Vendredi soir, le Groupement de vulgarisation agricole de Luz, s'est
réuni pour préparer la traditionnelle «Foire aux
côtelettes» de Luz- Saint- Sauveur qui a lieu du 23 au 25
septembre. Prévue depuis longtemps, cette réunion aurait
du être vite expédiée car il ne s'agissait que d'entériner
ce qui se fait d'habitude s'il n'y avait eu comme invité surprise
«l'ours» qui a fait une apparition très remarquée
sur les hauteurs de Gèdre où il a attaqué deux
troupeaux (DDM du 10 septembre). Certains ont fait remarquer que l'un
des troupeaux appartenant à un éleveur du pays basque
était gardé, confortant ceux du pays toy dans leur idée
que «le gardiennage n'est pas forcement la panacée pour
être tranquille.»
Pour d'autres,
l'ours est présent depuis quelques temps déjà puisqu'il
aurait été vu par des touristes au col de Pierrefitte
et par des bûcherons tchèques dans la forêt de Viella.
La question pour certains est de «savoir s'il s'agit d'un lâcher,
l'Etat et le Parc national ne jouant pas la transparence.»
Bernard Souberbielle,
maire de Betpouey, a fait remarqué que pour la mort de Cannelle,
le président Chirac avait parlé de «catastrophe
nationale écologique» et que pour les paysans, la catastrophe,
c'était la mise en péril du pastoralisme par la présence
de l'ours, position dont le bureau s'est montré solidaire tout
en se rendant bien compte qu'il allait sans doute devoir faire avec.
Pour l'heure les éleveurs restent mobiliser contre l'ours.
Si quelques uns
ont préconisé un boycott de la fête, il n'en est
point question, les agriculteurs voulant montrer qu'ils sont bien présents,
fiers de leur métier. Contacté hier soir, Emile Soumbo,
sous- préfet d'Argelès- Gazost, a fait le point sur la
situation:
«La transparence
est de rigueur. Il n'y a pas eu de réintroduction d'ours. Les
élus du pays toy ont été informés dès
le jeudi soir des faits. Si nous avons d'autres informations, nous les
communiquerons. Dans cette affaire, le Parc national et la gendarmerie
ont été remarquables. Une cellule de veille a été
mise en place et tout est fait pour qu'on ne subisse pas ce qui s'est
passé les années précédentes.
«Nous
avons retrouvé sept brebis mortes, des traces du plantigrade
à proximité et les analyses envoyées au laboratoire
de Grenoble nous indiqueront la provenance de l'animal. A l'heure actuelle,
aucune prédation n'a été constatée depuis
la semaine dernière.»
Auteurs
: Ph. Champion et Ph. Leblanc
Source : La Dépêche du Midi du 13 septembre 2005