La transhumance s'enracine fortement dans la vallée du Lez. Samedi,
c'était la sixième édition : 3.500 brebis, 23 éleveurs
concernés, 1.500 personnes dans le cirque de la Plagne, 5.000
brebis en tout avec les estives d'Urets et de l'Isard. Cela exprime
le rapport de plus en plus proche entre les éleveurs, les marcheurs,
les touristes friands d'authenticité, des touristes venus parfois
de fort loin, comme cette journaliste américaine qui a mitraillé
tous les aspects de cette transhumance. Non seulement elle s'enracine,
mais les organisateurs sont de plus en plus performants (plus de 600
repas préparés). Après l'arrivée des troupeaux,
Raymond au micro, Michel à la technique ont animé tout
le cirque avec des airs repris par les groupes. Et, comble du bonheur,
le soleil était là. Quelle occasion pour les gens de régions
différentes de se rencontrer, de se connaître, de s'amuser,
de danser avec le groupe folklorique biroussan ! Une occasion encore
pour les éleveurs de faire connaître leurs problèmes
sur le terrain. Michel Estrémé, le président de
Transhumance en Biros, l'a saisie : « Nous revalorisons notre
produit avec des bêtes qui vont se nourrir pendant quatre mois
dans les estives, mais ce produit n'est pas payé à sa
juste valeur. Le pastoralisme est en danger, nous sommes très
inquiets, comment vont se passer ces estives avec la présence
des prédateurs ? C'est plus facile de raisonner à partir
d'un bureau, c'est plus difficile sur le terrain, face aux réalités
».
« L'HOMME,
PAS L'OURS »
Robert Zonch, conseiller général, a abondé dans
le même sens : « Avec Augustin Bonrepaux, cela fait quinze
ans que nous avons fait notre choix ; entre l'ours et l'homme, c'est
l'homme que nous avons choisi ». Robert, en totale symbiose
avec les éleveurs et la montagne, a entonné avec Augustin
la chanson « Je sais dans la montagne un refuge perdu »,
le refrain repris par tout le monde. Quel moment émouvant, cela
prenait aux tripes. Augustin Bonrepaux, le président du conseil
général, a remercié tous ceux qui font vivre la
montagne : « Il faut que la montagne soit entretenue, que viendront
faire les touristes s'il n'y a plus de troupeaux ? On demande aux éleveurs
de travailler plus pour gagner moins, c'est immoral ». Guy
Carrieu, le maire de Sentein, a mis l'accent sur l'importance de cette
manifestation et sur son aspect convivial. Les éleveurs ont été
ensuite récompensés par les élus et les organisateurs,
Yves Rougès veillant au moindre détail. La fête
a continué ensuite à Sentein, chez Maryse, avec un buf
gascon grillé, et elle s'est terminée fort tard.
Source
: La
Dépêche du Midi du 6 juin 2007