Les révélations alarmistes concernant la sécurité
des barrages continuent de faire des vagues. Le mensuel « Capital
», dans son numéro de mars, avait surtout stigmatisé
« des fissurations » ou des « fuites importantes »
concernant des ouvrages alpins, tout en mentionnant que la situation
n'était « guère plus brillante dans les Pyrénées
». Ce qui nous avait été confirmé par
voie syndicale. Qui n'avait pas manqué de rappeler l'accident
de Pragnères, en juillet 2002, où l'eau avait emporté
une passerelle et un pylône de téléphérique.
Et déplorait un manque d'entretien de ces retenues d'eau. Soulignant
que les barrages en eux-mêmes ne sont pas dangereux, «
mais plutôt les installations annexes ».
Nouveau rebondissement
dans cette affaire qui a mis en émoi la France entière
: La CGT remettra demain, à Jean-François Astolfi, responsable
national de la production hydraulique, à l'usine de Pragnères,
"un rapport inquiétant" sur l'état des
installations dans les Hautes-pyrénées. « S'il
y avait eu un entretien régulier, Pragnères n'aurait pas
eu besoin de fermer pendant plusieurs mois », note Patrick
Raynaud, responsable CGT, qui « n'observe pas de changement
conséquent dans la politique d'EDF ». Quant au programme
d'investissement de maintenance, engagé pour un montant global
de 500 millions d'euros sur la période 2007-2011, il trouve que
« c'est un cataplasme sur une jambe de bois ». Ce
qui l'interpelle c'est qu'au même moment, « les actions
en bourse ont augmenté de 60 % et que des postes ont été
supprimés à Saint-Lary ».
Secrétaire
du CE de l'unité de production Sud-ouest, Éric Truel note
que dans les Alpes et dans les Pyrénées , «la
même politique a les mêmes effets ». Un épais
dossier, complété de photos, va donc être remis
demain au directeur ainsi qu'aux pouvoirs publics. Un « certain
nombre d'ouvrages » seraient concernés. Sont tout à
la fois dénoncés «un manque de transparence et une
information tronquée ».
La CGT en profite
pour rappeller l'incident qui s'est produit le mercredi 18 avril sur
la retenue de Plan d'Arem (en amont de Saint-Béat) : un clapet
de surface s'est ouvert entraînant une augmentation du débit
dans le lit de la Garonne durant une heure environ. Fort heureusement,
l'accident n'a eu aucune conséquence sur les personnes et sur
les biens. Le syndicat s'interroge également sur les compétences
des sous-traitants qui travaillent sur les installations hydroélectriques.
D'ailleurs, EDF aurait «remercié»à L'Hospitalet,
l'entreprise qui travaillait sur le site, pour cause d' inaptitude.
On savait déjà
que des opérations de maintenance, concernant plusieurs ouvrages,
avaient été reportées. Au fil des rapports internes
ou confidentiels, les informations remontent à la surface.
Auteur
: Josiane Battoue
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La direction : « La sécurité, c'est notre priorité
»
Directeur de l'Unité de production Sud-Ouest (UPSO), Jean Comby
explique que la première priorité d'EDF, c'est la sûreté
des ouvrages et des personnes qui vivent à proximité.
Ils font l'objet d'une surveillance permanente ». Et de rappeler
que les capteurs sont régulièrement analysés. Et
que, de plus, la Drire, autorité de tutelle, effectue une visite
annuelle à laquelle s'ajoute une inspection encore plus approfondie
tous les dix ans, ayant pour objet d'observer la partie immergée
de l'ouvrage, parfois à l'aide de sous-marins. « La majorité
des retenues ayant été construite il y a une cinquantaine
d'années, on a engagé un programme de modernisation comprenant
une centaine de chantiers. Et notamment 30 grands chantiers hydroélectriques
dans le Grand Sud-Ouest représentant 130 millions d'euros. »
Puis d'ajouter : «On a lancé un diagnostic complet de toutes
les installations et des travaux à réaliser. Une analyse
sans complaisance.» Dans les Hautes- Pyrénées, il
cite un certain nombre de retenues qui vont faire l'objet de travaux
: Bordères (reconstruction d'un tronçon du canal). Mais
aussi Gèdre, Lau-Balagnas, Luz, Migouélou, Artigues et
bien entendu Pragnères (42 millions d'euros).
Source
: La
Dépëche du Midi du 6 juin 2007