ECOBUAGE
Historique
Pour bien comprendre le phénomène de cette pratique ancestrale qu’est l’écobuage dans les Pyrénées, il est indispensable d’en connaître l’historique.
«Le terme écobuage est
employé habituellement pour définir la pratique traditionnelle de mise à feu
des pâturages, largement employée dans les Pyrénées. Au sens premier, il s’agit
en fait d’une méthode de mise en culture des landes et prairies, par enlèvement
à la houe et calcination de la couche superficielle du sol. L’usage du mot écobuage
est un glissement de sens qui a été imposé au 19ème siècle par
l’administration forestière.
«Depuis les origines du
pastoralisme, le feu a été un outil incontournable de construction et
d’entretien des espaces pastoraux. En effet, le défrichement des sols pauvres,
du Néolithique jusqu’aux derniers déboisements des 18ème et 19ème
siècles, a abouti dans la majorité des cas à des landes où dominent les plantes
ligneuses au détriment des herbacées.
«Dans les Pyrénées, on trouve
en estives les landes à bruyères (Callune ou Bruyère vagabonde) et myrtilles,
ou à genêt purgatif (dans la partie
méditerranéenne) ; Dans les parties basses dominent les landes à fougères,
genêts à balaie, ajoncs.
«L’action du troupeau à lui
seul ne suffit pas à maintenir en pelouse les pâturages, et l’écobuage
périodique, qui se pratique de l’automne jusqu’au début du printemps, permet la
destruction temporaire des ligneux et favorise la repousse des plantes
fourragères, qui sont peu touchées par le feu. Pour protéger les boisements,
l’administration forestière s’est fermement opposée dès le début à cette
pratique : l’Ordonnance des Eaux et Forêts de 1669 prévoyait la
condamnation au fouet pour les incendiaires de landes, et les galères en cas de
récidives.
«Pourtant, dès la fin du 19ème
siècle, les forestiers chargés des améliorations pastorales durent admettre la
logique agronomique du feu, et l’intégrer parmi les techniques qu’ils
utilisaient. Aujourd’hui, l’écobuage n’est pas interdit, mais il est réglementé
dans chaque département par des arrêtés préfectoraux. Au cours des dernières
décennies, la diminution de la pression pastorale, de la main d’œuvre
disponible et l’enfrichement des pâturages ont changé les conditions des mises
à feu, accroissant les risques.
«Des actions ont donc été menées depuis la fin des années 1980, dans chaque département des Pyrénées, pour mieux maîtriser l’usage du feu dans l’aménagement pastoral et améliorer les techniques : commissions locales de concertation, cellules de brûlage dirigé. »
(J.P Métaillé – Extrait du «Dictionnaire des
Pyrénées» sous la direction d’André Lévy – Ed. Privat – ISBN : 2 7089 6817
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