Stewart Sheppard est en charge, au sein de la Fondation
Moutain Riders pour le développement durable en montagne,
de l'écoguide des stations de montagne publié chaque année.
Il revient, pour lesechos.fr,
sur les enjeux du développement durable pour les stations de
ski.
Pourquoi avoir créé un guide qui détaille les efforts
des stations de ski en matière de développement durable
Au départ,
notre mission, au sein de la Fondation Moutain Riders, était
simplement de nettoyer les stations de ski de leurs déchets après
chaque saison. Nous avons été progressivement confrontés
à des questions posées par des touristes comme des professionnels,
sur le respect de l'environnement et le développement durable.
Cet
éco-guide est né pour répondre à
ces interrogations.
Depuis sa création
en 2006, chaque année nous travaillons avec des universitaires,
avec les entreprises qui gèrent les remontées mécaniques,
avec le milieu de la montagne dans son ensemble, pour décider
des 40 critères qui seront retenus pour mesurer les efforts des
stations de ski en matière de développement durable. Le
questionnaire est ensuite mis en ligne, à disposition de 200
ou 300 stations, qui sont libres d'y répondre ou pas. Il n y
a pas d'autre critère d'entrée dans ce guide que de répondre
à des questions objectives sur les équipements, les transports...
Les stations
de ski jouent-elles le jeu ?
Elles sont de plus en plus nombreuses à le faire. Nous sommes
passés de 45 stations évaluées dans le premier
guide à 96 cette année. Les professionnels ont pris conscience
de l'importance des problématiques environnementales. Par ailleurs,
le choix du développement durable fait par une station est un
argument que les consommateurs commencent à prendre en compte
au moment du choix de leur destination. Cette information commence d'ailleurs
à être mise à disposition des clients sur les sites
internet de certains tour-opérateurs. Mais attention, notre éco-guide
n'est pas à confondre avec un label. Nous informons, c'est tout.
Nous nous sommes appliqués à définir ce qu'est
le développement durable en montagne et nous essayons de donner
les informations les plus objectives possibles sur chaque point qui
le constitue.
Constatez-vous
davantage d'efforts des stations en matière de développement
durable ?
Il y a eu un progrès indéniable. Certaines ont mis en
place le tri des déchets, d'autres des systèmes de transport
qui réduisent leur impact carbone. Par ailleurs, de plus en plus
de stations emploient une personne dédiée aux problématiques
de qualité, de sécurité mais aussi d'environnement.
Évidemment, il est difficile de comparer toutes les mesures prises
puisqu'on parle de stations qui sont très différentes.
Cela va de Tignes, ouverte toute l'année et qui compte 30.000
lits, à des stations-village ouvertes trois mois par an seulement.
Elles n'ont ni les mêmes problématiques, ni les mêmes
moyens financiers. Mais l'important, c'est que chacun mette en place
un plan qui lui correspond et qui ressemble à la station qu'il
veut créer..
Pourquoi ne
pas publier un classement des stations les plus "vertueuses"
?
Nous ne les classons pas car il est aujourd'hui difficile de dire qu'une
station qui utilise 100% d'énergies renouvelables est meilleure
que celle qui a une station d' épuration aux normes, ou qu'une
autre qui met à disposition des moyens de transports collectifs.
Nous ne voulons pas désigner "le" critère le
plus important, ce serait un choix politique. En outre, nous préférons
avoir une communication positive plutôt que de pointer du doigt
les moins bons. Notre message est le suivant : le ski a un impact important
sur la montagne mais il est possible de le réduire, et nous souhaitons
aider les stations à aller dans ce sens
Propos
recueillis par Caroline Boudet, Les Echos
Source : Les
Echos du 23 février 2010