Sentein (Arièges-Pyrénées), c'est toujours une
foire de la descente incontournable pour de nombreux éleveurs
et maquignons, un indicateur de la situation du marché. Ainsi
sont partis vers la Corrèze 250 broutards, 100 brebis et quelques
béliers appartenant à 8 éleveurs. En revanche,
les cours sont identiques à 2004, c'est-à-dire moyens.
Cinq cent bêtes,
brebis et broutards, appartenant à une trentaine d'éleveurs
de toutes les vallées du futur PNR,
Castillonnais, Massatois, haut Salat et Vicdessos, étaient dans
les parcs depuis le matin. Mais de plus en plus les vaches limousines
(pas de gasconnes), les chevaux de Mérens, castillonnais, les
ânes pyrénéens sont également sur le marché.
RÉCOMPENSES
ET INQUIÉTUDES
La foire était également animée par de nombreux
commerces avec des produits du pays et on a pu assister pendant plus
d'une heure dans le rond au débourrage d'une jument de Mérens.
Les élus de la région n'ont pas manqué pas ce rendez-vous
annuel, Guy Carrieu, maire de Sentein, en tête ; Robert Zonch,
conseiller général, de même que les responsables
de la profession, Pierre Fauroux, de la MSA ; Yves Rougès et
Michel Estrémé, de Transhumance en Couserans et Biros.
Après la
dégustation de broutards - quel délice pour les papilles
- les responsables de l'office du tourisme, des groupements pastoraux
et de la transhumance se sont rassemblés à l'OT pour remettre
les récompenses aux éleveurs. Mais on sentait, vu les
menaces qui pèsent sur le pastoralisme, qu'il allait se dire
des paroles lourdes de sens. Après Françoise Pont, présidente
de l'OT, Guy Carrieu remerciait tous ceux qui avaient uvré
pour le succès de la foire. Pierre Fauroux s'inquiétait
de la diminution d'agriculteurs et des faux raisonnements en faveur
de la réintroduction de l'ours.
Robert Zonch saisissait
la perche tendue : « Il y a des jours comme aujourd'hui
où l'on se sent fier d'être montagnard. »
Il réaffirmait sa position contre la réintroduction de
l'ours : « Ceux qui la veulent n'ont qu'à venir voir
ce qui se passe ici [
] L'argent devrait être mieux utilisé
[
] Nous ne voulons pas de vos indemnités, nous voulons
vivre dignement de notre métier, que nos bêtes soient achetées
à leur juste valeur, que le pastoralisme continue à entretenir
la montagne. Celui qui aime les ours ne peut aimer les moutons, les
bergers et les gens de la montagne. » Michel Estrémé
à tous les élus : « Je compte sur votre soutien.
» Le repas au Crabère a été une véritable
communion des curs et des esprits avec « Le refuge »,
« Arièjo mon païs », « L'immortelle
»
Source
: La
Dépêche du Midi du 12 octobre 2005