Les petites fermes de montagne, qui font le charme de la campagne
norvégienne, sont en voie de disparition selon le quotidien
Aftenposten. Ces installations, appelées "seter"
en Norvégien, ne sont généralement constituées
qu'un d'un petit bâtiment en bois où vont les moutons,
les chèvres et les vaches pour se faire traire après
avoir brouté dans l'alpage toute la journée. Elles
sont généralement la propriété de
fermiers qui disposent d'installations plus importantes à
plus basse altitude, mais qui veulent faire profiter leurs bêtes
des riches pâturages de la montagne. Selon Aftenposten,
une centaine de ces petites fermes ont disparu entre 2005 et 2006.
Cette situation serait due au fait qu'il n'est tout simplement
plus rentable de faire brouter les bêtes dans l'alpage.
Nouvelle
vie pour certains seter
Tout n'est
pas perdu cependant. Certains fermiers, que d'aucuns qualifient
de "derniers idéalistes de l'agriculture",
s'acharnent à donner une nouvelle vie aux vieux "setre".
À Trettenfjellet (Oppland - centre du pays), Jorunn Hagen
(photo) accueille des visiteurs trois fois par semaine dans son
"seter", moyennant un droit d'entrée de 100 couronnes
par adulte. Elle leur sert du café et des "lapper"
(sorte de crêpe épaisse et lourde, servie avec de
la crème sure et de la confiture), leur fait goûter
aux joies de la ferme (les plus aventuriers pourront tenter de
traire une chèvre, par exemple), leur explique les procédés
utilisés sur place pour la fabrication du fromage, ou leur
parle de l'histoire de la propriété, qui remonte
à 1834.
Il ne s'agit
pas d'une poule aux oeufs d'or pour Jorunn Hagen, mais d'une activité
parallèle, qui constitue en même temps un exercice
de relations publiques. « Il est bien de rappeler aux gens
que les fermiers ne sont pas bons qu'à encaisser les subsides
fournis par le gouvernement », affirme-t-elle.
Source
: Norvège-fr
du 20 octobre 2007