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Si nous recherchons
dans le Littré, édition de 1878, nous pouvons constater
que les mots comme "pyrénéiste", "pyrénéisme"et
"estive" n'existent pas. Ce n'est pas pour autant que les
Pyrénées étaient absentes de la géographie.
Par contre, on peut lire :
- "Alpage"
: droit de faire paître des troupeaux dans les alpes.
En Suisse on appelle "alpe" tout droit de pâturage
de la montagne.
- "Alpes"
(au pluriel) : nom de la chaîne de montagne qui sépare
la France et l'Italie. Le mot ALPES s'emploie aussi dans le langage
géographique pour désigner toutes contrées montagneuses.
Etymologie : les Alpes. Servius, à l'occasion d'un vers de
l'Enéide, IV, 442, dit que Alpes signifie en gaulois, montagnes
élevées. Rien ne paraît contredire cette étymologie.
En kimri, alp, roche escarpée.
En lisant cette
édition du Littré, nous pourrions déjà croire
que Gavarnie est au centre des alpes des Pyrénées. Allons
plus loin encore.
- "Alpestre"
:
- qui est
propre, qui a rapport aux Alpes
- en termes
de botanique, se dit des plantes qui croissent sur des montagnes
peu élevées ou sur la partie moyenne des hautes
montagnes.
Voilà qui
ne manque pas de piquant. A cette époque, apparemment, on ne
connaissait pas les plantes endémiques de nos Pyrénées.
Mais continuons à parcourir le Litré de 1878...
Nous avons vu qu'en
kimri, le mot alp signifie "roche escarpée". Mais qu'est-ce
donc que le kimri ?
- "Kimri"
ou kimrique (adj). L'idiome kimrique ou, substantivement, le kimrique,
idiome celtique qui a trois dialectes principaux :
- Le welsh,
ou gallois, de kimrique proprement dit, parlé au de Pays
de Galle (Grande Bretagne)
- Le cormique
de la Cornouaille en Angleterre (il est éteint)
- L'armoricain
ou bas-breton parlé en France dans la Bretagne.
Revenons à
la lettre A :
- "Alpin
- ine" : Adj., qui croît ou habite ou se trouve sur
les Alpes et, par extension, sur les hautes montagnes. Plantes alpines,
prairies alpines, rochers alpins. Comme ces plantes alpines dont la
racine est plongée dans les glaces éternelles...
Nous n'allons pas
en rester là. Visitons les P (sans jeu de mots) du Littré
de 1878. "P" comme Pyrénées.
- "Pyrène"
: produit de distillation du bois ; il se trouve dans l'huile
de charbon de terre.
- "Pyrénéen"
(adj.) : qui se rapporte aux Pyrénées. Les vallées
pyrénéennes.
- "Pyrénéite"
: variété de grenat originaire des Pyrénées.
C'est
tout. C'est fini.
NON. Poursuivons dans le temps et télétransportons nous
dans le Larousse de 1972.
- "Alpage"
: prairie naturelle aux herbes courtes dans les hautes montagnes,
au-dessus de la limite de la forêt : les alpages servent de
pâturage aux troupeaux pendant la belle saison.
Nota : le
terme "belle saison" pourrait, aujourd'hui, vouloir
dire pour des jeunes citadins "hiver", "ski"...
alors que l'été signifie pour eux "plage". On
voit qu'avec le changement des formes de vie, des termes et expressions
peuvent prêter à confusion. En 1972, encore, la belle saison
signifie "après la fonte de la neige", de la fin du
printemps au début de l'automne.
- "Alpe"
(nom singulier, féminin) : synonyme d'alpage
- "Alpestre"
(Adj.) Particulière aux Alpes
- "Alpiniste"
: qui pratique l'alpinisme
- "Alpinisme"
: sport des ascensions en montagne
Si nous pouvons
constater que ce nom n'apparaissait pas au Littré de 1878, nous
pouvons remarquer qu'il est apparu dans le Nouveau Larousse Illustré
de 1898.
- "Alpin"
(latin alpinus) : qui vit, qui croît sur les Alpes ou
sur
les hautes montagnes : plantes alpines.// qui a rapport aux Alpes,
aux montagnes : club alpin. Se dit des mouvements orogéniques
du tertiaire et de formes de relief qu'ils ont engendrés :
plissement alpin, chaîne alpine.// Chasseurs alpins : fantassins
des troupes de montagne.
- "Alpes"
: le plus grand massif montagneux d'Europe. mais on dit aussi
: Alpes australiennes, alpes néo-zélandaises, alpes
scandinaves.
Et comme un
siècle avant, allons à la lettre "P" comme Pyrénées.
Et là, nous découvrons des choses simples...
- "Pyrénéen"
: Adj.
des Pyrénées
- "Pyrénéite"
: grenat noir des Pyrénées
- "Pyrénées"
: chaîne de montagne.
Mais point de
pyrénéisme chez Larousse, de pyrénéiste
ou d'estive, ces pâturages où nos bergers et vachers conduisent
leurs troupeaux.
Toute fois, on voit apparaître le nom de "pyrénéisme"
dans le Petit Robert de 1985 et "estive"dans l'édition
de 2002 du Petit Larousse.
Qu'en conclure
? Depuis le Larousse de 1972 et le Petit Robert de 1985 peut de
choses ont évoluées tant du côté des Académiciens
que du côté des auteurs de nos dictionnaires préférés.
Alors chacun y va de sa définition.
Sur l'AlpiListe (repris par Pascal KOBER dans l'ALPE,
n°6 ) je disais sur un ton un peu provocateur "le
mot alpinisme apparaît dans le Petit Larousse avec cette
définition : "Sport des ascensions en montagne"
qui semble balayer tous les autres mots qui pourraient ou voudraient
dire la même chose tel que "andinisme", "himalayisme"
ou "pyrénéisme" couremment utilisés".
Le même problème existe en espagnol.
Au Chili, selon Alexis DEMANGEOT, nous dit : "seul le
mot "andinismo" est compris" et il précise
que "pour les grimpeurs du coin (au Chili), un alpiniste,
c'est un petit gars qui grimpe dans un jardin". Le mot
"montanismo" signifiant de manière plus générale
celui qui fait de la montagne.
Daniel TAUPIN rappelle
que le mot "montanismo" est utilisé dans les
pays hispanophones comme le mot "alpinisme". Il est
d'ailleurs souvent rattaché au nom des clubs. Mais c'est
le même cas pour le terme "andinismo". Il semble
donc que les deux noms soient utilisés.
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Selon Sylvain JOUTY (Dictionnaire de la Montagne à paraître
chez Arthaud), le mot "pyrénéisme" serait
rentré dans le Petit Robert qu'en 1985. Il précise
"le mot alpinisme apparaît dans un dictionnaire
en 1898 (le Nouveau Larousse Illustré). Ce terme est devenu
générique pour toute ascension en montagne, qu'il
s'agisse des Alpes, le l'Himalaya ou d'ailleurs. Malgré
quelque localisation ("Pyrénéisme", "Andinisme"
ou "Himalayisme" voire, en Pologne, "Tatrisme"),
cette hégémonie alpine, si elle est relativement
conforma à l'histoire (pourtant des traditions d'alpinisme
sont nées sans grand rapport avec ce qui se passait dans
les Alpes, aux Etats-Unis par exemple), devient moins confortable
alors que l'essentiel, en matière d'alpinisme, ne se déroule
plus dans les Alpes. Les anglophones disent mountaineering mais
en France, le terme montagnisme n'a jamais pris. Quant à
la randonnée, nom moderne de la pratique de la marche de
loisir, qu'elle se déroule ou non en montagne, malgré
une étymologie désastreuse ("course impétueuse"),
on aurait pu préférer les termes, hier employés,
mais il est vrai plus lourd, d'excursionnisme (utilisé
par les Espagnols, les Catalans et les Italiens) ou de pédestrianisme."
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En consultant le
Grand Robert, il ne s'étend pas particulièrement sur le
mot "pyrénéisme" : 1898 Beraldi in Petiot; birénisme
au 19e Siècle; de Pyrénées d'après alpinisme.
Def : Alpinisme pratiqué dans les Pyrénées.
Paul Bessière écrit : " Les spécialistes
peuvent parler de pyrénéisme, d'himalayisme, d'andinisme,
il s'agit bien de la même action de gravir les montagnes par leurs
parois, par leurs arêtes, ou en combinant les unes et les autres."
- L'alpinisme p.50
A noter que dans les Hautes-Pyrénées, le terme "excursion"
était employé dans les clubs, et le plus ancien d'entre
eux à Tarbes, s'appelle toujours "Société
Tarbaise d'Excursion et de Sports d'hiver" (STESH).
En guise de
conclusion, nous pouvons dire qu'avec le temps, la langue évolue
et que le nom de "PYRENEISME" commence à s'imposer
plus en terme de culture et de comportement qu'en terme de pratique
sportive de loisir ou autre. Mais le débat reste ouvert encore
pour de nombreuses années.
Voir également
sur PYRENE
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