PLATEAU DU BENOU (Vallée d'Ossau - Pyrénées-Atlabtiques).
-- La finale du championnat de France de chiens
de troupeau sur bovins s'est déroulée hier sous les regards
de 4 000 curieux dans une ambiance festive
En arrivant au plateau du Bénou, au-dessus de Bilhères-en-Ossau,
le troupeau de voitures annonce déjà le succès
de la manifestation. Près de 4 000 personnes, curieux, touristes,
connaisseurs ou fans du film « Babe », ont fait le déplacement
pour assister hier à la finale du championnat de France de chiens
de troupeaux sur bovins. La première à avoir lieu en Aquitaine
en quinze ans d'existence. Ce sont les éleveurs de bovins bretons,
grands utilisateurs de chiens pour mener leurs troupeaux, qui ont lancé
ce concours en 1990. Plusieurs d'entre eux se sont d'ailleurs encore
qualifiés cette année.
Au lieu-dit Latécouère, les tentes de restauration, de
produits régionaux et d'animation ont envahi la pelouse de ce
plateau, magnifique site fort d'une longue tradition pastorale. Première
des animations, le concours de chien sur canards mené de main
de maître par les fils ou filles de bergers, sous le regard amusé
et admiratif des badauds. Mais le grand spectacle a eu lieu un peu plus
loin, dans un grand enclos de 3,5 hectares délimité par
des clôtures électriques, autour desquelles s'est amassé
le public. Pour l'aider à suivre les différentes épreuves,
Jean-François Casaux, éleveur de blondes et de brebis
à Aramits, donne au micro les explications techniques indispensables.
Il est venu accompagné par sa jeune border collie, Una, qui a
raté les qualifications mais qui est là pour donner, si
nécessaire, un coup de main à un concurrent en difficulté.
21 border collies.
De 8 heures à 19 heures, les vingt-et-un border collies finalistes
ont dû, chacun leur tour, mener un groupe de cinq génisses
sur un parcours semé d'obstacles. Et cela en 25 minutes maximum,
le temps réalisé la veille, samedi, par un « chien
blanc », un non qualifié. Au départ, les concurrents
sont gratifiés de cent points et chaque faux-pas entraîne
des pénalités. Sous leurs chapeaux bien vissés,
Thierry Lemorzadec et Denis Arnoult, éleveurs tous deux, ont
endossé l'habit de juge pour la journée. Ils se partagent
chacun une partie du terrain et notent précieusement chaque écart
de conduite des vaches.
C'est au tour de Daniel Huet, 50 ans, originaire du Calvados, venu avec
Rouby. Repérables par leur drapeaux normands rouges et or, ses
supporters se sont installés sur les pentes qui bordent le terrain.
Pour la première épreuve, le maître au piquet envoie
son chien chercher les génisses qui paissent à 400 mètres.
Puis Rouby les ramène à coup de « à gauche
», « à droite », « stop », «
amène » et autres « recule » lancés
par Daniel Huet. Cette deuxième étape accomplie, le border
collie doit faire passer les vaches entre deux barrières. Quelques
points sont perdus car une bête effectue un hors ligne et une
autre vire un peu de la trajectoire.
Rabatteur.
Viennent ensuite le couloir de contention, utilisé habituellement
pour marquer les vaches ou les soigner, et le passage de carrefour,
raté par Rouby. Il faut que le chien ramène ensuite les
génisses dans un cercle délimité par un fil de
clôture et il doit les y stabiliser. Là arrive l'épreuve
la plus difficile pour un border collie. Daniel Huet s'en va, Rouby
garde les bêtes et doit après les éloigner de la
direction du maître. Un acte illogique pour ce rabatteur qui a
le réflexe de faire revenir le troupeau vers le berger. Tout
est histoire de dressage. Pour finir, le chien ramène les vaches
dans une bétaillère.
« Je suis quand même content de son travail, il a essayé
de faire le maximum, confie Daniel Huet. Et s'il y a des erreurs, c'est
seulement de la faute du maître ! » Même s'il s'agit
d'un concours, les participants sont venus avant tout pour se faire
plaisir et partager un bon moment entre collègues sous l'ardent
soleil pyrénéen.
Auteur
: Guillemette Echalier
Source : Sud-Ouest
du 8 août 2005
Les
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