La survie - Les
abris de fortunes
Le terme de "survie" a plusieurs significations. Nous en
retiendrons deux issues du dictionnaire Larousse :
"Continuer à
vivre"
"Etat de celui qui survit à un autre - Vie
future, prolongement de l'existence au-delà de la mort"
On voit clairement qu'il s'agit de la situation où le montagnard est
tombé dans un "piège" et dont il doit se sortir pour continuer à vivre.
En dehors de l'aspect moral qui impose de "ne jamais
abandonner" il faut aussi être capable d'utiliser des moyens de survie en cas de
difficulté c'est à dire assurer sa sécurité et celle du groupe. Il est indispensable
d'avoir le geste et la réaction qui sauvera. Le plus souvent c'est la mise à l'abri du
groupe ou de soi-même dans un lieu sécurisé hors des dangers d'avalanches. A défaut de
refuge ou cabane, il conviendra d'aménager un abri de survie et d'y organiser la vie en
attendant les secours ou de pouvoir s'évacuer par ses propres moyens. Une telle situation
peut se trouver autant en moyenne qu'en haute montagne voir même à proximité d'une
station de ski ou d'un village.
Le froid, le vent et l'humidité sont trois éléments souvent
combinés en hiver sont des facteurs déterminant pour survivre ou non. D'où l'importance
du matériel et de l'équipement (voir plus haut chapitre
), des grands
principes de l'isolation (voir également dans le chapitre consacré au matériel et fond
de sac) et de la connaissance des différents types d'abris.
Pour la fabrication d'un abri de fortune, il faut savoir être
opportuniste en s'adaptant rapidement à l'environnement dans lequel on se trouve.
Toutefois nous retiendrons quatre grands principes que nous qualifierons de fondamentaux :
- S'adapter au milieu dans lequel on se trouve.
On s'organisera différemment en
moyenne montagne qu'en haute montagne. En moyenne montagne on pourra éventuellement
trouver une grange (chalet d'alpage ou grange forraine ou d'estive), bergerie, forêt,
toue ou orrie, brannchage, etc
alors qu'en haute montagne on ne disposera (à
défaut de refuge bien entendu) que de la neige.
- La mise en uvre rapide de l'abri.
Il est indispensable, en situation de survie
de se mettre le plus rapidement possible à l'abri en limitant au maximum les efforts
physiques. Il sera, par exemple, plus facile de creuser un trou dans une pente enneigée
(atention aux risques d'avalanche) que de construire un igloo ou faire une tranchée sur
un terrain plat (attention aux lacs).
- Savoir choisir l'emplacement.
Un abri de fortune doit se faire en fonction des
dangers objectifs tel qu'avalanches, crevasses, lacs, etc
et des vents dominants.
- Savoir évaluer la taille de l'abri.
Afin de conserver au mieux la chaleur, il ne
doit pas être démesuré par rapport au nombre d'occupants mais néanmoins suffisamment
grand pour recevoir le groupe. Il est toujours souhaitable de ne pas diviser le groupe
quoique s'il est trop important, on veillera à faire plusieurs abris suffisament proches
pour créer l'unité de groupe.
Il n'y a pas de régles établies pour choisir un type d'abri. Tout
dépendra des quatre principes ci-dessus. On se limitera donc à donner quelques idées
d'abris.
- En forêt. Il faut distinguer la forêt de feuillus (qui n'a plus de feuilles l'hiver)
et de résineux (hors mélézes). Les arbres de la forêt sont d'excellents "coupe
vent". C'est encore mieux dans une forêt de pins ou de sapins. Contrairement aux
feuillus, les pins et sapins constituent des abris grâce à leur végétation. Le pied
des arbres constitue des sortes de "fosses" avec une accumulation de neige tout
au tour. En basse altitude ou lors d'hivers peu ennneigés, la base du résineux peut
être même dépourvue de neige. Il est aussi possible de couper des jeunes branches de
pins ou sapins pour constituer un matelas isolant du froid ou pour renforcer un abri. En
fonction des vents dominants, on peiut également s'abriter derrière un tronc d'arbre ou
faire un trou dans la neige derrière le tronc.
- Hors forêt. Tout dépendra de la quantité de neige. S'il y a peu de neige, on
utilisera tous les trous possibles tel que : fossé, congére derriére un caillou ou un
mur. S'il y a beaucoup de neige, et c'est généralement le cas en haute montagne, on fera
un trou dans une congére ou dans une pente enneigée, une tranchée ou un igloo.
La neige est un bon isolant dont on doit savoir profiter. Les esquimaud
savent l'utiliser. Toutefois pour construire un igloo il faut une neige adéquate et
disposer d'un certain temps. Cette solution ne sera donc pas toujour possible dans les cas
d'urgence. On choisira donc la construction d'un abri plus rapide tel que :
- Un trou sous forme de grotte dans une pente de neige ou une corniche pour une ou
plusieurs personnes allongées ou en position ftale. Avant de s'engager à faire le
trou, il est fortement recommender de sonder au préalable (hors de la recherche en
avalanche, la sonde trouve ici son utilité) pour s'assurer que l'on dispose de
suffisemment d'épaisseur de neige.
- La tranchée, souvent utilisée par les troupes alpines, est facile à réaliser
(toujours vérifier l'épaisseur de neige avec une sonde) surtout sur le plat. La faire le
plus étroit possible en haut (à la surface de la neige) en creusant de plus en plus sur
les côtés au fur et à mesure que l'on s'enfonce. Il suffira de mettre quelques blocs de
neige sur le haut de la tranchée pour la refermer et ainsi disposer d'un
"igloo".
- L'igloo traditionnel construit avec des blocs de neige suffisemment compactes. Cette
technique nécessite du temps et un entrainement (2 à 3 heures pour faire un igloo pour 2
ou 3 personnes).
Dans tous les cas, essayez de faire une fosse à froid. En effet, l'air
froid étant plus lourd que l'air chaud, il est préférable d'être allongé légérement
plus haut que la surface du sol. Certains feront cette fosse à froid au milieu de l'abri
(en dormant de part et d'autre), autour de l'abri ou encore mieux à l'entrée de l'abri.
Pour éviter une entrée d'air trop importante surtout lorsqu'il y a du vent, on peut
faire un sas d'entrée sous la forme d'un tunel.
Tous ces abris de fortune ne sont pas sans inconvénients. On peut
citer :
- L'utilisation de la couverture de survie comme protection pour "boucher" le
trou. En général en situation de survie il y a du vent, une chute de neige ou les deux
combinés. Si vous parvenez à maintenir une couverture de survie dans le vent, prevenez
nous !
- L'isolation par rapport au sol. Utilisez tous les moyens tel que sacs, cordes,
vêtements, etc
tout en sachant que l'idéal reste le matelas et que la couverture
de survie servira tout au plus à protéger de l'humidité et la partie supérieur des
personnes mais surement pas du froid du sol.
- La neige peut être totalement étanche à l'air. D'où risque d'asphixie. Il faudra
donc créer une ventilation, surtout si vous employez un réchaud ou une bougie dans votre
abri, en faisant un trou à la partie supérieure de l'abri (avec le piolet ou un bâton
de ski) que vous entretiendrez ouvert et en ne fermant pas hermétiquement l'entrée
(mettre un sac par exemple).
- Les abris de neige (trous, tranchées, igloos) nécessitent un travail et un effort
important (mais sont efficaces) alors que l'abri rapide manque parfois de confort vis à
vis des courants d'air.
Aucun abri de fortune ne constitue une solution idéale aux problémes.
Il s'agit bien de situation de survie à utiliser lorsque l'on est piégé. Le meilleur
reméde est donc de ne pas se faire piéger et de prendre un maximum de précautions avant
de partir.
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