Le préfet suggère de les regrouper dans un syndicat
intercommunal, avec Font-Romeu et les Angles.
Avant l'ouverture des pistes programmée le 6 décembre,
le quotidien des huit stations catalanes est très glissant. Depuis
deux jours, le débat sur les graves difficultés financières
qui touchent les cinq plus petites stations (Porté-Puymorens,
Puyvalador, Cambre d'Aze, Puigmal, et Formiguères) tourne à
l'affrontement entre le préfet des Pyrénées-Orientales
et Christian Blanc maire des Angles et président de l'association
des Neiges Catalanes. Pour gérer cette « banqueroute
potentielle », Hugues Bousigues propose la création
d'un syndicat intercommunal à vocation unique à condition
que les huit stations soient englobées dans cette nouvelle structure,
dont les deux bons élèves de la classe des neiges catalanes,
Font-Romeu et Les Angles qui parviennent à équilibrer
les comptes. Sauf que Christian Blanc, qui tient à l'indépendance
de sa gestion, ne veut pas entendre parler de ce nouveau périmètre.
«Pendant cinq ans, nous avions réussi à provisionner
10 % de notre chiffre d'affaires, soit 2,7 M€ en prévision
d'années sans neige. Ces économies nous ont permis de
passer le cap difficile. Le préfet n'a aucune légitimité
élective pour nous imposer cette structure intercommunale qui
permettra de sauver les cinq stations, mais sans nous ...»
estime le maire qui réfute l'audit financier que le préfet
a fait passer à la Chambre régionale des comptes. Celui-ci
fait apparaître un endettement record, à hauteur de 52
000 € par habitant de la commune des Angles. Ces échanges
vifs ne sauraient souffler la situation financière dramatique
des cinq petites stations qui sont en réanimation permanente
grâce à l'action concertée du préfet et du
trésorier-payeur général. « En saison
moyenne, nous parvenons à équilibrer l'exploitation mais
l'amortissement des investissements est en supplément et ces
deux dernières années ont été particulièrement
difficiles à cause du manque de neige. Nous tenons grâce
à la compréhension de nos fournisseurs » reconnaît
Didier Roboam, le président de la Régie Porté-Puymorens
qui est parvenu à convaincre EDF de rétablir le courant
malgré une ardoise de 50 000 €. Cette régie a réalisé
1,1 M€ de chiffre d'affaires en 2007-2008 mais elle présente
un déficit cumulé de 1 M€. Porté, micro-commune
de 120 habitants, c'est un budget communal de 650 000 €, dont 200
000 € pour soutenir le ski. Ici un plan d'économie a déjà
été mis en place avec 45 postes de travail contre 63 en
décembre 2007. À Puigmal ou à Formiguères,
les soucis et les dettes sont les mêmes. Et la démarche
de la survie, identique ; unir les moyens techniques, comptables pour
dépenser moins, vendre un seul et même produit et ainsi
survivre dans un contexte rendu dérapant par deux années
de neige maigre. La transition de l'union semble vitale pour la Cerdagne
et le Capcir où les sports d'un hiver font vivre directement
plus de 1 000 personnes.
Auteur
: Christian Goutorbe
Source : La
Dépêche du Midi du 5 novembre 2008