OURS HORS LA LOI......DANS LES PYRENEES

 

 

L'hibernation de cet hiver n'aura pas eu pour effet de calmer les esprits. Il est vrai que l'un des oursons de Melba a oublié  d'hiberner du côté d'Orlu contrairement à sa sœur.

La polémique ? Pour les ariégeois il n'y en a pas. Les ours doivent disparaître. Et tous les problèmes seront résolus. Les choses sont claires. Ce principe, le député ariégeois Augustin BONREPAUX (après hibernation un tel nom ne s'invente pas) l'a adopté. Le projet de loi sur la chasse voté par les députés et transmis au Sénat est sans appel :

"Compte tenu des perturbations que génèrent les ours de Slovénie réintroduits en 1996 dans les Pyrénées, il sera procédé à leur capture"

Et oui, ils n'avaient qu'à se bien tenir. Même leur progéniture sont concernés. Donc pas de détail.

Il est vrai que l'ami Augustin sait de quoi il parle. Issu du fond de l'Ariège, il sait ce que menace des montagnards (au sens noble de habitants des montagnes) et des bergers veut dire. Pas moins de 69 communes de l'Ariège et de la Haute-Garonne ont adoptés des délibérations exigeant la capture des plantigrades. Le conseiller régional socialiste résume la situation en ces termes :

"L'ours n'a fait qu'aggraver les problèmes du pastoralisme extensif pratiqué dans nos montagnes"

Le directeur de l'association Artus à l'origine de cette réintroduction, Roland Guichard lui répond :

"C'est de l'obscurantisme. (...) Les élus devraient comprendre que l'ours est une chance, un appel au tourisme. ils feraient mieux de se battre pour obtenir des subventions (NDR : ben pourquoi pas ? Qui paie ? le contribuable ?) et des postes de bergers"

Mais est-ce vraiment ce que veulent les populations ? Encore vivre au crochet de la collectivité nationale ! pas très valorisant cette démarche. D'ailleurs le porte parole des VERTS, Denis Baupin, pas plus convainquant que convaincu  lance :

"un appel à la raison aux députés pour qu'ils reviennent sur cet amendement contre-nature".

Et oui. le brave homme ne se pose pas la question e savoir si pour le berger il est ou non contre-nature de se faire bouffer son troupeau par des ours. Ni s'il est normal que des populations entières vivent au crochet de la collectivité via des subventions pour en faire des auxiliaires bas de gamme du fonctionnariat.

Mais Augustin BONREPEAUX lui sait. En effet, cette affaire intervient quelques jours après le dépôt d'un rapport au Conseil national de la Montagne établi sous sa direction, qui demande la fin des divagations des 6 ours (ou peut être plus) installés dans les Pyrénées Centrales. Augustin BONREPEAUX précisait lundi dernier :

"L'ours est un luxe que la montagne pyrénéenne ne peut pas se payer. (...) En l'état actuel, la cohabitation entre l'ours et le pastoralisme pyrénéen est impossible."

Ce rapport de 13 pages est implacable. En se basant sur la réalité du terrain, le réquisitoire est sans appel. Non seulement l'ours y est accusé de destruction de dizaines d'animaux mais en plus il coûte cher. Pas moins de 5 millions de francs par an et n'apporte strictement rien sur le plan économique et touristique local.  D'ailleurs, prétendre que l'ours peut favoriser le tourisme est autant un leurre qu'un mensonge ou une manœuvre intellectuelle. Comme,nt peut on faire coexister des ours dont la présence nécessite le calme avec des touristes qui par définition (et on le dit pour d(autres espèces) sont dérangeant ? Il faudrait nous expliquer.

Comment peut on imaginer un ours carnivore apparemment dangereux avec des touristes non avertis ? En Alaska, il est recommander aux randonneurs de partir avec une arme. Ici on croit autant au père Noël qu'au pacifisme d'un animal sauvage. Comment expliquez vous ça ?

D'ailleurs ce rapport au Conseil national de la Montagne poursuit en critiquant sans ménagement la conduite de l'Etat. Il est précisé :

"Cette opération (de réintroduction) est illégale car elle ne respecte pas la convention de Berne qui impose de vérifier son caractère efficace et acceptable sur le terrain."..."En plus, la présence de l'ours a été imposée à de nombreuses communes qui n'avaient pas été consultées"

Evidemment, puisque les ours étaient prévus pour la commune de MELLES alors que les vilains se sont échappés à plusieurs centaine de kilomètres de là sans demander l'avis aux technocrates et chercheurs locaux. Quelle imprudence !

Il suffit de lire les déclarations de Philippe PAUWELS; qui supervise l'opération ours à al DIREN Midi-Pyrénées (Direction régionale de l'Environnement, service déconcentré du Ministère de l'environnement) :

"C'est vrai que la présence de l'ours et le pastoralisme sont incompatible en l'état"

On aurait pu y penser avant. Mais selon le moment ou le lieu "l'obscurantisme" dont parle le directeur d'Altus n'est pas forcément au même endroit. Et le représentant de la DIREN précise :

"En Ariège, les troupeaux ne sont pas gardés et livrés à l'opportunisme des ours"..."Mes les mesures d'accompagnements doivent prouver que cette cohabitation est possible"

Et on apprend que 6 millions de francs ont été débloqués par l'Etat pour la seule année 2 000 (soit 1 MF de plus que les années précédentes), pour créer des postes de bergers (encore faut-il qu'il est des candidats et des structures d'accueils appropriés en montagne car on ne vit plus comme au siècle dernier dans les orries), l'achat de chiens (comme si on entrouvre comme ça sur simple décret ministériel, tout prêt au travail pour l'été prochain) ou de parcs (un parc seul n'empêchera pas l'ours de se servir au frigo) et l'indemnisation des bergers victimes de l'ours (en fait, ils élèvent de la viande pour ours). Le Préfet de l'Ariège, Philippe ZELLER, nous apprend ces mesures maintenant. Curieux non ? On aurait pas pu le prévoir avant la réintroduction ? Et non puisque ces satanés bestioles devaient rester à MELLES. Quelle indisciplines !

Attendons la suite des opérations surtout la discussion au Sénat et le retour à l'Assemblée Nationale. Mais à quelques mois des élections municipales, il est fort probable que l'affaire soit entendu. Nous entrons dans une période où le rationnel politique laisse la place à l'irrationnel réaliste.

La seule chose que l'Etat est bien fait dans les Pyrénées, c'est le classement du Haut Louron pour empêcher le passage de la THT avec l'aide d'Alain JUPE (et oui ! surprenant non ?) et contre l'avis du "vert" Patrice de Bellefon qui était contre en Commission départementale des sites. Curieux non ? Et le même Patrice de Bellefon qui, selon le Maire et Conseiller général de Luz, se dit favorable à l'arrivée d'un téléporté au Col de Boucharo en pleine zone centrale du Parc nationale des Pyrénées et à proximité du Parc National d'Ordessa (Espagne). Curieux !!!???

 


Et la Ministre Dominique VOYNET ?

Elle appelle au dialogue ! Pas trop tard ???

Dans une interview oubliée par la Dépêche du Midi ce jeudi 30 mars 2000 elle précise que "au départ, il y a eu une certaine légèreté des pouvoirs publics." Elle estime que"la démarche de dialogue avec les populations, gage du succès de la réintroduction des ours, a été négligée".

Pour elle, son prédécesseur, Michel BARNIER,  "a fait certes un coup politique mais sans le véritable souci d'une démarche (…) susceptible d'emporter la conviction des élus locaux". "J'ai l'impression qu'on a, dans le passé, consacré davantage d'argent à accompagner la présence de l'ours qu'à convaincre les habitants".

Voilà des propos qui ne manquent pas d'un certain culot. Dans l'échec, il est facile de faire porter le chapeau à son prédécesseur. Mais je ne me souviens pas qu'à cette époque, il y ait eu de la part de Madame VOYNET et de ses amis des associations d'écologistes, beaucoup de voix qui se soient élevées contre cette initiative. Bien au contraire. Quant à la politique d'accompagnement, je pense que le Ministre est entouré de techniciens. Qu'on dit et fait ces techniciens ? Uniquement s'imaginer que les ours allaient rester autour de Melles que de bons animaux de fermes. Quant à l'argent dépensé et sa destination, Madame la Ministre, ajustez votre discours à celui de votre représentant départemental : le Préfet. Qui décide des affectations de l'argent de l'Etat si ce n'est vous ?

Pour la suite des opérations, elle précise en conclusion :

"Si la circulaire à l'intention des gardes de l'Office national de la chasse, relative à la capture et au déplacement des ours, entre en vigueur rapidement, il n'y aura pas de raison de garder l'amendement Bonrepaux dans un texte de loi".

Doit-on comprendre que déjà tout est prêt pour la capture ?


En conclusion : au 5 avril 1996, la loi a été votée en première lecture à l'Assemblée Nationale mais l'article 1 (amendement) étant mal rédigé, seul un ours pourrait être concerné mais il a élu comicile en Espagne (encore un imigré sans papier...???). Par la suite cet amendement fut retiré.

Jeudi 6 avril : La revanche de Dominique VOYNET : L'ours d'Orlu vient se régaler dans les ruches du député Augustin BONREPAUX. Un metteur en scène aurait voulu le faire faire, il n'y serait pas parvenu.

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