Un randonneur toulousain affirme avoir rencontré un ours du
côté de Melles, à 1 000 mètres d'altitude.
Peut-être est-ce Hvala, qui aurait déjà tué
une cinquantaine de moutons.
Un souffle rapide, puissant, rauque derrière des hautes fougères,
et tout à coup à moins de deux mètres, une silhouette
énorme dressée sur les pattes arrière, deux yeux
de fauve qui le fixent dans la pénombre
Pyrénéiste
aguerri, Daniel Gaubert n'est pas près d'oublier cette rencontre
au lever du jour avec une ourse, qui correspond à la description
de Hvala, lâchée en mai 2006 dans le secteur.
Ce randonneur se
baladait au lever du jour du côté du Gauch, petit sommet
d'environ 1 150 mètres d'altitude, au-dessus de Melles, une commune
proche de la frontière espagnole. Il suivait le brame d'un cerf,
avec l'espoir de photographier ce magnifique animal.
« En voyant
les fougères bouger, j'ai pensé que je touchais au but,
raconte ce jeune retraité de l'Éducation nationale. Je
me suis avancé avec précaution. Mais ce que j'ai vu m'a
glacé le sang. L'ours était tout près de moi en
position d'attaque, il me dominait de toute sa hauteur. J'ai été
surpris par sa couleur, il n'était pas brun comme l'ours des
Pyrénées, mais marron clair. J'ai repensé en un
éclair à un reportage sur une femme qui avait été
tuée dans les Balkans par un plantigrade semblable à celui-ci,
en essayant de le prendre en photo ». Le promeneur a alors
fait preuve d'un grand self-control. Il n'a pas bougé et la bête
s'est remise à quatre pattes, disparaissant derrière le
rideau de fougères.
« J'entendais
encore son souffle. J'ai reculé doucement vers un arbre sur lequel
j'ai essayé de grimper mais la branche a cassé. Je n'ai
pas couru. J'ai reculé doucement. Je suis rentré au village
de Coulédoux où on m'a dit qu'il s'agissait sans doute
d'une ourse slovène qui avait eu deux oursons. Les rejetons étaient
sans doute à proximité. J'ai appris aussi qu'elle avait
à son tableau de chasse une soixantaine de moutons et au moins
un poulain ».
Depuis, à
l'instar des bergers du coin, ce promeneur toulousain craint «
que cette folie meurtrière se multiplie par trois si les petits
se montrent à la hauteur de leur éducatrice de mère
! On ne peut s'empêcher de penser que les gens qui sont à
l'origine de cette réintroduction ne sont que des éternels
adolescents qui n'ont jamais abandonné leurs peluches de bébés
» écrit-il. « Un ami m'a demandé : «
es-tu sûr d'avoir vu un ours ? ». Je lui ai répondu
: « Non, c'était peut-être un pingouin car il
paraît qu'il vivait ici à l'époque de la glaciation
et que des illuminés essaient de réintroduire ».
Toujours sur le ton de la plaisanterie, l'homme qui a vu l'ours annonce
qu'il va sans doute « abandonner ses activités de
plein air et rester confiné devant sa télévision
qui lui annoncera peut-être la réintroduction des dinosaures,
lesquels fourniront une excellente alimentation à « nos
ours bruns des Pyrénées»
Auteur
: S.R.
Source : La
Dépêche du Midi du 2 novembre 2007
| Observations |
Cet été, sur la même estive, des randonneurs
n'ont pas pu descendre de leur voiture. Motif : un troupeau était
gardé par deux Patous particulièrement scrupuleux
et attentionnés à la garde des brebis.
Bien sûr,
on va nous dire, comme pour les chasseurs, que les randonneurs
n'ont qu'à écouter le répondeur de l'équipe
de suivi de l'ours avant de s'engager. Le problème est
triple :
- Le répondeur
est mis à jour la veille à 17h à partir
d'observations fournies. Mais comme il n'y a pas une personne
derrière chaque ours et qu'ils ne sont pas équipés
de GPS... vous aurez compris que le répondeur ne peut
pas donner d'indications sérieuses.
- L'ours
se déplace beaucoup la nuit. L'information donnée
la veille à partir d'observations qui datent peut-être
aussi du jour précédent... facile de comprendre
que le répondeur n'a qu'une valeur approximative très
incertaine.
- Eviter
un large secteur autour du lieu présumé indiqué
par le répondeur ? Fumisterie. Aujourd'hui, des ours,
il est possible qu'il y en est partout puisqu'ils ont été
introduits par essaimage sans aucune réflexion préalable.
Tenir un tel propos signifierait "renoncer à toutes
sorties en montagne".
Et nous voyons
déjà se profiler la problématique de la
liberté d'accès à la montagne.
Et puis,
s 'il y a danger pour un randonneur et si celui-ci a eu peur au
point de dire qu'il "abandonne ses activités de
plein air", imaginons ce que peut dire un éleveur
/ berger qui travaille dans ce même milieu qui est pour
lui "une extension de son exploitation agricole"
au regard de toute la législation agricole. Le milieu pastoral
et les élus locaux dénoncent la situation depuis
longtemps mais n'ont jamais été écoutés
(Cf. responsabilité
des maires). Pire, ils ne sont pas pris au sérieux.
D'autre part,
les défenseurs du plantigrade estiment qu'il est une chance
pour le développement économique et touristique
des zones de montagne des Pyrénées. A en croire
ce randonneurs et d 'autres qui veulent rester discret pour éviter
les invectives et pressions environnementalistes qui se sont exprimés
avant lui, il ne semble pas que l'idée soit d'une grande
efficacité. Mais peut-être que nous nous trompons
de tourisme et qu'au lieu de pratiquer un tourisme doux, un tourisme
dit "vert" et de nature, il est préférable
d'envisager un tourisme de masse, où l'accès à
la nature est payant comme au Canada
ou à la falaise
aux vautours.
C'est un
choix de société à faire. Mais est-ce à
des associations environnementalistes de faire ce choix à
la place des habitants des territoires de montagne ?
Par ailleurs,
dans le cadre du développement des sports et loisirs de
nature, il y a une réflexion à mener dans le cadre
de l'Agenda
21 du CNOSF
en relation avec les fédérations sportives et le
milieu touristique concerné en relation avec les CDESI.
Mais tout ceci semble avoir été occulté aussi
bien par le milieu environnementaliste que par le Ministère
de l'Ecologie qui ont exercé une véritable dictature
pour imposer leur idéologie de l'introduction. Jean Lassalle,
député des Pyrénées-Atlantiques parle
de "viol" des vallées pyrénéennes.
Pire encore, le milieu sportif a été exclu des discussions
dites de "concertation"
qui ont été menées après la décision
d'introduction et ceci malgré l'existence d'une charte
dans les Hautes-Pyrénées et l'Ariège
qui n'a jamais été respectée par l'Etat.
Nous voyons,
qu'il reste encore beaucoup de travail à faire pour envisager
une acceptabilité de l'ours et que les dernières
introductions / importations ont été menées
en dépit du bon sens. Mais il n'est pas politiquement correct
de le dire.
Louis
Dollo, le 2 novembre 2007
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