Quelques définitions liées à l'agriculture

 

En matière d’agriculture de montagne ou de plaine, un certain nombre de termes, expressions, et noms d’organismes sont utilisés. Pour clarifier le dialogue nous avons retenu quelques définitions


Surface de compensation écologique (SCE)

Les Surfaces de Compensation Ecologiques (SCE) sont des terres agricoles non cultivées sur une certaine période.

Cette pratique a notamment été développée en Suisse où le gouvernement a instauré au milieu des années 1990 les Surfaces de Compensation Ecologique : en échange d’une diminution de la biodiversité sur des parcelles agricoles exploitées, la mesure impose une gestion environnementale sur 7% des parcelles agricoles exploitables de l’exploitation agricole.

Les SCE sont principalement des prairies, des haies, des vergers d'arbres fruitiers haute tige et des jachères florales.

Jachère

Pratique agricole consistant à maintenir inutilisée pendant une certaine période une surface agricole pour lui permettre de reconstituer ses réserves en eau, sa capacité de production, etc. Le but des Jachères est également de limiter la surproduction agricole.

Agriculture durable

L'agriculture durable (également appelée agriculture soutenable) est l'application à l'agriculture des principes du développement durable. Il s'agit donc d'assurer la production de nourriture, de bois et de fibres en respectant les limites écologiques, économiques et sociales qui assurent la durabilité dans le temps de cette production. Elle ne porte pas atteinte à l'intégrité des personnes et des êtres vivants. L'agriculture durable limite l'usage de pesticides qui peuvent nuire à la santé des agriculteurs et des consommateurs, elle vise à protéger la biodiversité.

Agriculture raisonnée

L’agriculture raisonnée est un système de production agricole dont l’objectif premier est d’optimiser le résultat économique en maitrisant les quantités d’intrants, et notamment les substances chimiques utilisées (pesticides, engrais) dans le but de limiter leur impact sur l’environnement.

Elle a pour objectif d'adapter les apports en éléments fertilisants aux besoins réels des cultures en tenant compte des éléments présents dans le sol et du rendement potentiel de la plante. 8 organismes certificateurs sont habilités à délivrer les qualifications agriculture raisonnée : Aclave, Afaq-Ascert International, Certilim, Certipaq, Moody Certification France, Ocacia, Qualité France SA, Ulase.

Quelques références réglementaires :

  • Arrêtés du 21 juillet 2004 portant agrément d'organismes certificateurs (JO du 1er août 2004).
  • Arrêtés du 10 mai 2004 portant agrément d'organismes certificateurs (JO du 13 mai 2004).
  • Arrêté du 10 mai 2004 portant nomination à la Cnar (JO du 13 mai 2004).
  • Décret N° 2004-293 du 26 mars 2004 sur les conditions d’utilisation du qualificatif agriculture raisonnée (JO du 28 mars 2004).
  • Arrêtés du 18 mars 2004 sur l'habilitation des premiers organismes certificateurs pour les audits de qualification agriculture raisonnée par le COFRAC : ACVLAVE, OCACIA, ULASE ((JO du 28 mars 2004).
  • Décret N° 2002-631 du 25 avril 2002 relatif à la qualification des exploitations agricoles au titre de l'agriculture raisonnée (JO du 28 avril 2002).

Agriculture biologique

Mode d'agriculture qui se caractérise principalement par son refus d'utiliser des produits «chimiques» et qui cherche à renouer avec des pratiques traditionnelles (exemple : jachère).

Le terme est apparu vers 1950, par opposition au système de production agricole qui s'est mis en place à partir du XIXe siècle, qualifié de chimique en raison de son usage de produits de synthèse. Les agriculteurs dits ''bio'' sont regroupés en fédérations avec des cahiers des charges à respecter pour l'obtention de labels (label biologique, AB) qui comprennent en général :

  • Utilisation de produits (engrais) aux origines naturelles,
  • Interdiction, sauf exception, d'intrants d'origine chimique,
  • Rotation modérée des cultures, élevages peu intensifs, etc. de façon à préserver les sols (reconstitution naturelle).

En agriculture biologique la fertilisation fait appel à des substances d'origine organique, animale ou végétale et à quelques minéraux répertoriés sur une liste. Elle prend aussi en compte l'environnement et des pratiques agricoles adaptées.

Agriculture intensive

L'agriculture intensive est un système de production agricole caractérisé par l'usage important d'intrants, et cherchant à maximiser la production par rapport aux facteurs de production, qu'il s'agisse de la main d'œuvre, du sol ou des autres moyens de production (matériel, intrants divers).
Elle est parfois également appelée agriculture productiviste. Elle repose sur l'usage optimum d'engrais chimiques, de traitements herbicides, de fongicides, d'insecticides, de régulateurs de croissance, de pesticides...

Ce mode de production fragilise (voire met en péril) l'Environnement. De nombreux problèmes liés à l'utilisation massive des engrais commencent à voir le jour : pollution des eaux et des sols. Dans le monde les rendements sont différents en fonction des pratiques agricoles, des cultures du climat, etc.. Exemples de quantité moyenne de fertilisants utilisés par an :

  • France : 240 kg par hectare de blé.
  • Russie (1995) : 25 kg par hectare de blé.
  • USA : 257 kg par hectare de maïs.
  • Tanzanie : 12 kg par hectare de maïs.
  • Corée du Sud : 320 kg par hectare de riz.
  • Cambodge : 4 kg par hectare de riz.
  • Tadjikistan : 461 kg par hectare de coton.
  • Bénin : 45 kg par hectare de coton.

Ainsi, en France, les rendements d'un hectare de blé n'ont pas cessé de croître au cours des derniers siècles : jusqu’en 1850 : 10 quintaux / 1850 - 1950 : 16 quintaux / 1950 - 1973 : 25 quintaux / 1973 - 1980 : 48,5 quintaux / 1980 - 1995 : 66 quintaux / 1995 : 70 quintaux.

COMIté français d'étude et de développement de la FERtilisation raisonnée (COMIFER)

Association sans but lucratif créée en 1980, le COMIFER est un pôle de rencontre et de dialogue autour des activités liées aux sciences et techniques de la fertilisation raisonnée.

Comité d’ORientation pour des Pratiques agricoles respectueuses de l’ENvironnement (CORPEN)

Le CORPEN est une instance d'analyse, d'expertise et une force de proposition fondées sur la validation scientifique et technique. Il élabore et diffuse des recommandations relatives aux pratiques agricoles, contribuant à la réduction des pollutions et permettant une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux.

Créé en 1984 sur décision des ministres chargés de l'agriculture et de l'environnement, le domaine d'action du CORPEN visait initialement la pollution de l'eau par les nitrates et les phosphates provenant des activités agricoles. Ce domaine a été étendu en 1992 aux pollutions par les produits phytosanitaires. Depuis 2001, le CORPEN s'intéresse plus globalement aux pratiques agricoles respectueuses de l'environnement (aquifères, milieux aquatiques, air et sols).

Forum de l'Agriculture Raisonnée Respectueuse de l'Environnement (FARRE)

Association nationale créée pour faire connaître et promouvoir l'Agriculture Raisonnée.
Regroupe un réseau d'agriculteurs volontaires pour démontrer, dans la pratique, la crédibilité de l'agriculture raisonnée et la faire connaître.

Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

Organisation internationale qui s'occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Au cœur de l'organisation se trouvent les Accords de l'OMC, négociés et signés par la majeure partie des puissances commerciales du monde et ratifiés par leurs Parlements. Le but est d'aider les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités. L'OMC est largement dénoncée par les petits producteurs agricoles notamment, comme une organisation favorisant les gros producteurs et les pays riches.

Source : Le disctionnaire d'Actu-Environnement

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