Pendant de longues années, la France et l'Espagne n'ont été
réunies par voie ferrée que par les deux lignes de la
côte Atlantique par Hendaye et de la côte Méditerranéenne
par Cerbères, contournant l'une et l'autre la chaîne des
Pyrénées à ses extrémités : ces lignes
restent toujours les itinéraires les plus importants, les meilleurs
et les plus utilisés entre les deux pays.
Toutefois, dès 1865, lors du grand développement des voies
ferrées, avant même l'ouverture de la ligne de Port-Bou,
il apparut nécessaire de prévoir d'autres voies de liaison
à travers la chaîne des Pyrénées.
Une commission mixte franco-espagnole, constituée à cet
effet, entreprit l'étude des traversées possibles de la
chaîne : 12 traversées furent examinées par cette
commission entre 1865 et 1904. Ce sont d'Ouest en Est :
1/ de Saint-Étienne-de-Baïgorry à Pampelune,
par les Aldudes
2 et 3/ de Mauléon à Roncal (Castejon), par le
col de Larrau ou celui d'Urdayte
4/ de (Pau) Bedous à Jaca (Saragosse) par le Somport
5/ de (Lourdes) Luz à Fiscal (Lerida) par Gavarnie
6 et 7/ de (Lannemezan) Arreau à Salinas (Lérida)
par le col de Salcort ou celui de La Paz
8/ de Luchon à Benasque (Lérida) par le col de
Cabioulés
9/ de (Montréjeau) Marignac à Esterri (Lérida)
par le Val d'Aran
10/ de Saint-Girons à Esterri (Lérida) par le port
de Salau
11/ de (Toulouse) Ax-les-Thermes à Ripoll (Barcelone)
par le col du Puymorens et la Cerdagne
12/ de Prades à Puigcerda par le col de la Perche et la
Cerdagne.
Toutes ces lignes
devaient comporter de longs tunnels sous le cold e faîte.
Vers 1881, on était à peu prés tombé d'accord
sur les tracés par le Somport et le Salau, mais c'est en 1904
seulement qu'une convention internationale fixa les tracés des
3 transpyrénéens retenus : par le Somport (tracé
n°4), le port de Salau (tracé n°10) et le Puymorens (tracé
n°11).
Entre temps, la Compagnie du Midi avait commencé la construction
de la ligne de Cerdagne par le col de la Perche (tracé n°
12), mais cette ligne à voie étroite, avec des rampes
atteignant 60 mm, ne pouvait être considérée comme
suffisante pour les relations internationales ; ouverte en 1912, elle
a été raccordée, en 1928, à La Tour-de-Carol,
au transpyrénéen oriental.
Les trois tracés
retenus empruntent les itinéraires ci-après :
Itinéraire
occidental : de Bordeaux à Pau, Huesca et Saragosse, dans
la vallée de l'Ebre, par la vallée d'Aspe, en France,
un souterrain international sous le col du Somport, les vallées
du rio Aragon et du rio Gallego en Espagne, avec gare internationale
à Canfranc, en Espagne.
Itinéraire
central : de Toulouse à Saint-Girons, Sort, Tremp et Lérida
par les vallées e la Garonne et du Salat en France, un souterrain
international sous le col ou port de Salau, les vallées du Noguera
et de la Sègre en Espagne, avec gare internationale, en Espagne,
à la sortie du tunnel de Salau.
Itinéraire
oriental : de Toulouse à Foix, Puigcerda, Ripoll et Barcelone
par la vallée de l'Ariège, un souterrain sous le col du
Puymorens, la Cerdagne française et espagnole, un souterrain
sous le col de Tosas, les vallées du rio Ter et du rio Besos,
en Espagne, avec deux gares internationales, l'une en France à
La Tour-de-Carol, l'autre en Espagne à Puigcerda.
Extrait de "Géographie
des chemins de fer français" de H. Lartilleux (Imprimerie
Chaix), édité en 1950.