Né il y a bientôt 40 ans dans la douleur, le parc national
des Pyrénées aujourdhui est une réalité
incontournable de notre territoire.
Sil a surement contribué à la promotion touristique
et au développement de notre région, il a sans aucun doute
permis de sensibiliser le public à lidée de maintenir
une montagne vivante pour préserver un patrimoine dune
grande richesse.
Creé dans la difficulté, il a aussi porté de grandes
espérances en promettant le developpement des zones périphériques.
Ces espoirs ont été parfois déçus, comme
beaucoup de rendez vous manqués. Ainsi on peut déplorer
ces dernières années la destruction du camping de Bious
Oumettes et celle du centre décologie montagnarde de Gabas.
Pourquoi aujourdhui un nouveau décret qui renforce la présence
des élus locaux au sein du conseil dadministration tout
en restant minoritaires ?
Pourquoi un nouveau décrêt qui renforce dans la zone cur
les pouvoirs du directeur du parc en privant les élus de tout
pouvoir de police ?
Pourquoi un nouveau décrêt qui fait passer toutes les décisions
de développement et de travaux des élus sous les fourches
caudines des pouvoirs du directeur et de son comité scientifique
?
On ne trouve pas vraiment dans ce nouveau décrêt un souci
de concertation et de gestion partagée. Cela crée vraiment
un sentiment de spoliation de territoire et de sanctuarisation qui bloquera
tout projet économique ou pastoral.
Sur la gestion des sangliers par exemple, pourquoi ne pas envisager
une collaboration avec les sociétés de chasse locales
?
Sur lagropastoralisme, il est bien de souligner son rôle
essentiel dans la création et lentretien des paysages et
du patrimoine. Mais pourquoi regretter les « changements significatifs
de pratiques » ? Ne sont-elles pas dues à lévolution
de lagriculture qui compte de moins en moins dactifs et
vit une conjoncture qui impose des exploitations et des troupeaux de
plus en plus grands pour survivre.
Le maintien des pratiques délévages respectant les
problématiques environnementales passe par le soutien des exploitations
de montagne qui doivent rester nombreuses et linstallation des
jeunes. Il y a dans ce domaine des actions et des reflexions à
mener avant de stigmatiser les changements de pratiques.
Pour la zone dadhésion, qui risque demain de devenir zone
de divisions et de conflits, entre ceux qui adhèrent et ceux
qui refusent, entre les communes qui croient au projet et celles qui
nen veulent pas, ne serait-il pas plus judicieux den écrire
la charte avec les collectivités locales et tous les acteurs
de la montagne ?
Jai vraiment du mal en écrivant toutes ses réserves
sur ce décrêt parce que le concept du parc national est
quelque chose à laquelle je crois. Parce quà travers
mon vécu de berger et de valléen, les gardes du parc ont
toujours été des partenaires précieux, des amis
importants et des soutiens les jours de brouillard et de pluie froide
sur les sentiers de la vie.
Pour moi ce sont des montagnards indispensables avec lesquels jespère
demain, pouvoir continuer à tracer des chemins davenir
et inventer ensemble des lendemains sereins pour nos vallées.
Je tiens à dédier ces espérances à Jean
Som parti un jour dorage en maidant à rassembler
mon troupeau. Je tiens aussi à remercier Rouchdy Kbaier (1) pour
ses témoignages damitié et sa vision dune
montagne vivante.
Joseph Paroix
Note : (1)
Rouchdy Kbaier a été directeur du PNP jusqu'au 30 juin
2008. Il a beaucoup oeuvré en faveur du pastoralisme et du maintien
des pratiques ancestrales. Il était fortement contesté
au sein même de l'administration du Parc alors qu'il était
respecté par le milieu pastoral.
Voir également
: