Les conditions actuelles de neige dure subsistent depuis un mois. Paradoxalement,
ces conditions peuvent présenter des risques plus importants
que les avalanches qui font plus peur du fait qu'elles sont spectaculaires
et bruyantes. Et si le danger d'avalanche comporte une échelle
de risque de 1 à 5, la neige dure ne bénéficie
pas d'échelle de mesure alors qu'il faut aussi s'en méfier.
Cela peut être une des raisons qui font qu'une piste est fermée
alors qu'elle paraît accueillante. Ne vous posez pas de question,
si un panneau indique une piste fermée, il y a forcément
une raison.
La neige dure,
c'est la glissade qui peut être dramatique si l'on ne sait pas
s'arrêter avant d'avoir pris de la vitesse. C'est le risque de
télescopage qui croît avec la vitesse et la violence des
chocs. Cela peut avoir des conséquences traumatologiques très
graves.
L'évolution
du matériel de ski, ces dernières années, les pistes
de plus en plus larges et dépourvues d'obstacles, la neige bien
entretenue par le damage, invitent le skieur à lâcher les
freins, mais ce n'est pas parce que l'on est sur des pistes ouvertes
et balisées que le risque n'existe plus.
Saut sans repérage
Depuis peu, on observe aussi des comportements, et pas seulement chez
les jeunes, de personnes qui sautent des décrochements de terrains,
voire des barres rocheuses, sans avoir fait de repérage préalable
et qui, une fois en l'air, se posent la question : « Et maintenant,
qu'est-ce que je fais ? » Pour certains, c'est le miracle,
pour d'autres, cela finit dans le drame pour s'être imaginé
que derrière le décrochement de terrain, ils retrouveraient
le terrain accueillant qu'ils venaient de quitter. Des snowparks ou
espaces free style ont été créés dans les
stations de ski pour canaliser les fougues et répondre à
la demande. Cela présente l'avantage de proposer une configuration
de terrain adaptée, mais il ne faut pas oublier qu'en hors-pistes,
les bosses restent un terrain d'aventure. Et où que l'on soit
pour sauter une bosse, plus on part de haut par rapport à la
bosse, plus grand sera le saut et plus brutale sera la réception,
ou la chute. On montre souvent à la télévision
beaucoup de figures spectaculaires de skieurs ou snowboardeurs, sans
voir le repérage qu'ils font et les heures d'entraînement
que cela requiert.
Source
: La
Dépêche du Midi du 21 février 2008