Biodiversité et animaux d'élevage

 

 

La biodiversité ne concerne pas seulement une espèce comme le loup, l'ours ou le lynx. Elle inclus la diversité de tout le vivant qu'il soit animal, végétal et humain. La biodiversité animale inclus, non seulement les animaux sauvages de l'insecte à l'ours, l'isard ou le bouquetin aujourd'hui disparu dans les Pyrénées mais aussi les animaux d'élevage avec, entre autres, les races à petits effectifs. La protection et le développement de cette biodiversité n'est possible que dans le cadre d'un développement durable incluant, non seulement, le volet environnemental mais aussi le volet social et économique pour assurer une pérennité à cette protection. Les acteurs directs de la problématique doivent donc s'approprier la recherche des solutions et leurs mises en application sans les abandonner à des personnes extérieures aux territoires concernés.

 

Accueil du Monde des Pyrénées
Pastoralisme et agriculture de montagne

 

La biodiversité des animaux de ferme menacée à son tour


La gestion durable et l'amélioration génétique des races locales sont essentielles si les pays veulent satisfaire leurs besoins vivriers futurs et répondre à l'évolution des environnements de production.

A Antalaya (Turquie), et dans une douzaine d'autres réunions tenues du Brésil à la Belgique en 2006, des fonctionnaires du Groupe des Ressources zoogénétiques de la FAO s'efforcent de faire prendre conscience du péril qui menace la diversité des animaux d'élevage et de la nécessité de faire un meilleur usage des races locales. Pour ce faire, ils mobilisent un appui en faveur d'une conférence intergouvernementale l'an prochain qui devrait adopter une stratégie mondiale et un plan d'action pour la gestion des ressources zoogénétiques "La gestion durable et l'amélioration génétique des races locales sont essentielles si les pays veulent satisfaire leurs besoins vivriers futurs et répondre à l'évolution des environnements de production", affirme Hoffmann. "Il est temps de commencer à mettre en place des politiques de protection des ressources naturelles qu'il nous reste - avant de risquer de continuer à les perdre pour toujours."

Intrants et rendements élevés
Selon la FAO, le facteur le plus important influant sur la diversité des animaux de ferme est la mondialisation des marchés du bétail. La demande en rapide expansion de produits de l'élevage est satisfaite, pour l'essentiel, par des systèmes de production intensifs basés sur quelques espèces et races d'animaux à haut niveau d'intrants et de rendement. Par exemple, un nombre très limité de races commerciales garantit plus d'un tiers de l'offre mondiale de porc, tandis qu'une poignée de races pondeuses commerciales assurent quelque 85% de la production d'oeufs. Selon certaines estimations, les races bovines laitières à rendement élevé ou leurs croisements représentent les deux tiers de l'offre mondiale de lait.

Si les accroissements de production grâce à un petit nombre de races ont été spectaculaires, les systèmes de production intensifs comportent souvent l'érosion des ressources zoogénétiques locales. Lorsque la pression exercée sur les ressources en terres augmente et que les techniques d'élevage s'intensifient, les petits agriculteurs ont tendance à choisir des croisements qui offrent une meilleure rentabilité de la main d'oeuvre. Et il devient donc tout simplement peu rentable d'élever des races moins productives.

L'enjeu principal à affronter aujourd'hui, dit Hoffmann, "consiste à expliquer pourquoi les pays et la communauté internationale devraient conserver les races que les agriculteurs ont abandonnées ou qui sont fortement menacées de disparition - la valeur des ressources zoogénétiques, pour la plupart, est mal comprise, aussi bien par les scientifiques que par les décideurs".

Une évaluation complète de la diversité des animaux de ferme doit comprendre une évaluation de ses valeurs d'utilisation- comme celles qui sont tirées de la nourriture et des fibres et d'autres produits ou services - et de ses valeurs de non utilisation, qui peuvent comprendre la satisfaction que les gens tirent de la simple existence de la diversité. Une autre question fondamentale est la "valeur d'option" - c'est-à-dire garder la flexibilité de s'adapter aux aléas de l'avenir, comme le changement climatique, ou les demandes futures.

Traduire ces relations complexes en un seul indicateur comme le prix du marché est quasiment impossible. Ce qui vient compliquer l'évaluation des ressources zoogénétiques est le fait que les animaux de ferme présentent des caractéristiques de biens tant privés que publics - l'utilisation d'un animal de reproduction est exclusive, mais le pool génique des populations d'animaux d'élevage appartient aux autres agriculteurs et aux générations futures.

Repenser les politiques
Par l'analyse des rapports nationaux reçus sur l'état des ressources zoogénétiques, la FAO a identifié des domaines d'action principaux au niveau national et international pour la promotion de l'utilisation durable et de la conservation des ressources zoogénétiques. Le premier consiste à repenser les politiques du secteur de l'élevage qui faussent les règles du jeu pour les races indigènes. Dans de nombreux pays en développement, les politiques favorisent l'utilisation de stocks reproducteurs exotiques d'importation, ce qui permet aux gros producteurs commerciaux de s'emparer d'une grande part des marchés intérieurs. Cette tendance, et des règlements sanitaires plus rigoureux, excluent les petits producteurs qui conservent l'essentiel des ressources zoogénétiques indigènes. Les agriculteurs sont en outre défavorisés par les subventions à l'alimentation animale, l'insémination artificielle et autres intrants qui tendent à favoriser les races exotiques.

Les recherches sur les coûts et bénéfices nets de ces politiques pour les ressources zoogénétiques sont limitées - si elles peuvent garantir une offre abordable de produits animaux salubres, elles ont aussi défavorisé les systèmes de production moins intensifs et les agriculteurs à faible revenu. L'atténuation de ces impacts peut requérir des réglementations prenant en compte les externalités négatives de la production animale intensive - par exemple, les frais d'élimination des déchets ou la surveillance des maladies à faire payer aux producteurs, et les mesures d'incitation de la conservation de la biodiversité agricole.

Gérer la diversité animale
La préoccupation liée à la perte de ressources zoogénétiques a incité certains pays à prendre des mesures correctrices. Par exemple:

  • République islamique d'Iran: un programme de promotion de la volaille indigène comprend une production sélective et la distribution aux familles rurales
  • Indonésie : Les bovins de Bali sont conservés grâce à un programme in situ et à la cryoconservation du liquide séminal
  • Maroc : des restrictions rigoureuses limitent la sélection croisée des ovins locaux avec des animaux d'importation
  • Chine : Après la découverte, grâce à des enquêtes, de 79 races auparavant inconnues, le gouvernement a créé des zones de conservation et des banques de gènes pour la cryoconservation
  • Afrique du Sud : des taureaux indigènes Nguni, bien adaptés aux conditions de production locales, sont fournis aux gardiens de troupeaux dépourvus de ressources.

Les pays en développement doivent également procéder à des inventaires complets de l'étendue, de la répartition, des caractéristiques de base, des résultats comparatifs et de la situation actuelle de leurs races indigènes. Rares sont les pays qui disposent de ces données, entravant la capacité des responsables politiques de décider quelles races améliorer ou protéger et comment allouer les fonds limités disponibles pour la conservation. Les ressources zoogénétiques n'étant pas statiques, un suivi continu est nécessaire pour conjurer les risques d'extinction avant que les agriculteurs, le gouvernement et la communauté internationale ne s'aperçoivent d'une baisse sensible (selon la FAO, le rétrécissement de la base génétique devient un problème de plus en plus sérieux, y compris pour les races commerciales).

Après avoir recensé les races à risque, les gouvernements devraient mettre en oeuvre des mesures efficaces de surveillance et de conservation à bas coût. Toutefois, de nombreuses races sont plus exposées dans les pays en développement qui ont peu de ressources à allouer à des programmes de conservation. De nombreux pays en développement - et plusieurs pays développés - signalent qu'ils ne disposent pas de programme de conservation intégré, ni même de politiques, sur les ressources zoogénétiques.

Une stratégie porteuse qui semble rencontrer l'agrément des décideurs et des producteurs consiste à subordonner la conservation à l'utilisation. La conservation in situ - l'utilisation continue des animaux dans les opérations à la ferme - aide à accroître les nombres de races pour les porter à des niveaux de sécurité en les associant avec un produit en demande. Au Japon, des marchés de niche ont été créés pour la viande de bovins indigènes qui attire les consommateurs qui paient ainsi pour leur conservation.

Programmes de sélection. La capacité des pays en développement d'utiliser et de développer les ressources zoogénétiques serait également améliorée, dit la FAO, en intégrant les approches traditionnelles et modernes dans toute la gamme des systèmes de production animale. La sélection animale est le volet le plus important. Les animaux à rendement élevé d'aujourd'hui ont été sélectionnés pendant au moins 20 générations dans des systèmes d'élevage de race pure, qui requièrent des accouplements (1) contrôlés, des tests de performance et des traitements de données sophistiqués. Dans des régions en développement comme l'Afrique de l'Ouest et de grandes parties de l'Asie, il n'existe aucun programme systématique de sélection pour les races indigènes, ce qui est souvent dû au fait que la reproduction dans de nombreux systèmes pastoraux et de production mixte dépend d'échanges informels d'animaux.

La FAO estime que la reproduction pour les systèmes de production à faible coefficient d'intrants demeurera une responsabilité du secteur public, mais pourrait être appuyée par des coopératives de producteurs ou des initiatives communautaires. L'intérêt pour les races locales se multiplie, ainsi que les preuves qu'en associant de meilleures techniques de gestion et en intégrant, dans les évaluations de productivité, des avantages non commerciaux, comme la résistance aux parasites, les races locales peuvent l'emporter sur les bovins exotiques. Par exemple, certains éleveurs commerciaux du Zimbabwe et de Namibie favorisent les races locales en raison de leur productivité plus élevée dans certains environnements.

Néanmoins, nombreux sont les pays qui n'ont aucun cadre juridique pour l'enregistrement des animaux de races autochtones ou pour la création d'associations de production animale. La mise en place de tels programmes, en particulier au sein de communautés n'ayant aucune expérience de reproduction systématique, exige un important renforcement des capacités de même qu'une formation. "Vu la dynamique actuelle des systèmes de production animale et les ressources limitées pour la conservation dans le secteur public, une certaine perte de races locales est inévitable", explique Irène Hoffmann. "Les pays et la communauté internationale devraient prévoir les pertes susceptibles de survenir et se rendre compte de celles qu'ils sont prêts à accepter, et des investissements qui sont nécessaires pour la conservation."

Source : FAO, le 28/09/2006

(1) Aboutissement physique de la parade nuptiale.(Définition de Futura Sciences)

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La diversité des animaux de ferme en danger, une race disparaît tous les mois


L’essor rapide de la production animale industrielle ciblée sur une palette très restreinte de races est la plus grande menace mondiale à la diversité des animaux de ferme, selon un rapport présenté aujourd’hui à la Commission des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture.

L’afflux de la demande mondiale de viande, de lait et d’oeufs a entraîné une forte dépendance à l’égard des animaux à rendement élevé qui sont reproduits de façon intensive pour uniformiser les produits, selon le rapport L’État des ressources zoogénétiques mondiales pour l’alimentation et l’agriculture. Le rapport, qui rassemble des données de 169 pays, affirme que le problème se complique avec la facilité de mouvement de matériel génétique dans le monde entier.

“Au cours des 40 prochaines années, la population mondiale passera des 6,2 milliards actuels à 9 milliards de personnes, et cet accroissement sera surtout le fait des pays en développement”, a indiqué le Sous-Directeur général de la FAO, M. Alexander Müller, dans son allocution à la Commission. “Nous devons accroître la résilience de nos approvisionnements alimentaires, en conservant et en déployant l’éventail le plus large possible de ressources génétiques, vitales et irremplaçables”.

“Le réchauffement de la planète met également en péril l’ensemble des ressources génétiques et alourdit la pression sur la biodiversité”, ajoute M. Müller. “Nous avons pourtant besoin de ces ressources pour l’adaptation de l’agriculture au changement climatique”.

Le temps presse
Au cours des sept dernières années, une race domestique a disparu tous les mois. Le temps presse pour un cinquième des races de bovins, caprins, porcins, équins et volailles du monde”, précise M. Müller. “Ce tout premier tour d’horizon de la biodiversité des animaux d’élevage et de la capacité des pays de gérer leurs ressources zoogénétiques est un avertissement au monde”.

Et ceci n’est probablement qu’un tableau partiel de l’érosion génétique en cours, indique le rapport, car les inventaires des races sont incomplets dans de nombreuses parties du monde. En outre, chez les races bovines à haut rendement les plus couramment utilisées, l’utilisation de quelques géniteurs très prisés nuit à la diversité génétique.

“La gestion efficace de la diversité zoogénétique est essentielle pour la sécurité alimentaire mondiale, le développement durable et les moyens d’existence de millions de personnes”, affirme Mme Irène Hoffmann, Chef du Service de production animale de la FAO.

“Si elles sont parfois moins productives, de nombreuses races menacées d’extinction comportent pourtant des traits uniques, comme la résistance aux maladies ou la tolérance aux conditions climatiques extrêmes. Or, les générations futures pourraient en avoir besoin pour affronter les enjeux du changement climatique, des nouvelles maladies animales et de la demande croissante de produits de l’élevage”, ajoute M. Hoffmann.

Certaines races sont plus égales que d’autres
Un élevage bien adapté est un élément essentiel des systèmes de production depuis plus de 10 000 ans, en particulier dans les environnements rigoureux où il est difficile ou impossible de pratiquer l’agriculture.

Depuis la moitié du XXème siècle, quelques races à hautes performances, généralement d’origine européenne – notamment la Holstein-Friesian (de loin la race la plus répandue, signalée dans au moins 128 pays et dans toutes les régions du monde) et la race Jersey; les porcs Large White, Duroc et Landrace; les chèvres Saanen; et les volailles Rhode Island Red et Leghorn – se sont disséminées de par le monde, évinçant souvent les races traditionnelles.

Ce rétrécissement progressif de la diversité génétique est pratiquement achevé en Europe et en Amérique du Nord, mais s’attaque désormais à de nombreux pays en développement, jusqu’à présent berceau de nombreuses races autochtones.

«Point chaud» de perte de diversité des race.
Le monde en développement sera le «point chaud» de la perte de diversité des races au cours du XXIème siècle, selon le rapport.

Au Viet Nam, par exemple, le pourcentage de truies indigènes est tombé de 72 pour cent de la population totale en 1994 à 26 pour cent en 2002. Sur ses 14 races locales, 5 sont vulnérables, 2 dans un état critique et 3 sont menacées d’extinction.

Au Kenya, l’introduction du mouton Dorper a entraîné la quasi-disparition du mouton de pure race Red Masai.

Source : Agrisalon du 14 juin 2007, d'après communiqué de la FAO

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Perte des races d’animaux d’élevage: la FAO lance un cri d’alarme


Il faut améliorer la gestion des ressources animales
Qualifiant d’“alarmant” le taux de disparition des races d’animaux d’élevage, la FAO a exhorté la communauté internationale à adopter un plan d’action mondial pour freiner l’érosion de la diversité des animaux de ferme et protéger les disponibilités vivrières mondiales.

“La gestion avisée des ressources zoogénétiques n’a jamais été aussi cruciale”, a affirmé le Sous-directeur général de la FAO, Alexander Müller, s’adressant aujourd’hui aux participants de la première Conférence technique internationale sur les ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture.

“Les solutions que ces ressources offrent pour l’amélioration de la production animale seront d’une importance considérable au cours des prochaines décennies”, a-t-il précisé. “Le changement climatique et l’émergence de maladies du bétail virulentes soulignent la nécessité de préserver la capacité d’adapter nos systèmes de production agricole”.

Et la FAO estime que la sélection animale est cruciale à cet égard.

De nombreuses races menacées d’extinction présentent des caractéristiques uniques qui peuvent être utiles pour affronter ces enjeux au cours des années à venir, selon l’Organisation. Des traits tels que la résistance aux maladies ou l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes pourraient s’avérer fondamentaux pour la sécurité alimentaire des générations futures.

En outre, il faut procéder à une gestion plus judicieuse des races couramment employées, dont beaucoup souffrent de perte de diversité génétique due à l’utilisation d’un petit nombre de géniteurs pour la reproduction.

Races perdues à jamais
Selon le rapport de la FAO L’État des ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde, au moins une race domestique a disparu chaque mois au cours des sept dernières années, ce qui signifie que ses caractéristiques génétiques sont perdues à jamais.

Environ 20 pour cent des races bovines, caprines, porcines, équines et avicoles du monde sont actuellement à risque d’extinction, selon le rapport, qui constitue la première évaluation mondiale de biodiversité des animaux d’élevage et de la capacité des pays de gérer leurs ressources zoogénétiques.

“Face à cette situation, le monde ne peut se permettre de camper sur une position attentiste”, souligne M. Müller. “Le changement climatique signifie que nous entamons une phase d’incertitude et de crise sans précédent qui touchera tous les pays”.

M. Müller fait remarquer que le changement climatique est un facteur sensible qui vient s’ajouter à d’autres périls menaçant les races animales, à savoir: la rapidité et le manque de réglementation des changements sociaux et économiques; la dépendance accrue à l’égard d’un petit nombre de races à rendement élevé; les maladies animales; la pauvreté, l’instabilité socio-économique et les conflits armés dans certaines des zones les plus riches en ressources zoogénétiques.

Il ajoute que des mesures liées aux politiques et aux technologies appropriées devaient être prises de toute urgence pour améliorer l’utilisation de la diversité zoogénétique. Utilisation durable et amélioration génétique sont par conséquent des éléments clés du plan mondial d’action, car ce sont elles qui déterminent en grande partie les opportunités de conservation des ressources génétiques. La caractérisation des races est tout aussi importante, continue M. Müller, et il est fondamental d’affronter les lacunes et faiblesses des pays en développement en matière d’inventaire, de caractérisation, de conservation et d’utilisation de leurs races animales.

“Les ressources zoogénétiques sont importantes pour tout un chacun, mais elles le sont plus particulièrement pour les moyens d’existence des populations des pays en développement, souvent parmi les plus pauvres”, a insisté M. Müller, en soulignant la nécessité pour les gouvernements de venir en aide aux gardiens de troupeaux pauvres, qui veillent sur une grande part de la diversité génétique animale.

Une occasion historique
Les représentants de plus de 120 pays sont réunis à Interlaken afin de négocier et d’adopter un plan mondial d’action pour les ressources zoogénétiques. Le plan énoncera des secteurs prioritaires stratégiques ainsi que des dispositions pour leur mise en oeuvre et financement.

“La Conférence d’Interlaken représente une occasion historique pour la communauté internationale d’opérer des choix stratégiques pour la gestion future des ressources génétiques animales, et dégager un consensus sur les mesures prioritaires en vue de leur utilisation durable, leur développement et leur conservation”, a déclaré la Conseillère fédérale suisse aux affaires économiques, Mme Doris Leuthard, à l’ouverture de la réunion.

Elle a souligné les efforts de la Suisse visant à protéger la riche diversité animale du pays, qui compte quelque 90 races de bovins, chevaux, porcs, moutons et chèvres, tout en étant consciente que tous les pays n’ont pas les moyens d’appuyer ces efforts de conservation.

Le Gouvernement suisse continuera à soutenir les efforts de la FAO et à coopérer au sein d’instances internationales pertinentes, a-t-elle affirmé. “Interlaken est une étape importante, mais ce n’est qu’une étape. La route est longue et beaucoup reste encore à accomplir.”

Plus de 300 décideurs, scientifiques, sélectionneurs et gardiens de troupeaux sont attendus à la réunion organisée par la FAO et hébergée par le Gouvernement suisse du 3 au 7 septembre.

Source : FAO du 4 septembre 2007

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Des centaines de races d'animaux d'élevage menacées d'extinction


Une race d'animaux d'élevage disparaît chaque mois dans le monde, s'alarme dans un rapport l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui appelle à préserver ce capital naturel irremplaçable dans des banques de gènes.

Les espèces africaines, asiatiques et latino-américaines sont les plus menacées, selon le rapport de la FAO présenté lundi à Interlaken (Suisse) à l'ouverture de la Première conférence internationale sur les ressources zoogénétiques.
"Des races irremplaçables disparaissent à un rythme alarmant", a averti le Dr Carlos Seré, Directeur général de l'Institut international de recherche sur le cheptel (ILRI), basé à Nairobi.

Les espèces des pays en voie de développement sont pourtant essentielles pour leur adaptation aux conditions climatiques et sanitaires difficiles de leur environnement, ont relevé les experts, réunis en Suisse jusqu'à vendredi.
L'enjeu est de taille puisque près de 70 % des races de bétail existant encore dans le monde se trouvent dans les pays en développement, selon l'ILRI, qui dispose d'une base de données sur 669 races bovines, ovines, caprines, porcines et de volailles d'Afrique et d'Asie. La FAO estime à environ 7.000 le nombre total de races d'animaux d'élevage dans le monde, a indiqué le Dr Seré à l'AFP.

Le cheptel des pays industrialisés a "une base génétique très étroite et hautement spécialisée" puisque 90 % du bétail provient de seulement six races très rigoureusement définies, explique le Dr Seré. Des politiques volontaristes des Etats et de nombreux éleveurs passionnés ont permis cependant de conserver la plupart des races autochtones d'Europe et d'Amérique du nord.

Il en va tout autrement dans les pays en voie de développement où de nombreux petits exploitants agricoles ont abandonné ces dernières années l'élevage des animaux traditionnels au profit des races à rendement plus élevé importées d'Europe et des États-Unis.

La vache noire et blanche Holstein Frisonne à haute production laitière est ainsi aujourd'hui présente dans 128 pays, et dans toutes les régions du monde. Les poules pondeuses White Leghorn, et les porcs Large White à croissance rapide sont également largement répandus.

En Ouganda, la Holstein Frisonne supplante rapidement les célèbres vaches Ankole aux cornes immenses et gracieuses. Pourtant, lors d'une sécheresse récente, le bétail traditionnel a été capable de parcourir de longues distances jusqu'à des points d'eau éloignés, tandis que les éleveurs qui avaient fait le choix de races importées ont perdu tout leur troupeau.
Autre exemple flagrant d'appauvrissement de la diversité génétique du cheptel et des basses-cours: dans le nord du Vietnam, la population de truies était composée à 72 % de races locales en 1994 mais huit ans plus tard, ce pourcentage avait chuté à 26 % à peine. Cinq des quatorze races porcines locales sont aujourd'hui vulnérables, deux en situation critique, et trois menacées d'extinction.

Un milliard d'habitants de la planète travaille aujourd'hui dans l'élevage, et 70 % des populations rurales pauvres en dépendent largement pour leur subsistance, avertissent les experts.
Les scientifiques réunis à Interlaken préconisent d'encourager, y compris financièrement, l'élevage des races autochtones, et prônent l'établissement rapide de banques de gènes afin de conserver le sperme et les ovaires d'animaux menacés d'extinction.

Source : AFP du 3 septembre 2007

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FAO : adoption d'un plan d'action mondial pour sauver la biodiversité des animaux d'élevage


Alors que des races d'animaux d'élevage sont menacées d'extinction, un plan d'action mondial pour les ressources génétiques animales a été adopté hier par plus de 100 pays, annonce aujourd'hui l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

« L'adoption d'un plan d'action mondial n'est pas une fin en soi », a déclaré José María Sumpsi, Sous-directeur général de la FAO, dans un communiqué publié aujourd'hui à Rome. « Il faut maintenant penser à sa mise en ?uvre. Les gouvernements doivent faire preuve de détermination au plan politique et trouver les ressources au plan financier », a-t-il ajouté.

Selon le récent rapport de la FAO "L'état des ressources zoogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture", une race domestique a disparu tous les mois au cours des sept dernières années et environ 20% des races d'animaux d'élevage sont menacées d'extinction. Il s'agit de la première évaluation faisant autorité sur la question à partir des informations en provenance de 169 pays.

Le plan, qui s'inspire des conclusions du rapport, a été adopté lors de la première Conférence technique internationale sur les ressources zoogénétiques qui s'est conclu hier à Interlaken, en Suisse. Il vise à stopper l'érosion de la diversité des animaux d'élevage et à soutenir l'utilisation durable, la mise en valeur et la conservation des ressources zoogénétiques.

Pour José María Sumpsi, des efforts soutenus seront nécessaires aux niveaux national et international. « Le succès repose sur une coopération clairvoyante entre les nombreuses parties prenantes : gouvernements, organisations internationales, communauté scientifique, bailleurs de fonds, organisations de la société civile et secteur privé ont tous un rôle à remplir », a-t-il expliqué.

Le plan identifie quatre domaines stratégiques prioritaires : caractérisation, inventaire et surveillance des tendances et des risques; utilisation durable et mise en valeur; conservation; politiques, institutions et renforcement des capacités.

Afin de permettre son application dans les pays en développement et les pays en transition, le plan recommande l'apport d'une assistance technique. Mais la « fourniture effective de ressources financières » sera également nécessaire, souligne José María Sumpsi, pour que les pays en développement puissent honorer les engagements pris.

Lors des négociations à Interlaken, un accord a été conclu sur la mise en oeuvre et le financement du plan aux niveaux international, régional et national.

Source : Centre de Nouvelles - ONU du 11 septembre 2007

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"Ras le bol de l'uniformité", place à la biodiversité


Yves et Sandrine Jouannic sont installés à la ferme Sainte-Marie à Guémené-Penfao. Leur projet : un élevage ouvert au public sur la biodiversité des animaux de la ferme.
« J'aimerais que les gens sachent qu'une vache, ce n'est pas toujours noir avec des taches blanches », plaisante Sandrine Jouannic. Elle et son époux ont débarqué depuis un an sur la commune de Guémené-Penfao. C'est dans la ferme de Sainte-Marie qu'ils ont monté leurs élevages. Ici, il n'y a pas de place pour l'uniformité. Et c'est assez surprenant. « On commence par où ? », demande Yves. C'est vrai qu'avec ses 12 hectares et plus de 200 animaux reproducteurs, on ne sait pas trop où donner de la tête, entre poules, canards, chèvres naines, moutons d'Ouessant, lapins, chevaux, vaches...

Des oeufs verts
A l'entrée du domaine, une petite mare, entourée de roseaux, recèle déjà deux espèces de canards. D'après l'éleveur, il s'en est fallu de peu p« On débute l'élevage du canard. Ici, vous trouverez des coureurs indiens, qu'on appelle aussi canard bouteille parce qu'ils se tiennent droits. Avec eux, des canards de Rouen. D'ailleurs, continue Yves, saviez-vous que le canard bouteille pond plus qu'une poule. »our que les poules industrielles ne soient en fait des canards bouteille. « Au début de l'industrie agroalimentaire, on a préféré les oeufs de poules aux oeufs de canards bouteille, parce que les risques de salmonellose étaient moins nombreux. On aurait pu manger des oeufs de canard au lieu des oeufs de poules », sourit-il... Et on en est qu'au début de la visite, ça promet.

Pas le temps de s'ennuyer, il y a plus d'une vingtaine de races de poules à découvrir... Certaines viennent même de l'étranger pour garantir la pureté de la race. Chacune a sa spécificité physique mais aussi son caractère. « Chaque peuple a sélectionné une poule qui correspondait à ses besoins. Pondeuse, chair et maintenant ornement », continue Yves. Certaines poules, des Chiliennes notamment, pondent des oeufs verts, parfaitement comestibles !

Voilà qu'après le défilé des poules et coqs, avec chacun son plumage très particulier et colorés, le hangar révèle ses surprises. Des lapins géants, certains pèsent plus de neuf kilos, impressionnant ! Une dizaine de races attendent des acheteurs potentiels. Et certaines ont des appellations qui peuvent prêter à confusion, comme le fameux "papillon".

Et c'est pour faire découvrir cette diversité des races qu'Yves et Sandrine souhaitent rendre l'élevage accessible au public. « C'est l'envie de montrer la nature telle qu'elle est et pas comme l'homme l'a faite, qui nous motive », explique Sandrine, en coupant à travers champs, pour rejoindre « Lilou », une vache de race Highland qu'ils ont nourrie au biberon depuis toute petite et dévoreuse de caresses humaines. Ils souhaitaient aménager ces espaces dès l'année prochaine mais une ombre de taille vient entacher ce tableau vert. Leur ferme est voisine de la ferme Fry, achetée depuis peu par le groupe Guy Dauphin Environnement et qui pourrait devenir un lieu d'enfouissement de déchets industriels. « Imaginez, tous ces chênes, toutes ces haies pourraient être rasés. Il y a aussi un risque de contamination des eaux du puit », s'inquiète Sandrine. Ces craintes pèsent sur leur rêve et leurs sourires s'effacent. Le couple espère que le projet ne verra pas le jour et milite en ce sens avec de nombreux habitants de Guémené-Penfao.

Auteur : Sterenn DUIGOU.
Source : Ouest-France du 9 aoît 2008

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La FAO lanza la alarma sobre la extinción de razas ganaderas


Urge una mejor gestión de los recursos zoogenéticos
Al calificar de “alarmante” el ritmo de extinción de razas ganaderas, la FAO urgió hoy a la comunidad internacional a adoptar un plan de acción a nivel mundial para detener la pérdida de la diversidad de la cabaña ganadera del planeta y proteger las fuentes de suministro de alimentos.

“La gestión inteligente de los recursos genéticos a nivel mundial tiene cada vez mayor importancia”, señaló el subdirector general de la FAO, Alexander Müller, al intervenir hoy en la primera Conferencia Técnica Internacional sobre los Recursos Zoogenéticos para la Alimentación y la Agricultura.

“Las opciones que estos recursos nos ofrecen para mantener y mejorar la producción animal tendrán una enorme importancia en las próximas décadas”, explicó Müller. “El cambio climático y la emergencia de nuevas y virulentas enfermedades animales nos recuerdan la importancia de conservar la capacidad de adaptar nuestros sistemas de producción agrícola”.

La selección de las especies ganaderas es fundamental en este aspecto, según la FAO.

Muchas razas en peligro de extinción tienen características únicas que pueden ser útiles para hacer frente a estos y otros problemas en los años venideros, recuerda la Organización de la ONU. Factores como la resistencia a las enfermedades y la adaptación a condiciones climáticas extremas pueden resultar fundamentales para la seguridad alimentaria de las generaciones futuras.

Es más, las razas más utilizadas deben de ser gestionadas de forma más prudente. En muchas de ellas la diversidad genética dentro de la misma raza se está deteriorando debido al uso de una serie reducida de sementales con gran demanda.

Desaparecidas para siempre
Según el informe de la FAO Situación de los recursos zoogenéticos mundiales para la alimentación y la agricultura, al menos una raza de ganado doméstico ha desaparecido cada mes durante los siete últimos años, lo que significa que sus características genéticas se han perdido para siempre.

Cerca del 20 por ciento de las especies de vacas, cabras, cerdos, caballos y aves de corral existentes en el mundo se encuentran actualmente en peligro de extinción, según el informe, que supone la primera evaluación a nivel global de la biodiversidad ganadera y la capacidad de los países para gestionar sus recursos genéticos animales.

”En esta situación, el mundo sencillamente no puede tomar la actitud de que no pasa nada y de sentarse y esperar a ver que sucede”, advirtió Müller. “El cambio climático –añadió- significa que estamos entrando en un periodo sin precedentes de incertidumbre y de crisis que afectará a todos los países”.

Müller destacó el cambio climático como un factor significativo a añadir a las muchas otras amenazas a las razas ganaderas. Entre ellas figuran los cambios económicos y sociales rápidos y sin regular, el incremento de la dependencia en un reducido número de razas de alto rendimiento, las enfermedades animales, la pobreza e inestabilidad socioeconómica y los conflictos armados en algunas de las zonas de mayor riqueza en recursos zoogenéticos.

Añadió que se necesita actuar con urgencia para ampliar las oportunidades -a través de las políticas y la tecnología adecuadas-, para un mejor uso de la diversidad zoogenética. El uso sostenible y la mejora genética son por ello elementos clave de un plan de acción global, ya que determinan en gran parte las oportunidades para la conservación de los recursos genéticos.

La caracterización de razas es igualmente importante, según Müller, y hay que solucionar las dificultades en la capacidad de los países en desarrollo de inventariar, caracterizar, conservar y utilizar sus razas ganaderas.

“A pesar de que los recursos zoogenéticos son importantes para todos, lo son especialmente para los medios de subsistencia de muchas personas en los países en desarrollo, a menudo de los más pobres”, según Müller. Por ello subrayó la necesidad de que los gobiernos ayuden a los ganaderos pobres, que son los custodios de una gran parte de la diversidad genética animal.

Oportunidad histórica
Representantes de 120 países se reúnen en Interlaken para negociar y adoptar un Plan de Acción mundial para los recursos zoogenéticos. Esta plan incluirá las áreas de prioridad estratégica, así como normas para su implementación y financiación.

“La Conferencia de Interlaken representa una oportunidad histórica para que la comunidad internacional tome decisiones estratégicas sobre el futuro de la gestión de los recursos genéticos animales y para alcanzar el consenso sobre las medidas prioritarias para su uso sostenible, desarrollo y conservación”, señaló la Consejera Federal suiza para Asuntos económicos Doris Leuthard en la apertura de la reunión.

Leuthard destacó los esfuerzos de Suiza para proteger la valiosa diversidad animal del país alpino -que incluye cerca de 90 razas de vacas, caballos, cerdos, ovejas y cabras-, pero admitió que no todos los países tienen los recursos necesarios para sostener estos esfuerzos para la conservación.

El gobierno suizo continuará apoyando los esfuerzos de la FAO y cooperará con la Organización en los foros internacionales pertinentes, añadió Leuthard.

”Interlaken –dijo- es un paso importante, pero es tan solo un paso. El camino es todavía largo y queda mucho por hacer”.

Se espera que acudan a la reunión más de 300 responsables políticos, científicos, genetistas y ganaderos. El evento, organizado por la FAO y hospedado por el gobierno suizo, se desarrolla entre el 3 y el 7 de septiembre.

Source : FAO, 4 de septiembre de 2007

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Isabelle, gardienne de la biodiversité des poules


Ça caquette, ça glousse, dans la basse-cour d'Isabelle Rochette ! Il y a 7 ans, cette jeune passionnée change son appartement contre une petite maison avec jardin. De retour à la nature, elle peut alors concrétiser son rêve en créant son élevage de poules d'ornement.

Elle monte petit à petit son poulailler en bois qui s'intègre parfaitement dans le paysage. A l'intérieur, des « sabelpoot mille fleurs », des « wiandotte », des « brahma », des « phoenix », et des « pailletée de Hambourg ».

Entre le coût des produits d'entretien et les heures que passe la jeune femme à nettoyer, soigner et accompagner ses volatiles, sa passion n'a pas de limite. Elle connaît ses poules par coeur. Isabelle explique qu'au-delà de sa passion, elle contribue à la conservation des anciennes souches de poules françaises et au maintien de la biodiversité.

Certaines races domestiquées ont perdu l'instinct de la maternité ; quoiqu'excellentes pondeuses, elles ne couvent désormais plus. Des phénomènes similaires ont été également observés chez certains insectes comme les abeilles...

La biodiversité ne concerne pas seulement les espèces comme l'ours ou le loup mais, aussi les animaux d'élevage.

Source : Nice Matin du 1er janvier 2009 / Bar sur Loup

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