L'ONCFS n'est pas contente des slogans des manifestants

 

Il semble que l’ONCFS, comme d’autres services de l’Etat liés à l’environnement, n’ait pas bien compris ce que liberté et notamment liberté de manifester et d’expression d’une opinion, pouvait signifier. La notion de démocratie semble être réservée aux seuls acteurs de l’écologie sectaire à laquelle de nombreux fonctionnaires de l'environnement sont adhérents ou sympathisants. De cette manière, ils n’acceptent pas la critique et même pour beaucoup d’entre eux, ne la comprennent pas.

Ces agents de l’Etat pensent disposer de tous les droits et estiment bien faire leur travail. Tellement bien qu’ils n’imaginent même pas leur remise en cause par rapport aux critiques formulées. En définitive, ils donnent le sentiment qu’ils sont cantonnés dans une idéologie définie et immuable. En quelque sorte, un peu comme dans une secte où l’on suit le gourou quoiqu’il advienne. Ce qui se passe dans les Hautes-Alpes est significatif d'une telle mentalité.

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La réplique de l'Office national de la chasse


À la suite de la manifestation de soutien au chasseur, qui a comparu le 18 février dernier devant le tribunal correctionnel de Gap pour avoir tué une louve lors d'une battue à Esparron, Jean-Pierre Poly, directeur général de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, nous a adressé un texte en réponse à certains slogans "blessants à l'encontre des agents assermentés" de l'ONCFS.

« Les manifestants se trompent de procès »

« Les 1 400 agents techniques et techniciens de l'environnement, appelés anciennement gardes, sont perplexes, amers, déçus et meurtris devant les banderoles injurieuses déployées lors de la manifestation de soutien au chasseur ayant tué une louve. En décembre dernier, en verbalisant un chasseur pris en flagrant délit d'avoir tué une louve, espèce protégée je le rappelle, ils avaient le sentiment d'avoir fait leur devoir. Celui d'agents commissionnés par la République pour faire respecter la réglementation.

Aujourd'hui, face à des slogans outrageants accolés à d'autres menaçants, ils s'interrogent sur la possibilité de remplir leurs missions dans la sérénité et en toute sécurité, lorsque, dans quelques semaines, ils seront appelés par ces mêmes éleveurs pour rédiger les constats de dégâts à la suite d'attaques de troupeaux.

Les manifestants, en s'en prenant aux "gardes" dans leurs récriminations, se trompent de procès. Faut-il rappeler que les agents ne sont en aucun cas responsables de la présence du loup en France et qu'ils sont le bras armé des pouvoirs publics lorsque ces derniers décident de réguler les populations de loups afin de concilier sauvegarde des activités pastorales et de la biodiversité.

Affliction, déception mais également incompréhension de ces agents, lorsqu'ils voient en tête de cortège défiler des élus aux écharpes tricolores sous des banderoles hostiles à des agents chargés de missions de service public (...).

S'il est parfois de bon ton, par les temps qui courent, de charger l'administration de tous les maux, prenons garde de décourager en les déconsidérant ceux qui, quotidiennement, dans des conditions difficiles et parfois périlleuses, avec des moyens souvent comptés, s'honorent de défendre le service public de l'environnement dans l'intérêt général », conclut le patron de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Source : La Dauphiné Libéré du  05/04/2010

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Commentaire sur cette réplique


Cette réaction de l’ONCFS est à la fois consternante et affligeante.

Consternante parce qu’il est stupéfiant qu’un établissement public se permettent de critiquer la simple liberté d’expression d’une population qui se trouve de fait sous leur joug.

Affligeante parce qu’au lieu de critiquer les réactions du peuple, l’ONCFS devrait essayer de se remettre en cause en tentant de comprendre les raison de cette colère.

Au contraire, l’ONCFS, par sa réaction confirme sa volonté de ne pas changer et s’étonne que le peuple ne veuille pas passer sous son autorité sans discussion possible. La démocratie qui s’exprime à travers des élections et par l’existence d’élus présents à cette manifestation ne semble pas avoir d’effet sur ces personnels qui, en contre partie, estiment bien faire leur travail.

Nous sommes bien là en présence d’un comportement totalitaire par inconscience ce qui démontre l’irresponsabilité coupable des agents de l’ONCFS et de leurs supérieurs hiérarchiques pouvant entrainer tôt ou tard des situations de révolte beaucoup plus importante (1). Appliquer des lois et règlements ne signifie pas bien faire son travail. Encore, faut-il les appliquer intelligemment. Papon avait été un préfet de Gironde exemplaire pendant la guerre, nous savons de quelle manière son comportement a été jugé. Nous sommes ici sur le même plan de comportement même si les conséquences sont très différentes.

D’ailleurs, parmi les éleveurs, les remarques sont assez claires : «Si ces gardes se sentent visés par ces slogans c'est surement qu'une partie de cette corporation en est responsable ». Les commentaires aux articles du Dauphiné Libéré sont symptomatique d’une situation brûlante que l’ONCFS devrait lire de temps en temps comme celui de "demission" il y a plus d'un an: que Monsieur Poly devrait lire.

Il faudrait aussi se reporter à la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale du 2 mai 2003 sur « les conditions de la présence du loup en France et l’exercice du pastoralisme dans les zones de montagne » présidée par Christian Estrosi et rapportée par Daniel Spagnou Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 2 mai 2003  dans laquelle il est fait état d’une " trop grande proximité entre les associations environnementalistes et l'administration"

Il faut également noter que le conflit sur le retour prétendument naturel des loups dure depuis 18 ans.  Avant que la présence du loup soit admise par l’ONCFS, les constats de prédations effectués par cette même administration montraient du doigt les chiens des éleveurs. Aujourd’hui, les éleveurs estiment toujours que la mauvaise foi récurrente des gardes de l’ONCFS est un état d’esprit qui a, depuis longtemps, créé une situation de divorce irréparable entre éleveurs et agent de l’ONCFS.

Il faut néanmoins noter que, selon les éleveurs eux-mêmes,  « cela peux se passer plus ou moins bien d'un département a l'autre; en fonction de l’encadrement, mais dans tout les cas le monde rural s'est retrouver couper en deux suite au retour, mal géré, des loups ».

Dans chaque hameau, village, canton... il y a un avant et un après le loup.  C'est irréversible. Parfois, les meilleurs amis du monde ne se parlent plus et deux mondes se côtoient sans se regarder. Mais dans tous les cas, une telle situation montre l’ONCFS et le loup pour responsable.

Si les manifestants se trompent de procès, ils ne se trompent pas de cible. Mais c’est peut-être le procès de l’ONCFS et des associations dites écologistes qu’il faudrait faire pour en être arrivé à une telle situation. Une chose est certaine, le communiqué de l’ONCFS ne changera rien à ce qui se passe sur le terrain. L’ONCFS aurait beaucoup mieux fait et ce serait grandie  en reconnaissant un certain nombre de fautes et erreurs passées et en présentant des excuses a ceux qui, depuis plus de 14 ans dans les Hautes Alpes se considèrent spoliés par les pratiques dites environnementales.

(1) Le 21 avril 2010, le Président de la Fédération Nationale Ovine parlait, lors de son Assemblée Générale, devant le Directeur de cabinet du Ministre de l’Agriculture, de « situation insurrectionnelle »

Louis Dollo, le 23 avril 2010

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