Jean-Louis Joseph ne cache pas son enthousiasme. Le président
de la Fédération des parcs naturels régionaux (il
est le président du parc du Luberon et maire de La Bastidonne
dans le Vaucluse) se félicite du succès des parcs : "En
France à ce jour, il y a 20 projets de parcs naturels. D'ici
2020, nous devrions passer de 48 parcs à 65. À notre congrès
en Chartreuse, neuf délégations de pays étrangers
seront là pour connaître la recette de la réussite
des parcs français".
Les parcs gagnent
des habitants
Cette recette, c'est selon lui la gouvernance des parcs, à travers
leur charte, qui associe élus, scientifiques, habitants etc.Venus
du Maroc, de Norvège ou du Brésil, les étrangers
s'inspireront de ce "label envié" comme l'affirme Jean-Louis
Joseph. "Mais avec 65 parcs" tempère-t-il "nous
ne ferons qu'atteindre la moyenne européenne de 20 % du territoire
national". Aujourd'hui, ce sont 13 % de l'espace français
qui sont protégés : "Les parcs ne sont pas des
sanctuaires" insiste Jean-Louis Joseph "mais au contraire
des territoires de développement et d'innovation".
L'innovation justement,
c'est le thème du congrès en Chartreuse : "Nous
n'avons pas attendu que la question du réchauffement climatique
soit sur le devant de la scène pour y réfléchir
et agir" soutient le président du parc du Luberon.
Alors, innover
dans un parc naturel régional, qu'est-ce que cela signifie ?
"Par exemple, c'est créer des circuits courts dans le
domaine agricole en rapprochant l'exploitant et le consommateur"
explique-t-il. Partout en France, des projets de cette nature fleurissent.
Là, on crée des marchés paysans, ailleurs est mis
en place un circuit "de la ferme à la cantine".
C'est ce que l'on a baptisé l'économie présentielle
locale.
"D'une
façon générale, toutes les innovations visent à
allier économie, écologie et patrimoine" ajoute
Jean-Louis Joseph. Et aucun domaine n'est écarté. Ainsi
l'innovation en matière d'urbanisme monte en puissance : "Il
faut savoir que les parcs après avoir perdu des habitants en
gagnent désormais. Les populations urbaines viennent vivre dans
les villes et villages compris dans les parcs. Il faut se préparer
à cela".
La question des
déplacements, des liens entre la ville et les territoires des
parcs sont également au centre des préoccupations. Comme
celle du tourisme : "Les parcs ont aussi bâti leur succès
sur le tourisme doux, un tourisme de découverte qui contraste
avec le tourisme de masse" admet le président des parcs
naturels régionaux.
Alors les parcs
sont-ils assurés d'un avenir radieux ? "Il y a bien quelques
projets gouvernementaux qui nous inquiètent sérieusement"
reconnaît Jean-Louis Joseph. Notamment celui du Grand Paris piloté
par Christian Blanc. La loi sur le Grand Paris serait "supérieure"
aux chartes des parcs d'Ile-de-France. Ainsi, il en serait fini de l'association
obligatoire des parcs dans les prises de décision. Une autre
disposition sur les carrières menace également les parcs.
À l'avenir, leur exploitation se passerait de l'avis des parcs.
Dans les allées
du congrès, ces sujets alimenteront les conversations. D'autant
que deux ministres, Chantal Jouanno, secrétaire d'État
à l'Écologie et Michel Mercier, ministre de l'Espace rural
et de l'aménagement du territoire s'exprimeront devant le millier
de congressistes attendus.
Source
: Le
Dauphiné Libéré du 30 septembre 2009