Le manifeste des agriculteurs des Asturies : "Je veux rester dans mes montagnes".

 


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Comme dans tous pays du monde, les peuples des montagnes sont attachés à leur territoire. Que ce soit en France ou en Espagne, ici dans les Asturies, le même cri de douleur sort des vallées. Les enfants veulent rester au pays alors que d’autres, étranger à ces montagnes, veulent les faire partir pour créer des espaces sauvages où les animaux sauvages ont plus d’importance que la vie des humains. C’est ça la dictature écologiste.

 


Je veux rester dans mes montagnes

Chères Asturies,

Je m’appelle Covadonga, comme la Sainte, et je suis d'un village à côté appelé Llerices. Mes parents sont agriculteurs, et mes grands-parents et les grands-parents de mes grands-parents l’étaient eux aussi. J’aimerais moi aussi tenir du bétail, mais tout le monde me dit que c’est impossible et que je devrai quitter le village parce que c’en est fini du pastoralisme /…/

Mon grand-père dit qu’autrefois nous avions une montagne, mais on nous l’a prise et ils l’ont quittée. Avant, les habitants l’entretenaient pour que le bétail puisse paître sur l’estive. Ils nettoyaient les broussailles et chassaient les loups qui venaient manger le bétail, mais ceux qui nous ont pris la montagne ne nous ont pas laissé continuer à le faire.

Je ne comprends pas pourquoi eux ne le font pas et ne prennent pas soin de la montagne. Mon grand-père dit qu’avant il n’y avait jamais d’incendie sur la montagne, mais pas davantage de broussailles, parce qu’ils les enlevaient une à une, et maintenant il ya tellement d’ajoncs que dans de nombreux endroits, il ne reste plus d'herbe pour que mangent nos animaux. Et moi je ne peux pas venir avec mon père parce que les ajoncs sont si hauts que vous ne pouvez pas y marcher, c’est plein d'épines.

Mon grand-père dit que, avant, tout le monde faisait du fromage, et il y avait des milliers de moutons et de chèvres dans l’estive mais les loups en mangeaient tellement que nous avons dû les abandonner et les remplacer par davantage de vaches. Et voilà que maintenant les loups tuent les vaches aussi. Comme ils sont gros! Mon père dit que les loups sont protégés, mais je ne comprends pas pourquoi nous ne pouvons pas protéger également les moutons et les chèvres.

Bon, mais moi je dis que je tiendrai aussi bétail quand j'aurai fini l'école, et resterai dans mon village et mes montagnes, mais tous me disent que ce n’est pas possible /…/.

Extrait du journal « La Nueva España » qui publie une partie du manifeste lu par la fillette et relate la manifestation
Traduction : B. Besche-Commenge ASPAP-ADDIP


Le rassemblement des éleveurs sur le parvis de Covadonga
Sur les banderoles : « Pour la survie du pastoralisme – Élevage oui, loups non »
« Une administration avec de la volonté et des couilles trouvera des solutions –
Nous voulons des éleveurs, pas des prédateurs »

 


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