Loup : "La vie est un enfer" pour les bergers

 


La ferme dans le hameau d’Esparron, dans les Monges, paraît paisible. Et pourtant….(@N. Massat)

Dans son numéro du 8 février dernier, Nadine Massat dans "L’Espace Alpin", nous livre le témoignage émouvant de la compagne d'un berger avec leurs deux enfants. Nous ne pouvons pas dire qu’à la base ce couple était hostile au loup : ils ont participé au programme Pastoraloup de FERUS.(1) Par ailleurs, tout l'été, ils vivent à l'alpage avec leur troupeau et ils respectent les mesures de protection préconisées par l’ONCFS et les mouvements écologistes.

Avant l'article de Nadine Massat dans "l'Espace Alpin", Caroline Ailhaud, bergère dans les Alpes de Haute-Provence, s'était livrée sur le "Plus" du Nouvel Obs le 3 août 2012. Nous reprenons ce témoignage. Laissera-t-il indifférent les élus et les soi-disant spécialistes et autres protecteurs du loup ? Depuis 20 ans, des apprentis sorciers renouvellent à chaque fois, à travers un plan loup totalement délirant, les mêmes préconisations inutiles et sans effets. Jusqu’où ira ce délire écologique gratuit au mépris des hommes et de ceux qui ont fait la biodiversité de nos montagnes depuis des milliers d’années ? Faudra-t-il une révolte ? Un passage à des actes extrêmes pour se faire entendre ?


"Quand Caroline arrive dans le hameau d’Esparron la Bâtie, au cœur du massif des Monges, à 1 200 m, dans les Alpes de HauteProvence, c’est l’été. Elle a 20 ans. Cette étudiante en biologie à Bordeaux a décidé de passer quelques temps sur les estives de la famille Ailhaud au titre d’éco volontaire du Groupe Loup France (aujourd’hui FERUS). La problématique du loup l’intéresse ; elle veut comprendre et se rend donc sur le terrain avec la foi du charbonnier".

Dix ans plus tard, la même Caroline à la recherche de la nature sauvage parle à Nadine Massat : "La vie ici est un enfer » lance-t-elle, l’œil noir. « Je n’ai plus de vie de famille, nous sommes épuisés et je tremble chaque jour pour mes deux enfants que je ne peux tout de même empêcher de sortir de la maison. Financièrement, c’est la catastrophe. Mon espoir de m’installer à mon tour est parti en fumée. Pire : je songe sérieusement à partir".

Et elle poursuit son récit : "Le soir, je partais avec mes enfants et ils dormaient sous une tente car il n’y a pas de cabane. Guetter le moindre bruit, mon fusil collé contre moi, l’angoisse au ventre ; c’est une vie ça ? "

Et encore….. "Je craque. Mes enfants s’adaptent comme ils peuvent mais je suis mère avant tout et je ne me résous pas à leur faire vivre cette angoisse quotidienne. Ils ne sortent qu’accompagnés de nos chiens bergers d’Anatolie…."

Et le témoignage se poursuit. On peut se demander ce que les bien-pensants de l’écologie peuvent argumenter face à une telle situation vécue par des centaines de couples d’éleveurs et bergers. Nadine Massat conclue :

"Les éleveurs ont le plus souvent des compagnes. Qui se soucie d’elles ?
"Leur voix est inaudible. Pourtant elles portent un double fardeau. En tant que femme, elles sont à la fois celles qui subissent et celles qui apaisent les douleurs. A la fois impliquées dans la lutte au jour le jour, elles doivent également rapiécer le quotidien, faire en sorte qu’il soit vivable ; entre un compagnon dévoré d’angoisse et souvent absent, des enfants qui ne demandent qu’un peu de légèreté et une vie de femme mise entre parenthèse, c’est sur elles que repose l’essentiel".

Un document à lire intégralement….

(1) - Selon FERUS, l'action menée avec Pastoraloup se veut être : "Un espace de dialogue et d'ouverture pour dépasser les clivages. Au-delà de l'appui technique, cette forme de solidarité active offre une occasion de rencontres et d'échanges afin d'œuvrer ensemble à la réduction des conflits". A la lecture de ce document / témoignage nous voyons où cela mène. Malgré toutes les bonnes volontés, la preuve est faite que la cohabitation n'est pas possible.

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José Bové incite à tuer les loups : moi, je dors avec un fusil pour protéger mes brebis


LE PLUS. Un loup attaque un troupeau ? "La meilleure façon de faire, c'est de prendre un fusil et de tirer." Cette préconisation, sortie tout droit de la bouche de José Bové sur Radio Totem, provoque un tollé chez les écologistes, mais pas chez les premiers concernés. Caroline Ailhaud, bergère depuis 10 ans dans les Alpes de Haute-Provence, a choisi de s'armer contre les loups.

Édité et parrainé parRozenn Le Carboulec

Dormir sous une tente avec mes enfants et… un fusil. C’est le quotidien auquel je suis confrontée si je veux protéger mon troupeau de brebis, étant donné que les loups attaquent la nuit. Il y a un an, nous avons obtenu l’autorisation au tir de défense, qui nous permet de nous armer face aux loups. J’ai donc passé le permis de chasse avec une amie. Mais rien n’y fait.

Un agneau éventré sur la clôture

Nous avons encore perdu deux ovins il y a une semaine. On a retrouvé un petit agneau que ma fille nourrissait au biberon éventré sur la clôture. Vous imaginez la violence d'une telle scène pour des enfants ? Le problème avec ces attaques, c’est qu’il y a tout un aspect psychologique qu’on ne prend pas du tout en compte.

Autour de nous, les brebis tombent par dizaines. Trente brebis ont récemment été retrouvées à 100 mètres de l’école. Les gendarmes ont été appelés en pleine nuit parce que les loups rôdaient dans le village. Ce qui nous fait peur aujourd'hui, c'est que nos enfants ne sont plus en sécurité. Les miens n’ont pas école et sont à la maison toute la journée. Ils sont obligés de jouer avec un chien de protection à leurs côtés.

Et à cela s’ajoute l’aspect financier. Le protocole nous oblige à prendre au moins deux mesures de sécurité si nous voulons être indemnisés en cas d’attaques. En plus du tir de défense, nous avons également dû installer un parc électrifié, mais les loups ont tout de même réussi à y pénétrer. Ça montre bien la capacité d'adaptation de l'animal, qui a compris que le courant fait mal, mais n'est pas dangereux. On nous impose toutes ces mesures qui, en plus d’être mal vues par le voisinage, sont bien souvent inefficaces. C’est de la poudre aux yeux qui ne règle rien.

15.000 euros de pertes à cause des loups

Il y a plusieurs mois, des crottes de loups ont parasité l’ensemble du troupeau, car vecteurs du ténia. Les brebis ont été infectées par des péritonites terribles, qui ont rendu la viande impropre à la consommation. En conséquence, tout notre lot a été saisi et ça nous a coûté 15.000 euros, soit huit mois de travail... Et bien sûr, pas moyen de se faire indemniser dans un tel cas : nous n’avions aucun moyen de prouver que ces infections étaient dues aux loups.

On nous impose un tas de choses mais on ne fait rien pour nous aider. La ministre de l’Écologie, Delphine Batho a promis une "concertation" sur le loup, mais ça fait 20 ans qu’ils se concertent ! Seule Nathalie Kosciusko-Morizet avait pris position et essayé de trouver une solution en 2011, mais ça n’a pas suffi.

Tout ça au nom de la biodiversité

Aujourd’hui, on défend les loups sous prétexte de vouloir sauvegarder la biodiversité, mais on fait tout l’inverse en éloignant les troupeaux des prairies. C’est tout de même un signe si un militant écologiste comme José Bové incite à tuer les loups qui menacent les troupeaux ! Sa position est intéressante et permet de mettre en avant les contradictions au sein même d’Europe-Écologie-Les Verts.

En attendant, on fait comme on peut, mais la situation devient intenable et la production ovine ne cesse de péricliter. Plus de 5.000 moutons ont été tuées en 2011 à l’échelle nationale. Résultat, nombreux sont ceux qui baissent les bras…

Propos recueillis par Rozenn Le Carboulec

Source : Le Plus du Nouvel Obs du 3 août 2012

[Ndr : Les organisations écologistes officielles, comme les administrations, n'apportent jamais aucune contradiction, observations ou réponses à ce type de témoignage. Curieux ? Par contre, allez voir les échanges.... Nous comprenons rapidement qu'aucun duialogue n'est possible avec un écologiste. Il a des solutions à tout, il connait tout, il a toujours raison et le loup vaut mieux que les brebis et les hommes... voir même les gosses]

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