L'ASPAP
aux côtés de l'ASPP 65 et des éleveurs du Val d'Azun.
Nous tenons à
vous dire à tous combien nous sommes désolés de
ne pouvoir être parmi vous en ce grand jour de transhumance. Vallée
du Biros et du Pays Massatois en Ariège, Val d'Azun ... dans
de nombreuses vallées des Pyrénées, nous sommes
nombreux à "amontagner" ou à accompagner la
transhumance aujourd'hui.
Au moment où
chez vous hommes et troupeaux quitteront les villages et les vallées,
les hommes et les bêtes d'ici entameront aussi leur marche vers
l'estive. D'un même pas, unis et solidaires sous le ciel des Pyrénées,
nous vivrons ensemble cette montée particulière cette
année, reliés par ce fil invisible de gravité et
de dignité devant toute ces difficultés que la présence
de l'ours nous oblige à supporter.
Une fois arrivés,
comme vous, nous prendrons la parole, celle qu'on a voulu nous prendre,
et que nous nous sommes réappropriés. Pour expliquer,
encore, sans relâche.
Expliquer que l'ours
n'est pas une espèce menacée. Que l'importation d'ours
n'a aucune justification écologique. Que la cohabitation ours/troupeaux
est impossible, 10 ans d'immenses efforts d'adaptation l'ont prouvé.
Que la vraie écologie se vit et se fait ici chaque jour, sur
ces estives, par des éleveurs qui ont choisi des modes de productions
durables, respectueux de l'environnement et du consommateur.
Comme vous, nous
parlerons fort, et notre voix montera du ruisseau vers les versants,
jusqu'aux crêtes. Pour que chacun comprenne que ce paysage autour
de nous est l'oeuvre du travail des hommes tout autant que celui de
la nature. Que la biodiversité que certains veulent nous apprendre
à gérer depuis Paris ou Toulouse, est ici préservée
et remarquable. Que c'est le pastoralisme et lui seul qui entretient
cet espace ouvert et praticable pour tous les usagers de la montagne,
chasseurs, pêcheurs, randonneurs.
Aujourd'hui les
attaques de l'ours, demain celles encore plus dévastatrices du
loup, qui a commencé sa colonisation silencieuse de notre chaîne,
signent l'arrêt de mort des pratiques pastorales traditionnelles.
Au lieu de restaurer une biodiversité Pyrénéenne
qui n'en avait pas besoin, le retour incontrôlé des grands
prédateurs conduit au contraire à la faire reculer définitivement,
par l'embroussaillement puis l'ensauvagement des espaces désertés
par les troupeaux.
Pastoralisme, paysages,
économie, culture et traditions séculaires de nos montagnes
: nous tous qui vivons et travaillons dans ces montagnes Pyrénéennes,
vous tous qui nous avez rejoints le temps de cette journée, avons
la responsabilité commune de sauvegarder ce patrimoine et le
transmettre aux générations futures.
Il appartient à
chacun de nous, des vallées d'Ariège au Val d'Azun, du
Béarn au Luchonnais, de redescendre ce soir l'écho de
la transhumance. D'une même voix, chacun portera autour de lui
son attachement au modèle pastoral pyrénéen et
le refus de voir les troupeaux dévorés par l'ours ; le
refus de l'ensauvagement des massifs ; le refus devant le gaspillage
des fonds publics; le refus des risques que la présence de l'ours
fait peser sur les populations.
Les sonnailles
de nos montagnes vont résonner bien au delà des estives
et des vallées, partout où nous défendrons et ferons
valoir notre vision commune d'avenir pour les Pyrénées
vivantes et préservées, sécurisées, riches
de biodiversité, accueillantes, support d'activité et
d'emploi.
Nous vous saluons
très amicalement au nom de tous les adhérents de l'ASPAP.