TRAVERSEE DES PYRENEES PAR FERROUTAGE OU EN EST-ON AUJOURD'HUI ?
Dans la vallée,
on parle d'une traversée des Pyrénées depuis le
XIXème siècle, puisqu'en 1891, le conseil municipal d'Ayzac-Ost
avait voté la somme de 10 francs pour l'étude du chemin
de fer sous le Vignemale. L'idée fait son chemin...
C'est ainsi que depuis 20 ans, elle fait couler beaucoup d'encre.
Défendue hier par ceux qui sont contre aujourd'hui, elle mobilise,
à juste raison, les habitants de la vallée des Gaves qui
craignent pour le devenir de leur environnement.
Cette idée a donné lieu à de nombreuses études,
financées par le Conseil Régional Midi-Pyrénées,
d'abord sous la présidence de Marc Censi, ensuite sous celle
de Martin Malvy. Elles semblent toutes vouloir privilégier l'axe
sous le Vignemale d'autant plus que l'Aragon, avec qui nous échangeons
depuis des siècles à travers les cols des Pyrénées,
a poussé et pousse les Gouvernements espagnols successifs pour
que soit défini ce tracé. Ces études souvent incomplètes
n'ont aucune valeur de décision.
Le dernier appel d'offres auprès des bureaux d'étude concernant
"l'impact environnemental", vient d'ailleurs d'être
annulé par le Conseil Régional à la demande des
Parlementaires et des élus Hauts-Pyrénéens.
Car la décision finale appartient à l'Europe, avec l'aval
de la France et l'Espagne.
Donc, seule une étude voulue par l'Union Européenne -
qui financera à 50 % son coût - permettra de se faire une
réelle opinion sur l'opportunité d'un franchissement ferroviaire
par les Pyrénées et ce, sur plusieurs tracés.
Le Parlement Européen a d'ailleurs adopté, en juin 2004,
un certain nombre de résolutions lors de la révision du
schéma européen des transports.
Parmi les projets prioritaires, figure le projet nø 16 intitulé
"axe
ferroviaire fret Sines Algesiras - Madrid - Paris". Au moment
de la rédaction de cette lettre, aucune étude sur les
traversées des Pyrénées n'a été engagée.
L'information a été confirmée par le Ministre des
Transports, Gilles de Robien. Si nous savons que le Gouvernement Espagnol
fait pression, le Gouvernement Français pour sa part, ne soutient
pas ce projet. Il ne fait pas partie de ses priorités. Voilà
la situation au 30 octobre 2004.
Dès lors, supposer que ce projet est déjà ficelé,
que la ligne de chemin de fer sera uniquement dédiée au
transport de marchandises, ou que 250 convois passeront jour et nuit
à 140 Km/heure, relève de la désinformation.
Sur la question plus large des transports qui se développent
de façon exponentielle avec l'élargissement de l'Europe
à l'Est, je ne crois pas que seul le ferroutage puisse absorber
le flux des marchandises. D'autres alternatives doivent être étudiées.
Je plaide donc pour que l'utilisation des différents modes de
transport alternatifs à la route: fer, mer, etc.... soit optimisée.
Car, je souhaite vivement qu'un large débat s'instaure au niveau
de l'Europe pour repenser cette politique ultra-libérale du "tout
camion" qui a, à mon sens, déjà fait trop
de dégâts pour notre sécurité, la qualité
de vie et l' environnement.
Depuis le début, ma position sur ce dossier n'a pas changé
d'un iota.
Je ne suis ni pour, ni contre la Traversée Centrale des Pyrénées,
en l'état actuel des choses, contrairement à ce qui a
été dit et écrit par certains détracteurs.
C'est le sens de la proposition de loi déposée par les
parlementaires. Cette proposition de loi - qui n'a pas été
examinée par l'Assemblée Nationale - ne fait que reprendre
le voeu exprimé en 1998, par les Présidents du Conseil
Général des Hautes-Pyrénées, du CDDE, de
la Chambre de Commerce et d'Industrie... et émet le souhait qu'une
étude rigoureuse soit faite en terme d'analyse coûts/avantages,
coûts écologiques en particulier pour la vallée,
avantages économiques pour notre département en termes
d'emplois, etc...
Ces études
ne concerneront pas simplement la faisabilité technique du projet
- fort heureusement- mais devront veiller :
- à conjuguer intelligemment le fret avec le transport de voyageurs,
- à préserver rigoureusement l'environnement de la vallée
(tunnel, etc...)
- et faire l'objet d'un vrai débat démocratique au plan
local.
Si l'une de ces études portait sur notre vallée, il faudrait
que soient associés, à l'élaboration du cahier
des charges via nos députés européens, les acteurs
locaux hauts-pyrénéens (associations, élus, citoyens)
pour que soient impérativement sauvegardés les intérêts
vitaux de notre vallée. Nous nous y emploierons.
Une fois les études terminées, alors ensemble, nous les
analyserons et je puis vous assurer que si ce projet venait à
défigurer notre vallée en y apportant nuisances, tant
sonores que visuelles, en mettant en péril son développement
touristique, alors je serai la première à me battre à
vos côtés en refusant sa réalisation.
Il ne s'agit donc pas aujourd'hui de se prononcer pour ou contre. une.
Traversée Centrale des Pyrénées mais d'étudier.
C'est la position que j'ai toujours défendue. Je l'ai exprimée
lors du colloque qui s'est déroulée à la CCI en
janvier 2003. Je l'ai confirmée par courrier à tous les
foyers de la circonscription en octobre 2003. Apparemment, le message
n'est pas suffisamment passé et j'en assume la responsabilité.
Alors, je vous le redis.
Je ne détiens surtout pas la vérité en la matière,
et j'ai autant que quiconque le droit au doute et à l'incertitude.
J'ai donc besoin de ces études pour me faire une opinion.
Voilà ce qu'il en est.
Aussi, je vous prends pour témoin: en quoi ces études
sont-elles préjudiciables à nos vallées ? Aurait-il
fallu rejeter en bloc - sans savoir, sans analyser, sans comprendre
- un projet qui peut, peut-être, apporter de la richesse à
notre département ?
N'est-il pas du devoir d'un élu de demander toutes les études
pour juger, non pas sur des "on dit" mais sur des expertises
?
Devons-nous laisser
passer toutes les chances de voir s'améliorer - si les études
le démontrent - la création d'emplois dans notre département
? Il y a trop de chômeurs ou d'employés précaires
dans les Hautes Pyrénées qui n'accepteraient pas que leurs
élus laissent passer une opportunité de développement
sans l'étudier sérieusement.
Voilà ma position. En vérité, je n'ai pas les certitudes
et le savoir de certaines personnes qui ont voulu politiser le débat
en un débat droite/gauche lors des dernières élections
cantonales et régionales. Comment peuton donner crédit
à toutes les contre-vérités que nous avons entendues
? : 250 trains par jour à 140 Km/H, des fermes coupées
en deux, des villages rasés, des thermes fermés, etc,
etc, etc. . .
J'en appelle au refus de la passion, j'en appelle à la sagesse:
seule, une étude, dans les termes que j'ai précisés,
nous permettra de nous faire une réelle opinion sur un tel projet.
Je n'ai jamais refusé le dialogue - même dans les pires
moments sous les insultes et les quolibets - ni refus de répondre
aux électeurs qui me sollicitaient.
Je comprends votre inquiétude quand on vous fait croire que le
projet serait ficelé' et que nous essayons - nous élus
- de vous l'imposer arbitrairement avec des arguments fallacieux. Cette
tactique, qui consiste à faire passer les élus pour des
gens hautains et méprisants à l'égard de leurs
concitoyens n'honore pas le débat républicain. Ce débat
doit se fonder sur le respect des opinions de chacun. Il ne saurait
être bâti sur le mensonge et les contre vérités.
Vous le savez, une mission d'information a été diligentée
par le Conseil Général. Tout sera analysé. En toute
conscience - sans pression d'aucun - chaque élu aura à
se prononcer.
La décision majoritaire qui en découlera devra être
respectée par tous.
Au terme, je souhaite qu'un véritable débat démocratique
s'instaure entre nous dans le respect mutuel des opinions de chacun.
En tout cas, j'y suis prête comme je l'ai toujours été.
Chantal ROBIN-RODRIGO Députée des Hautes-Pyrénées
Haut de page