Les Pyrénées, une biodiversité à visage humain

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La montagne est à la fois un espace de travail et un espace de loisirs

La montagne, une histoire
Aujourd'hui, la «nature» que vous voyez est le résultat de 6000 ans d'élevage. Il ne s'agit pas d'une nature «sauvage» maintenue dans son état primitif mais d'un espace «semi-naturel», «fruit d'une coévolution du travail de la nature et de l'homme» - Grenelle de l’environnement, groupe 2 (Préserver la biodiversité et les ressources naturelles), rapport final, page 31.

C'est l'action conjointe de l'homme «pasteur» et des troupeaux domestiques (vaches, chevaux, brebis, chèvres) qui a construit, au fil des siècles, ce paysage avec ses immenses prairies aux plantes abondantes et variées. Mais cette «nature» est plus qu'un paysage. C'est également une ressource inestimable pour l'élevage de montagne avec des pâturages de qualité. Les éleveurs d'aujourd'hui connaissent l'histoire de ce lieu et entendent le préserver.

La montagne et le pastoralisme
Chaque été, les éleveurs-bergers conduisent les troupeaux sur les pâturages d'altitude appelés «estives». Chaque troupeau connaît son quartier de montagne où il se nourrit, s'abreuve, dort, se protège du froid, de la chaleur... Les plus anciennes bêtes du troupeau transmettent ce savoir aux nouveau-nés de l'année. C'est dans la tranquillité, à son rythme, que l'animal optimise l'herbe qu'il absorbe pour produire en abondance du lait et de la viande.

Au fil des siècles, l'éleveur-berger a appris à observer le comportement de ses animaux et à les accompagner au mieux.
Les pratiques pastorales d'aujourd'hui en découlent. Elles sont adaptées au relief, à la météorologie, à la pousse de l'herbe et au bien être de l'animal. Il est primordial que ce pastoralisme perdure.

La montagne, espace de biodiversité
L'herbivore vit en symbiose avec le végétal : il s'en nourrit et il l'enrichit. Par sa présence renouvelée sur les pâturages, il permet la régénération des plantes et leur diversité. Il entraîne aussi la présence d'autres espèces animales : insectes, oiseaux, rongeurs,... C'est tout un écosystème complexe qui est en oeuvre où chaque élément a une fonction indispensable. Afin de préserver cette richesse, la gestion des estives est raisonnée.

Elle tient compte de nombreux paramètres : nombre d'animaux sur un même secteur, moments de la saison d’estive, complémentarité des différentes espèces d'herbivores qui, en broutant des plantes différentes, préservent leur diversité en évitant que certaines envahissent les autres.

Les Pyrénées bénéficient de multiples races autochtones ovines, bovines, équines, caprines et asines. Elles constituent un patrimoine génétique inestimable même si moins médiatique que certaines espèces sauvages. Il est indispensable de les maintenir dans leur milieu et leurs conditions d’élevage d'origine afin qu'elles conservent leurs caractéristiques acquises au long des siècles grâce au savoir des éleveurs.

La montagne, espace de production
La période d’estive a une fonction économique.
Elle offre de multiples avantages : engraissement des animaux par une nourriture herbacée à volonté, maintien d'un milieu montagnard «ouvert», fabrication de produits viande ou lait de haute qualité… et présence des femmes et des hommes qui vivent de ce travail.
L'envoi du troupeau sur les estives permet en outre la libération des prairies de l'exploitation agricole, où les agriculteurs peuvent alors récolter du fourrage pour l'hiver.

La montagne, un patrimoine fait de “nature et de travail
Sans ces femmes, ces hommes, ces troupeaux, le pays serait un désert envahi de broussailles : enfrichement, ensauvagement, fermeture du milieu, ce paysage accueillant et ouvert aux activités de loisir deviendrait une porte close. De plus, le pâturage entretient les pelouses fixant la neige pour les stations de ski et limitant les risques d’avalanche.
Uniquement nourries de l’herbe des montagnes, les races autochtones permettent un développement durable en n’utilisant pas d’aliments industriels importés.

Beauté des paysages humanisés, production alimentaire durable et de qualité, cadre somptueux pour vos loisirs : l’élevage extensif sur les pâturages des montagnes est la clef qui ouvre toutes ces portes, un patrimoine à préserver et continuer

ASPP 65 - AREDA - rue de la mairie - 65400 AYZAC-OST - association agréée Protection de l’Environnement

Origine de l'expression "biodiversité à visage humain"


L’ASPP 65 et les associations de la coordination pyrénéenne ADDIP ont été les premières à utiliser le terme « biodiversité à visage humain ». Ce devait être le titre d’un projet de colloque qui devait se tenir en Pays Toy en 2007 et qui n’a pas pu voir le jour faute de financement.
A cette occasion, les organisations favorables aux introductions à l’ours n’ont pas manqué de critiquer la nature même de « visage humain » de la biodiversité. Pour elles, la biodiversité se limitait au sauvage et avait pour objectif l’ensauvagement des Pyrénées au profit d’une seule espèce emblématique : l’ours.

Le discours de Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, le 26 juillet 2010 devant le Comité de Massif des Pyrénées change l’esprit de la vision de la biodiversité auquel s’était, jusque là, opposées les associations pro-ours de l’ADET, Férus, FIEP, WWF et quelques autres plus marginales toutes membres de FNE (France Nature Environnement). En incluant, notamment, une notion de dialogue participatif et de diagnostique partagé, dont la réalité reste à prouver, ainsi que la biodiversité ordinaire non incluse dans la  directive européenne « Habitat » (Natura 2000), l’idéologie des associations environnementalistes tombe à l’eau.

Pour le maintien de leurs subventions, ces associations, le plus souvent sectaires, à la vision environnementale réductrice, ont emboitées le pas à la Ministre et tentent de récupérer l’expression « biodiversité à visage humain » pour expliquer leur démarche. Preuve d’une totale absence de réflexion et de responsabilité écologique en même temps d’une très grande incompétence en incluant pas, dès l’origine de leur réflexion, la notion de l’ensemble du vivant végétal et animal y compris l’homme comme le mentionne la Conférence de Rio et le Grenelle de l’Environnement, dans un cadre de développement durable avec ses trois composantes : environnement, social, économie.

Louis Dollo, le 27 juillet 2010


 


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