L'été
dernier, les quelque 5 000 bouteilles de vin rosé produites s'étaient
arrachées. Dès les premiers jours d'août, les vignerons
avaient dû se rendre à l'évidence : les cuves étaient
vides. Pour satisfaire davantage les amateurs du breuvage estival ariégeois,
ce sont 12 000 flacons qui ont été proposés à
la vente cette année. Il en reste moins de 4 000 aujourd'hui.
Et la saison n'est pas terminée, loin s'en faut.
« C'est vrai
que le rosé rencontre un vrai succès auprès des
consommateurs », reconnaît dans un large sourire David Mainardi,
en charge de la commercialisation au sein du GIE des Vignerons ariégeois.
« Son petit goût fruité se marie parfaitement aux
saveurs de l'été, aux plats que tout le monde déguste
principalement en cette période de l'année. En 2006, nous
tablerons au minimum sur 15 000 bouteilles ! »
NOUVELLE RÉPUTATION
Symbole de la vitalité du vignoble ariégeois, le rosé
ne grise pourtant pas ses producteurs. « On sait d'où l'on
vient, tempère le commercial. Cette année, nous ne proposons
que notre cinquième récolte (1).
Nous grandissons petit à petit et il nous reste beaucoup de travail
pour pérenniser l'entreprise et surtout la présence d'un
vignoble sur les terres ariégeoises. » Sachant que les
42 ha de vignes actuellement cultivés ne sont pas appelés
à s'étendre pour le moment.
« L'objectif
est effectivement de permettre à la vigne de s'imprégner
du sol et d'en prendre toutes les saveurs. »
La patience nécessaire
à la confection d'un bon vin, combinée à des techniques
de vinification affinées et des fûts de chêne mûrs,
confère aux vins ariégeois de nouvelles couleurs, d'inédites
rondeurs en bouche et, surtout, une nouvelle réputation. «
Actuellement, nous espérons pouvoir prochainement proposer un
vin rouge de semi-garde (dix ans), sachant que notre terroir a le potentiel
pour produire du vin de garde, notamment celui du Sabarthès »,
confirme David Mainardi.
Avec ses 180 clients
professionnels référencés, restaurateurs et grandes
surfaces mêlés, le GIE commercialise ses douze cuvées
à près de 85 % sur le département ; 10 % se dégustent
sur les tables audoises et haut-garonnaises ; 5 % régalent à
l'export, notamment chez des restaurateurs hollandais. « Des connaisseurs
», s'amuse David Mainardi qui aime à rappeler que les sujets
de la cour royale d'Angleterre goûtaient particulièrement
les cépages ariégeois. « ll n'y a pas de raison
que les habitudes d'avant la crise du phylloxera ne puissent revoir
le jour ».
Auteur : Nicolas
Hubert
(1)
À la fin des années « 90 », quatre vignerons
se sont associés pour relancer le vignoble ariégeois.
Une souscription avait été lancée en ce sens qui
avait reçu le soutien de plus de 700 amateurs. Retour