La première phase de débroussaillage terminée,
le train desservira de nouveau Oloron et Bedous à lhorizon
2010
La ligne internationale Pau-Canfranc nétait plus quun
fantôme, elle est aujourdhui une idée qui fait son
chemin de fer. Le débroussaillage de la section Oloron-Bedous
de cet hiver marque le début de la remise en marche de la ligne
internationale. Un projet qui accumule les soutiens.
La Région
sest engagée dans cette réhabilitation et participe
au groupe de travail créé pour loccasion par les
deux Etats concernés, la région dAquitaine et celle
dAragon. Ce groupe quadripartite sest réuni la semaine
dernière. Pau et Canfranc seraient reliés à lhorizon
2030. Alors quà Canfranc on rénove la gare historique
à loccasion de lExpo de Saragosse, au nord, on débroussaille.
La section Oloron-Bedous sera ouverte aux passagers dès 2010.
LAquitaine
et lAragon sont des acteurs de ce projet particulièrement
intéressé. Linsistance du président du Conseil
régional Alain Rousset en est lillustration. "Parallèlement
aux principales voies qui se situent sur les axes atlantiques et méditerranéens,
il est important de développer des axes secondaires", explique
Jean Lassalle conseiller général et député
représentant les habitants de la vallée dAspe.
Développement
Le développement
passe par le chemin de fer, mais également par la route, pour
cet élu MoDem. "La réhabilitation de la voie de chemin
de fer nest aucunement la preuve du fiasco du tunnel du Somport
; les deux voies de communication existaient dans le passé",
explique-t-il. Les faits sont pourtant là, la RN 134 reliant
les deux versants pyrénéens a des limites. En aval, les
poids lourds ne peuvent pas se croiser et plusieurs accidents sont survenus.
Mais Jean Lassalle renvoie la responsabilité de ces problèmes
de voirie à la contestation populaire.
Cest cette même contestation qui a mis la réhabilitation
au goût du jour. Le CRELOC (Comité pour la réouverture
de la ligne Oloron-Canfranc) la demande depuis 1986. Pour deux raisons
: le respect de lenvironnement et pour une question stratégique
pour la vallée. Selon Alain Cazenave-Piarrot, président
du CRELOC, la ligne "mettra Bedous à seulement vingt minutes
dOloron et elle pourra concerner les 2700 personnes qui habitent
dans la vallée".
Et les deux régions
voisines ont mesuré les enjeux. Saragosse veut relier Pau au
TGV ibérique, alors que Bordeaux y voit un accès direct
à lAragon.
Le conseiller général
Barthélémy Aguerre défenseur dune transnavarraise,
modère néanmoins les enjeux. "La réhabilitation
de ce chemin de fer est une excellente chose, mais elle naura
pas beaucoup de conséquences", affirme-t-il, "leffet
entonnoir ne concernera que peu de véhicules". Et surtout,
il précise que laxe occitan ne fait pas de concurrence
au couloir navarrais.
Une voie qui
traverse le XXe siècle
Le premier coup de sifflet a retenti il y a 80 ans. En 1928. La gare
de Canfranc est au centre dune ligne de chemin de fer internationale.
Elle unit le Béarn à lAragon via le tunnel du Somport.
Cette ligne de montagne na toutefois jamais connu quune
exploitation décevante sans rapport avec les travaux titanesques
quelle a demandés. Dès sa mise en route, la crise
des années 30 et la guerre civile espagnole ruinent les échanges
transfrontaliers. Franco va même jusquà faire murer
le tunnel du Somport pour empêcher la fuite de ses opposants.
En 1970, un accident
sur le pont de lEstanguet provoque linterruption du trafic
entre Bedous et Canfranc. Mais suite à ladhésion
de lEtat espagnol à lUnion Européenne, son
territoire développe de nouveaux intérêts pour ses
voisins.
Source
: Journal
du Pays Basque du 6 juin 2008