C'est un incendie de broussailles d'une rare violence qui a démarré
hier, à 14 heures, sur les hauteurs de Senconac. La soixantaine
de pompiers travaillant au sol a reçu le renfort de deux avions.
Le feu a gagné une plantation de résineux.
Branle-bas de combat
hier, en début d'après-midi, chez les sapeurspompiers.
Peu avant 14-heures, un appel téléphonique, transmis au
centre de traitement de l'urgence à Foix, leur signale la présence
d'un front de feu important sur les crêtes qui dominent Senconac.
Lorsque la première équipe des Cabannes arrive sur les
lieux, le feu ravage déjà plusieurs hectares. Très
vite, des renforts sont demandés.
Une heure après
le déclenchement de l'alerte, des dizaines de camions sont déjà
sur les sentiers escarpés qui mènent au foyer.
Deux fronts
distincts
Encore une fois, tous les éléments constatés sur
le terrain concordent pour dire qu'il s'agit d'un acte criminel. Les
pompiers se retrouvent face à plusieurs départs de feu.
Le premier front,
long d'environ 400-mètres, ne semble pas embêtant, il se
dirige vers une crête où la végétation est
inexistante. L'autre front, par contre, pose de réelles inquiétudes
aux hommes du lieutenant-colonel Théron, présent sur les
lieux.
En l'espace de
quelques heures, le feu se propage sur toute la colline. Vers 15-h-30,
il commence à lécher une sapinière récemment
plantée. La sapinière est attaquée en une fraction
de seconde. Les plantations sont jeunes, donc très fragiles.
Cette plantation
a été réalisée pour protéger le village
de chutes de rochers.
«L'intervention
est de plus en plus difficile pour tous les intervenants», expliquait,
en fin d'après-midi, le patron des pompiers ariégeois,
«les trackers de Marignane connaissent les pires difficultés
pour larguer le retardant au coeur du foyer.
Les pilotes sont
gênés par le vent qui souffle à plus de 60-km/h
et la fumée, très épaisse».
Plus d'une centaine
d'hectares
Attisé par ce vent, parfois très soutenu, le feu progresse
vite. Les équipes au sol, armés de gros porteurs d'eau
sont confrontées à des difficultés topographiques.
Les engins ne peuvent pas passer partout, ce qui nécessite l'établissement
de longues lances à travers la roche brûlante.
Tandis que les
trackers s'affairent sur la tête du front de feu le plus important
(plus de 600-mètres), les pompiers luttent contre les reprises
afin d'éviter que les flammes ne sautent plus bas et qu'elles
ne se dirigent vers une zone habitée.
Deux groupes d'attaque
sont disposés sur le terrain pour contenir l'évolution
rapide du sinistre. Ils se composent de pompiers de Luzenac, Foix, les
Cabannes, Tarascon-surAriège, Auzat, Varilhes, Laroque-d'Olmes,
Lavelanet et de ceux du Mas-d'Azil.
Un poste de commandement
est établi à quelques centaines de mètres des foyers.
Il dirige la manuvre des pilotes des trackers et des hommes au sol.
«On peut
craindre le pire», lançait même un pompier en
fin de journée. Alors qu'il pensait avoir éteint une partie
du feu, celui ci a repris quelques dizaines de mètres plus loin.
Les pompiers ont
débuté l'opération à 14-heures. Ils s'apprêtaient,
au moment où nous écrivions ces lignes, à passer
une bonne partie de la nuit sur le site.
Les gendarmes des
Cabannes étaient également présents sur les lieux
pour tenter de trouver les causes de ce feu.
Auteurs
: Raymond DEDIEU et Patrice BOUSCARRUT.
Source
: La
Dépêche du Midi du 29 février 2000