Le samedi 9 juin a eu lieu la transhumance traditionnelle de Campan,
par opposition à la « moderne », où les brebis
sont transportées par camions. Cette idée d'une transhumance
traditionnelle de Campan a été lancée par Éric
Abadie, éleveur de la vallée depuis 23 ans.
Comme «
dans le temps », départ de Campan à 3 heures
du matin, arrivée à Artigues, puis redémarrage
à 7 heures pour le mythique - et ardu - col du Tourmalet à
plus de 2.100 m d'altitude, atteint vers 11 heures.
La partie allant
d'Artigues à La Mongie devient de plus en plus raide. Le final,
de La Mongie au Tourmalet, un dénivelé encore plus pentu,
laisse imaginer l'effort et la volonté de ces hommes animés
par l'amour de leur métier.
La transhumance
est une fête qui démarre à pied et se poursuit jusqu'au
lendemain 3 heures une fois arrivé aux estives. L'homme qui procède
ainsi depuis l'aube de la domestication ne fait qu'imiter la nature
: les troupeaux sauvages faisaient leur propre transhumance en allant
chercher des pâturages en altitude une fois l'été
installé.
Arrivée
au but, à deux pas du col du Tourmalet au restaurant d'altitude
L'Étape du berger, tout prend l'allure d'une fête, avec
la buvette qui ne désemplit pas, un nombre impressionnant de
brebis, divers stands proposant des produits du terroir, des femmes
et des hommes s'affairant çà et là pour les préparatifs
pour du repas de midi. Une effervescence que rejoignent de nombreuses
personnes, venues participer à cette fête d'altitude. Elles
affluent à pied, des randonneurs, que l'on peut déjà
apercevoir au niveau de La Mongie, et aussi à l'arrivée
de la transhumance. On pouvait croiser la transhumance des vaches avec
des hommes en plein effort pas encore arrivés au but.
L'après-midi,
place aux démonstrations des chiens de travail, de tonte à
l'ancienne au ciseau et aussi moderne, électrique.
Sont présents
de nombreux acteurs symbolisant la culture pyrénéenne
et le patrimoine pyrénéen tels que le CPIE de Bagnères-de-Bigorre,
qui a pour rôle l'information sur le site et aussi tout ce qui
concerne la flore et la faune, le Parc national des Pyrénées,
les Danseurs des Deux-Ponts de Bagnères et également les
Chanteurs des Baronnies venus mettre de l'ambiance.
Une journée
très animée au cur du nud qui unit les Pyrénées
et les hommes.
Auteur
: Marc Meyer.
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Des vies enracinées dans la montagne
Éric Abadie, éleveur de 43 ans de la vallée de
Campan, a commencé il y a 23 ans avec 16 bêtes. Aujourd'hui
à la tête de près de 2.000 bêtes, ce passionné,
également responsable de la commission montagne et conseiller
municipal à la mairie de Campan, a relancé la transhumance
traditionnelle. Il travaille avec deux personnes et souhaiterait même
un emploi de plus pour se protéger des prédateurs.
« C'est
un métier difficile, peu attractif pour les jeunes, car rude,
avec une concurrence venue des pays de l'Est qui vendent moins cher
l'agneau », explique-t-il. L'éleveur élève
des brebis dans le but de vendre des agneaux. Les béliers servent
uniquement à la reproduction soumise à une sélection
organisée par l'homme afin de garantir une bonne descendance,
gage d'agneaux sains et de bonne qualité. Les siens ont d'ailleurs
obtenu le Label rouge
Le beau-père
d'Éric Abadie, Roland Galiay, à présent retraité
poursuit la discussion avec passion. Cet ancien éleveur a fait
l'école d'agriculture. Il tenait une petite exploitation avec
une centaine de brebis et béliers et aussi une vingtaine de vaches
dans les années « 50 ».
Il a créé
le restaurant où arrive la transhumance traditionnelle de Campan,
L'Étape du berger, ouvert été comme hiver, à
présent géré par sa fille et son beau-fils, une
affaire familiale guidée par l'amour d'un métier et la
passion de la montagne. Roland Galiay, qui a consacré sa vie
entière à ses chères Pyrénées, confie
: « Mon dernier voyage, je le souhaite ici, en face du restaurant
sur le pic d'Espade (Ndlr : l'épée en patois),
celui de droite, pour qu'on y disperse mes cendres ».
Source
: La
Dépêche du Midi du 11 juin 2007