Le phénomène de « cyclogenèse explosive
», né dans l'Atlantique, avait déjà fait
cinq morts hier en début de soirée au Portugal, en Espagne
et en France
La tempête
avait déjà fait trois morts hier en début de soirée
: un enfant de 10 ans écrasé par la chute d'un arbre à
Paredes, au Portugal, un homme tué dans des circonstances similaires
dans les Hautes-Pyrénées, à Luchon, deux pêcheurs
à pied en Loire-Atlantique et une femme de 82 ans écrasée
par la chute d'un mur dans un village d'Ourense, en Galice.
La « cyclogenèse
explosive » née dans l'Atlantique, que les météorologues
ont baptisée Xynthia, a touché les Canaries dès
samedi matin : vent très fort, trafic aérien interrompu,
coupures d'électricité. Mais l'archipel n'a pas enregistré
d'accidents graves. Xynthia a aussi touché le Portugal, mais
avec moins de violence que prévu, puis elle a resurgi en Galice
avec deux heures d'avance sur les prévisions, aux alentours de
14 heures.
En réalité,
hier, toute l'Espagne était en alerte (sauf Murcie et les Baléares)
mais les craintes les plus vives concernaient la corniche cantabrique
: Galice, Asturies, Cantabrie et Pays basque. Du cap Finisterre à
la Communauté autonome basque, les autorités régionales
- sur la brèche depuis vendredi matin - n'ont cessé de
lancer des appels à la prudence et au calme toute la journée
de samedi. Le ministère de l'Intérieur espagnol est venu
leur prêter main-forte : aux dires du ministre Alfredo Perez Rubalcaba,
20 000 fonctionnaires étaient prêts à intervenir.
Déjà
en 2009
Difficile, en effet,
de prendre la mesure précise du phénomène annoncé
: « rapide, intense, profond », selon l'Agence espagnole
de météorologie, qui prévoyait plus de vent que
de pluie. En janvier 2009, un phénomène semblable avait
déjà secoué la façade atlantique, provoquant
des vents de 180 kilomètres-heure et des vagues de 20 mètres,
telles celles enregistrées au cap Matxitxako près de Bilbao.
Hier, les autorités
espagnoles ont pris les grands moyens : interruption progressive du
trafic ferroviaire dans la région Nord-Ouest, interdiction de
la circulation des poids lourds de plus de 7,5 tonnes en Euskadi, d'où
la fermeture de la frontière et les amoncellements de camions
survenus de part et d'autre de la frontière, sur les aires de
stationnement des autoroutes A 63 et A 64, notamment.
« Rentrez
chez vous »
En fin d'après-midi,
le responsable basque de l'Intérieur, Rodolfo Ares, demandait
à la population de rentrer chez elle et invitait les responsables
de grandes surfaces à fermer plus tôt. Le pire, selon lui,
devait se produire dans la nuit de 20 heures à 4 heures du matin.
Mais déjà, dans la soirée, de nombreux dégâts
matériels étaient recensés : chute d'une grue sur
une résidence, toits envolés, incendies en montagne attisés
par le vent en Biscaye, de même que sur le massif d'Ibardin.
En France, Xynthia
a été ressentie (dans une moindre mesure) dès la
mi-journée, en zone montagne notamment, où le vent violent
a suscité la fermeture de la station de ski de la Pierre-Saint-Martin
à midi, Gourette suivant. 68 départements ont été
mis en vigilance par Météo France qui, hier soir, redoutait
des « dégâts importants » mais cependant moindres
qu'en 2009. En Gironde, les mairies ont été invitées
à prendre « toutes les mesures nécessaires »,
le Centre opérationnel départemental devait être
activé durant toute la nuit, les discothèques ayant été
contactées afin de répercuter les messages de prudence.
Source
: Journal
Sud-Ouest du 28 février 2010