Les agriculteurs conspuent le Président Fernández après qu’il les ait ignorés.

 


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Comme dans tous pays, lorsqu’un élu du peuple refuse d’écouter et de dialoguer avec le peuple, il est conspué et rejeté. C’est ce qui se passe dans le massif Cantabrique, plus précisément dans la principauté des Asturies en Espagne. Contrairement à ce que nous disent les écologistes français depuis des décennies, l’acceptation sociale des grands prédateurs en Espagne n’existe pas plus qu’en France, en Italie, Suisse, Allemagne… Depuis plusieurs décennies ces organisations ont menti… Et aujourd’hui nous voyons le résultat avec les bergers des Picos de Europa qui ne cèdent pas depuis plusieurs mois. Eux aussi ne veulent plus de loups. Qu’on se le dise.

 

Les agriculteurs conspuent le Président Fernández après qu’il les ait ignorés.


Près de cinq cents éleveurs et leurs familles ont manifesté hier à Covadonga pour exiger le contrôle des loups et des écobuages dirigés.

A l'occasion de la fête des Asturies, le sanctuaire de Covadonga accueillait la partie religieuse de la fête. Les hauts responsables de la politique régionale participaient à l’événement, occasion favorable pour les éleveurs de la région, qui cherchaient la possibilité d'être vus et surtout entendus par le gouvernement. Avec l'objectif que la classe politique satisfassent à leurs demandes, ils se sont rassemblés hier matin au parking de Muñigo , d'où ils sont partis en une marche revendicative en direction de Covadonga en portant leurs banderoles contre les attaques de loups et demandant débroussaillement et écobuage contrôlé dans le territoire du Parc des Picos de Europa.

Ils ont commencé la journée en coupant la circulation à hauteur de la passerelle de Muñigo pendant une quinzaine de minutes. Puis ils ont entamé la montée à pied vers Covadonga en suivant le chemin à droite de la route, laissant l'autre route ouverte à la circulation. En seulement une heure, ils ont atteint leur destination avec de nombreuses pancartes et banderoles exprimant clairement leurs demandes. Ils réaffirment la nécessité de contrôler la population de loups, qui a tant coûté aux troupeaux au cours des dernières années.

Ils expriment également le besoin de revenir au débroussaillage et aux brûlages contrôlés pour regagner le terrain qui aujourd'hui s’est transformé en « matorral » /friche de buissons, ronces, arbustes …/ : moins de pâturage pour nourrir leurs animaux et manque de protection, sont les principaux problèmes rencontrés par les éleveurs de l'Est des Asturies. Mais ils ne sont pas les seuls à en être victimes. Tout au long de l’action des partenaires de différents endroits dans la région sont venus s’ajouter à la protestation. Dès le matin sont arrivés les habitants de Cabañaquinta, dans le consejo de Aller, de Laviana et Cangas de Narcea . « Dans toutes les Asturies, nous subissons les conséquences de l'absence d’une politique d'élevage sérieuse », explique José Antonio García, régisseur des pâturages de la montagne de Covadonga.

De la même façon, les agriculteurs ont reçu le soutien de nombreux élus locaux qui se sont présentés au début de la marche pour apporter leur soutien au regroupement /suit une liste d’élus et responsables politiques/ Le régisseur des pâturages a remercié pour leur soutien ceux « qui sont au jour le jour auprès des agriculteurs locaux », mais a appelé également à « plus d'engagement » de la part de tous.

Juste après midi, les cortège des éleveurs arrivait aux portes du site royal dans l’incessant tintamarre des cloches, klaxons et sifflets. Le joueur de cornemuse et agriculteur Fran Wagner, originaire de Margolles, accompagnait la marche avec les sons traditionnels des Asturies. En tête, un petit groupe d’enfants marchait aux côtés de Francisco Rojo Asprón, de Bobia de Abajo, dans le consejo de Onís, appuyé sur ses deux béquilles. À quatre-vingt ans sonnés, il rejoint la cause « parce que nous vivons de ça. Là, il n'y a pas d'autre solution. » Il a travaillé toute sa vie à la campagne, exemple qu’ont suivi ses enfants et petits-enfants qui, comme lui, tiennent du bétail. « Qu’ils nous enlèvent les loups parce qu’avec eux nous ne pouvons pas vivre » a-t-il demandé. Il a même entonné quelques uns de ces couplets qui servent de blagues entre voisins du consejo : « Le plus beau à Onís c’est les chèvres et brebis, elles sont aujourd'hui un jeu pour les loups, ne restent que de vieilles peaux ».


Les éleveurs à leur arrivée au sanctuaire
Photo S.S. Martín

Les éleveurs attendaient la procession de la Vierge de Covadonga, puisque derrière la statue marchait le président régional Javier Fernández, accompagné par les députés et politiciens asturiens. Loin d'engager un dialogue avec les manifestants, les membres du gouvernement régional ont ignoré les agriculteurs et accéléré la marche, poursuivant leur chemin vers la sainte grotte, moment où ont commencé les huées.


Javier Fernández passe devant les éleveurs sans se diriger vers eux
Photo S.S. Martín

Les plus de quatre cents éleveurs se sont alors placés sur l'esplanade en face de la collégiale de San Francisco, où la très jeune Covadonga Cuesta a procédé à la lecture du manifeste. Sur le mode d’une lettre adressés à la sainte, cette fillette de Llerices a exprimé l’incompréhension face à la situation vécue par les éleveurs dans les Asturies. Élevée au sein d’une famille dédiée à l’agriculture, la petite est étonnée quand on lui dit qu’elle ne pourra pas suivre les traces de ses ancêtres ni choisir de vivre avec le bétail. Les attaques de loups, l’envahissement des pâturages par les ajoncs, et les terrains classés en réserve sont les dommages dont souffre cet ancien métier, raisons qui le rendent chaque jour plus difficile à exercer.

Celui qui s’est montré le plus proche des éleveurs était le leader du PP dans les Asturies qui a dit que, dans l'ensemble, son parti est d'accord avec leurs revendications et estime qu'ils doivent être exemptés du paiement de la redevance d'assainissement et avoir un plan de gestion du loup plus favorable, car actuellement les dégâts « sont saignants » et la Principauté paie les dommages avec retard.

Le régisseur des pâturages, José Antonio García, faisait un bilan « relativement positif » de la journée. . La participation a augmenté au fur et à mesure que se succédaient les manifestations, au point, dans ce cinquième appel, d’avoir réussi à unir les forces au-delà de la région de l'Est : « de Cangas del Narcea à Penamellera nous maintiendrons notre position », a déclaré García, qui a également appelé à « passer à un stade supérieur de l’action ». Et il insiste : « c'est une obligation pour le gouvernement de résoudre nos problèmes ».

Source : Journal El Comercio - 9 septembre 2013
Auteur : PAULA MARTINEZ | Covadonga.
Traduction : B. Besche-Commenge ASPAP-ADDIP

Le manifeste des agriculteurs des Asturies : "Je veux rester dans mes montagnes"

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