 (14 cadavres) et sur l'Estive de Nat en 2003 (63
cadavres- attaques successives).
Le
Patou considère le randonneur comme un prédateur
potentiel vis-à-vis du troupeau dont il a la garde.
C'est pendant cette
période d'alimentation naturelle et à volonté,
que les animaux parviennent à un état d'engraissement
satisfaisant. L'animal choisit son alimentation, son temps de pâture
et de repos en fonction de la météo. Il est fréquent
de constater un repos diurne et une alimentation nocturne.
Traditionnellement,
les éleveurs-bergers utilisent toujours les mêmes estives
à l'intérieur desquelles chaque troupeau fréquente
toujours le même secteur qui lui est propre.
L'habitude des animaux de séjourner toujours sur le même
parcours fait que le gardiennage permanent n'est pas indispensable.
Au cours de ses visites fréquentes, l'éleveur-berger sait
à quelle heure et à quel endroit il retrouvera son troupeau,
régulièrement surveillé par les gardiens de la
Commission Syndicale.
Cette pratique
d'élevage, caractéristique du Pays Toy, a permis aux éleveurs
de bénéficier depuis 2003 de l'Appellation
d'Origine Contrôlée " BAREGES-GAVARNIE ".
C'est la seule concernant la viande ovine en France.