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Le volte-face
de la Région, qui renonce à l'appel d'offres lancé
le 16 juillet 2004, est un geste encourageant : il montre que
l'action des élus locaux n'est pas vaine, et que l'écoute
des citoyens est encore de mise. Il montre que résister
porte ses fruits.
Mais il ne faudrait pas céder à un mouvement d'enthousiasme
aveugle. Le volte-face régional demeure très superficiel.
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Notre président
cherche à minimiser le mouvement d'opposition locale pourtant
unanime: on se souvient de la consultation menée par les élus
du canton d'Argelès, suivie à 74% par la population, et
où le "non à la TCP" a remporté plus
de 99% des suffrages. Comment parler alors des "inquiétudes
et protestations d'une partie de vos concitoyens" ?
En disant "une vallée est plus souvent citée",
le président de région s'évite de nommer les véritables
acteurs de la promotion du tracé par la vallée d'Argelès.
Or c'est la région Midi-Pyrénées elle-même
qui multiplie ces démarches de promotion depuis des années,
et continue encore aujourd'hui.
Citons seulement : le colloque de janvier 2003; le Livre Blanc de la
TCP diffusé auprès des professionnels du département
des Hautes-Pyrénées; la forte implication de la région
dans l'association de lobbying "Eurosud Transport", favorable
à une TCP; les communiqués de presse favorables à
cette traversée centrale, et essayant en vain de discréditer
les mouvements d'opposition; la forte pression exercée au sein
même de la Communauté de travail des Pyrénées;
l'utilisation des fonds régionaux et européens (Interreg),
en partenariat avec la région Aragon, pour des études
favorables au tracé Huesca-Biesca-Pierrefitte-Lourdes (SETEC
en 1996, BBJ Consult et Ingeniera 75 en 2001 puis en 2002, SYSTRA en
2003...) ?
En fait, la région est, avec Aragon, la seule à défendre
ardemment ce tracé très coûteux. Notre président
de région a beau jeu de présenter les résultats
de tant d'efforts comme le fruit de pressions extérieures ! Il
essaie de se dégager ainsi de toute responsabilité, et
cela n'a rien de très rassurant.
Cependant, il faut reconnaître que notre président de région
évolue: il n'utilise plus le terme "central" quand
il évoque le projet de traversée ferroviaire transpyrénéen
au niveau européen et national. Il commence à se montrer
plus honnête, signalant qu'à ces niveaux, nul n'a encore
décidé du tracé: il pourrait être littoral,
ce qui serait d'ailleurs logique puisque des voies existantes peuvent
être aménagées, rendant possibles des connexions
avec "les autoroutes de la mer".
Pour finir, notre président de région reconnaît
enfin que ce type de projet d'envergure européenne dépasse
largement les compétences de la Région : se montrerait-il
enfin raisonnable ? Cela amorcerait-il la fin d'une promotion effrénée
de la Traversée Centrale des Pyrénées par la vallée
d'Argelès, l'une des plus touristiques des Pyrénées
?
Essayons de ne pas être dupes, conservons un sens critique : notre
président de région retire-t-il cette étude par
simple grandeur d'âme, ou a-t-il compris que cet acte, officiel
et direct, était susceptible d'alerter les consciences ? De mobiliser
les élus et les populations concernées de près
par son projet ?
Notre président a sans doute choisi de continuer d'oeuvrer de
façon plus discrète, comme il l'a toujours fait jusqu'à
présent.
L'avenir nous le dira, et autant dire que nous restons très attentifs
: la région abandonne une étude, mais n'abandonne pas
son projet de TCP.
ACTIVAL (Communiqué)
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