Que tente de faire croire le ministère de l'écologie le
jeudi 26 juin à la préfecture de région de Toulouse
en réunissant un " Groupe National Ours " ?
Qu'une concertation entre les services de l'Etat, les favorables
et les opposants que nous sommes, a bien lieu. Après douze ans
d'affrontements incessants, mettre tout ce monde autour de la table
serait une réussite pour ce ministère.
Faire cautionner par l'ensemble des partenaires la politique
de gestion de la population ursine existante sur le massif et des futures
importations réclamées à cor et à cri par
les associations environnementalistes serait également un exploit
pour ce ministère.
Que pouvons-nous
en dire aujourd'hui ? Et sur la forme et sur le fond.
Sur la forme :
une caricature de déni de démocratie où
les grands absents ou minoritaires sont les représentants élus
des chambres consulaires d'agriculture, les élus politiques des
territoires de montagne concernés et les associations qui résistent
aux projets d'ensauvagement des Pyrénées. L'Etat bafoue
leur représentativité, comme il l'a toujours fait dans
ce dossier, passant outre :
- le NON exprimé
par le Comité de Massif, à deux reprises,
- les NON exprimés
par les Conseils Généraux de l'Ariège et des
Hautes-Pyrénées,
- les refus
exprimés par les Chambres consulaires d'Agriculture à
maintes reprises,
- les délibérations
défavorables prises par les conseils municipaux sur l'ensemble
du massif,
- le recours
en Conseil d'Etat déposé par les diverses entités
pyrénéennes : syndicats de la profession agricole, communes,
commissions syndicales, conseil général, associations...
- toutes les
motions, les pétitions, les manifestations qui ont rassemblé
toutes les composantes de la société pyrénénne.
- PSEM / plan
ours
Sur le fond : la
non acceptation sociale de la part des pyrénéens trouve
sa légitimité dans notre refus de voir les Pyrénées
devenir un grand zoo où des éleveurs sporadiques
seront considérés comme des indiens, où le dynamisme
économique, les activités de tourisme et de loisirs seront
régentées par le diktat de l'écologie extrémiste
qui orchestre, par le levier de l'ours " le contrôle de
la totalité du paysage " pour les grands carnivores,
comme le démontre notre bilan du plan ours.
Les habitants des
territoires pyrénéens doivent eux-mêmes choisir
les orientations qu'ils veulent prendre pour l'avenir.
C'est pourquoi
nous proposons notre
propre bilan qui déjoue les incohérences voire
les mensonges qui n'ont pas cessé de s'épanouir durant
ces douzes années, depuis les premières introductions
d'ours slovènes en 1996.
Face à l'implantation
des grands carnivores ( ours et loup ), il s'agit de défendre
avec ténacité, résistance, conviction, les thèmes
de la biodiversité et du développement durable que nos
détracteurs utilisent pour mieux les dévoyer de leur sens.
En terme de
biodiversité : ce sont les usages pastoraux actuels adaptés,
identifiés, reconnus qui sont créateurs d'une richesse
remarquable de flore et petite faune. Les sites Natura 2000 sont tous
des hauts-lieux du pastoralisme pyrénéen, et ce n'est
pas le hasard.
En terme de
Développement Durable : les systèmes agro-pastoraux
pyrénéens ont de tout temps intégré cette
notion car ils se sont maintenus dans le respect du milieu sur lequel
ils agissent et par lequel ils produisent. C'est un fait culturel majeur
dans les Pyrénées.
C'est le chapitre-clé
de notre bilan du plan ours : pour une biodiversité à
visage humain. Nous y montrons comment la fixation sur les espèces
emblématiques va à l'encontre des problèmes de
fond de l'écologie, une question sérieuse que l'Etat oriente
dans les Pyrénées sur des voies contraires à celles
préconisées au niveau mondial pour l'avenir de notre planète.
Extrait du discours
de Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie, de l'Energie, des Transports
et du Développement Durable lors de la présentation au
Sénat du Grenelle de l'Environnement.
Octobre 2007.
" .../...
Au fond, il nous convient de démontrer qu'une économie
durable - qui ne prélève pas plus que ce que permet l'écosystème
- est possible. Nulle part ceci n'a été jusqu'à
présent démontré. La France, magnifique pays au
climat tempéré, peut le faire".
Le ministre semble
l'ignorer : cela existe en France, et ici, dans les Pyrénées.
Produire pour nourrir, sainement, proprement, le pastoralisme
pyrénéen c'est exactement cela : une production dans le
respect du milieu, des animaux et des hommes. Des produits de haute
qualité gustative et environnementale, un malus écologique
nul, de nombreuses garanties pour le consommateur AOC, IGP, labels de
qualité ... des emplois, des externalités positives (tourisme
...). Et au bout du compte, un développement durable des territoires
qui réussit parce que toutes ses composantes y sont associés
: population, élus, profession et ses représentants ...
Dans ce contexte
nouveau et conscientisé, l'importation et l'expansion de Grands
Carnivores (ours et loups) avec l'annonce irréductible de l'ensauvagement
du massif pyrénéen, apparaissent hors propos et même
indécentes. Et portent autant de drames que d'exclusion, d'abandon
des territoires, de recul social, économique et environnemental
: une récession durable.
L'Europe, la France,
ne peuvent plus se tromper d'enjeux, et doivent cesser ces opérations
dispendieuses, plusieurs millions d'euros par an, qui servent les intérêts
de quelques uns avec les deniers de tous.
Et qui desservent
et salissent l'Ecologie, la vraie : celle qui fait que les hommes peuvent
emprunter à leurs enfants la terre de leurs ancêtres, puis
la leur rendre aussi belle et saine qu'ils la leur avaient confiée.
Communiqué
de ADDIP-coordination pyrénéenne, Chambres d'Agriculture,
FDSEA, JA du 25 juin 2008