Le début du secours public
La tragédie Vincendon et Henry, noël 1956, met en lumière
l'intérêt de disposer d'un organisme unique de secours,
au sein d'un service public. Jusqu'à cette date, dans pratiquement
tous les départements de montagne, le secours était organisé
par des bénévoles le plus souvent établis sur les
territoires de montagne, réunis au sein de sociétés
de secours en montagne. Ces sociétés étaient composées
de guides, de montagnards locaux et dans certains cas de CRS. Les clubs
n'avaient pratiquement pas d'influence sur ces sociétés.
C'est le cas dans les Hautes-Pyrénées où la Société
de secours en montagne (qui existe toujours) était essentiellement
dirigée par des acteurs du tourisme et non du sport.
Le 21 août
1958, une circulaire impose aux Préfets d'organiser le secours
en montagne et d'élaborer un plan spécialisé de
secours. En
savoir plus sur le plan législatif
Le 1er Juin 1957, Lieutenant de gendarmerie Pigalio est détaché
pour " assurer le commandement et la direction des groupes participant
aux opérations de secours, seul ou en collaboration avec d'autres
organismes ( guides, ENSA, EMHM). Il propose la création d'une
petite unité. Ce sera le Groupe Spécialisé de Haute
Montagne crée le 1er novembre 1958. " - Voir
l'histoire du PGHM de Chamonix
Si le PGHM de Chamonix
est le premier du genre en étant créé en 1958 (à
l'origine groupe puis Peloton spécialisé de haute montagne),
les CRS participent au secours en montagne depuis 1948, ces compagnies
de policiers étaient engagées à l'origine en renfort
lors d'accidents importants, comme par exemple l'accident du Malabar
Princess sur le Mont-Blanc. Le 4 janvier 1955, les CRS avaient déjà
créé leur propre Centre national d'entraînement
à l'alpinisme et au ski (CNEAS). Il a été dirigé
par Piguillem, l'inventeur de la "perche" brancard.
L'hélicoptère
Utilisé pour la première fois au mont-Blanc en 1956 (Vincendon
et Henry), l'appareil de marque Sikorsky
s'écrasa. Il s'agissait en fait des premiers numéros,
pour ne pas dire des prototypes de cet appareil dont on connaissait
encore mal la maîtrise. Pourtant, avec l'arrivée de l'Alouette
II puis III, il sera rapidement vu comme un outil primordial pour intervenir
quelques minutes après l'alerte.
L'arrivée de l'Alouette II ne s'est pas fait immédiatement.
Il a fallu former des secouristes professionnels et les équiper.
Les premiers secours se faisaient encore à pied par caravanes
terrestre parfois renforcées par des équipes de bénévoles
de sociétés de secours en montagne toujours existantes.
Le 1er vol de l'ancêtre de l'Alouette II eu lieu sur le terrain
du Buc le 12 mars 1955, piloté par Jean Boulet et Henri Petit,
avec une Artouste II de 360 ch. Pourquoi Artouste ? Parce que la motorisation
a été mise au point par la Société Turboméca
installée aux pieds de la vallée d'Ossau dans les Pyrénées-Atlantiques
(il existe d'ailleurs un CAF Turboméca). Il existe également
une turbine Astazou du nom d'un sommet du Cirque de Gavarnie.
Le 3 janvier 1956 c'est une Alouette II qui allait au secours de l'équipage
du Sikorsky S-58 qui s'était écrasé pour tenter
de récupérer Vincendon et Henry.
Sorti d'usine 13 mois seulement après le premier prototype, le
premier appareil de série fut livré à l'Armée
de l'Air. En avril 1957 une Alouette II de l'Armée de l'Air accompagne
l'expédition Paul-Émile Victor au Groenland. Le premier
client militaire étranger avec un appareil livré dès
août 1957 est le Portugal. L'armée de terre française
dont la Gendarmerie sera équipée plus tard notamment pour
le secours en montagne.
En savoir plus
sur l'Alouette
II et l'Alouette
III
Le treuil
Dans les années 60, le treuil hydraulique s'avère inefficace
du fait du gel. En 1967, le treuil mécanique fait son apparition
sur les hélicoptères. Trois ans plus tard, le treuillage
des secouristes sur zone et l'évacuation des victimes par le
même mode deviennent systématiques.
Le treuil manuel
en paroi était lourd. Il faudra attendre la fin des années
60 pour que les équipes de secouristes soient équipés
d'un treuil "terrestre" plus léger et relativement
transportable avec câble métallique et non des cordes.
Il s'agit du treuil Balarin, du nom de son inventeur Bernard Balarin,
guide de haute montagne, qui était au CAF de Lourdes et venait
de rentrer au PGHM d'Argelès-Gazost (aujourd'hui Pierrefitte-Nestalas)
dans les Hautes-Pyrénées. Bernard Balarin a terminé
sa carrière de secouriste en montagne à la section montagne
de la CRS 29 à Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Il
est décédé en 2007 des suites d'une longue maladie.
C'est son treuil qui est l'ancêtre des treuils actuellement utilisés.
La médicalisation
Dernière étape de l'évolution du secours en montagne,
elle apparaît et se systématise en 1973 avec les médecins
des Samu. Aujourd'hui, les médecins urgentistes spécialisés
dans le secours en montagne accompagnent les secouristes dans leurs
missions. C'est le SAMU de Toulouse, sous l'impulsion du Professeur
Louis Lareng, qui a innové dans ce domaine. Les premières
médicalisations ont donc étaient pour les Pyrénées
et notamment les Hautes-Pyrénées depuis les SAMU de Tarbes
et Toulouse. Par la suite le système s'est étendu à
tous les massifs.
Le premier Samu
est créé en 1968 à Toulouse par le professeur Louis
Lareng, afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes
préhospitalières (Smur) et les services d'urgence hospitaliers.
Les samus seront officialisés en 1976, mais il faudra attendre
1979 pour que le samu reçoive directement les appels du public.
En
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