HAUTE MONTAGNE. GUIDES, CAFISTES, COMMUNE DE BAGNÈRES, SERVICES
DE L'ÉTAT, PLANCHENT SUR LE DISPOSITIF À METTRE EN PLACE.
Après l'essai
manqué de l'année dernière, l'ouverture du ski
libre au pic du Midi semble en bonne voie pour cette saison. Les guides,
le Club alpin français, la commune de Bagnères, les services
de l'État, notamment, planchent sur ce dossier. Les guides des
Pyrénées, à l'origine de cette demande, vont même
organiser un vote, ce vendredi, à Saint-Lary. Le résultat
favorable à l'ouverture ne fait aucun doute et sera un argument
supplémentaire pour faire avancer le processus. Les guides poseront
le problème les 3 et 4 décembre prochain, lors de l'assemblée
générale de leur syndicat national qui se déroule
à Bagnères. « Les guides se battent pour un principe
qui va à l'encontre de leurs intérêts économiques.
Le risque est énorme d'ouvrir à tout public. S'il y a
trop d'accidents, on risque de tout refermer », explique Guy
Dotter, guide de haute montagne à Campan. Actuellement, le
ski au pic n'est ouvert qu'accompagné d'un guide ou d'un moniteur.
C'est le seul domaine de haute montagne où il y a cette restriction.
À l'aiguille du Midi, aux vallons de La Meije, l'accès
est libre. « Le pic n'est pas le prolongement hors-piste de
la station du Tourmalet. C'est un site de haute montagne. La seule fois
où la responsabilité pénale d'un maire a été
retenue, c'est à La Grave. Pour défaut d'information.
Dans un domaine de haute montagne, le maire est soumis à une
obligation d'information », explique Guy Dotter.
INFORMER LES
SKIEURS
Aussi, l'ouverture du ski libre au pic s'appuiera sur une information
précise des usagers. On peut imaginer l'installation de panneaux
d'information à la gare de départ du téléphérique
du pic, à La Mongie, stipulant que le secteur du pic est un domaine
de haute montagne. Et, qu'à ce titre, il faut un matériel
adéquat : Arva, corde, crampons, piolet, etc. Ensuite, on pourrait
rappeler qu'il convient de connaître la haute montagne. Et que
si l'on ne maîtrise pas suffisamment cet élément,
il est recommandé de s'attacher les services d'un professionnel.
L'information se poursuit au sommet du pic. L'hiver, on installe déjà,
sur les terrasses, des panneaux indiquant que lorsque l'on franchit
les barrières, on sort de la zone sécurisée pour
pénétrer dans un secteur de haute montagne. Et que si
l'on s'y engage, c'est sous sa propre responsabilité. Voilà
le dispositif minimum pour une ouverture du ski libre au pic. L'idée
de créer une commission de sécurité qui, au quotidien,
autoriserait ou interdirait de descendre, un temps envisagé,
semble abandonnée. « C'était ingérable.
Surtout, si l'on crée une commission, le pic pourrait être
assimilé à un domaine skiable de fait », explique
Guy Dotter. La responsabilité de l'élu pourrait être
mise en cause. Le danger majeur, au pic, c'est la première pente.
Située au sud, elle s'humidifie la journée et gèle
la nuit. Le matin, c'est parfois glacé. Le terrain est balayé
par le vent et parfois peu enneigé, laissant affleurer des rochers.
En cas de chute, le skieur peut heurter ces rochers. « Je suis
favorable à l'ouverture du ski libre au pic. Mais lorsque c'est
glacé, la moindre faute ne pardonne pas. Dans pareilles conditions,
je crois qu'il faut prendre des arrêtés temporaires interdisant
la descente du pic », explique Rolland Castells, maire de
Bagnères. Dans de bonnes conditions, la descente du pic, c'est
1.700 m de dénivelé. Que du bonheur !
Auteur
: Thierry Jouve
Source : La
Dépêche du Midi du 24 novembre 2005