FERUS pas content de Sarkozy

Que FERUS ne soit pas content du Président de la République reste quelque chose d'assez banale. Mais peut-être que le Président Sarkozy n'est pas de ceux qui se font rouler dans la farine pendant 30 ans par des associations sans grand scrupule pour les populations locales.

Et FERUS n’a pas peur de montrer le peu de cas qu’il fait des éleveurs et bergers des Alpes lorsque cette association dit : « Si le loup reste une contrainte, il n’est pas inutile de rappeler qu’il n’est responsable que de 2 à 3 % de la mortalité ovine dans notre pays ». S’il s’agit de 2 à 3% des ovins de France, laissons à chacun le soin d’imaginer la proportion pour les Alpes sachant que ce n’est pas le lieu de production le plus important. Et dans tous les cas de figure, qui, en France,  accepterait de voir son capital amputé chaque année de 2 à 3% sans aucune indemnisation du manque à gagner (seul le capital est remboursé dans le meilleur des cas).

FERUS se moque ouvertement du peuple. Mais quoi de plus normal pour des gens qui ne sont pas directement concernés et qui passent leur temps à observer le phénomène derrière un écran d’ordinateur.

 

Autorisation de tir de loup : FERUS interpelle Nicolas Sarkozy


Le 27 août dernier, Nicolas Sarkozy rendait visite aux éleveurs des Alpes-de-Haute-Provence. Pour faire plaisir aux éleveurs, il demandait au préfet de prendre sous 8 jours un arrêté de prélèvement d’un loup. Le 3 septembre, l’arrêté a été pris. Il concerne les communes de La Condamine-Châtelard, Enchastrayes, Faucon-de-Barcelonnette, Jausiers, Meyronnes et Saint-Paul-sur-Ubaye. L’autorisation est valable 1 mois.

FERUS a adressé cette lettre ouverte au président de la République et aux préfets des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes.

Lettre ouverte à Mr Sarkozy, 4 septembre 2010

Monsieur le Président,

Nous prenons note avec satisfaction de votre dernière déclaration, lors de votre visite dans une exploitation ovine des Alpes de Haute-Provence, confirmant le statut d’espèce strictement protégée du loup en France. Certains finissant par se faire des illusions à ce sujet, votre mise au point sans équivoques confirme la volonté de notre pays de respecter ses
engagements internationaux et toute idée de dérogation aux lois et conventions en vigueur.

Notre association reste farouchement opposée au principe des tirs de prélèvement qui ne résolvent rien, voire même, dans certaines situations, aggravent le problème. En effet, un tir de prélèvement peut avoir l’effet contraire de celui recherché puisque la disparition subite d’un animal dominant peut totalement déstructurer une meute et conduire à une augmentation des attaques sur les troupeaux.

D’autre part, FERUS a démontré que plus de cent loups ont été braconnés en France depuis une dizaine d’années. A part quelques paroles convenues, l’administration ne fait pratiquement rien pour lutter contre ce phénomène et assurer une réelle police de la nature. Les agents de la police de la nature (ONCFS) sont trop peu nombreux pour dissuader et poursuivre en justice les contrevenants. Les effets d’annonce de tirs de prélèvement autorisés en catastrophe, notamment dans les Alpes de Haute Provence et les Hautes-Alpes, ne changeront rien à une situation qui ne peut
se régler à coups de fusils mais seulement dans une véritable politique ambitieuse de protection des troupeaux qui est le seul moyen efficace de résoudre cette problématique. Ce n’est pas en éliminant ça et là un loup que nous résoudrons le problème. Le loup est présent et le restera. Le seul moyen pour les éleveurs de se protéger efficacement reste de mettre en oeuvre correctement les mesures de protection qui réduisent drastiquement la prédation. Depuis 10 ans maintenant nous proposons, en appui des aides de l’Etat, des bénévoles aidant à surveiller les troupeaux et améliorer les mesures de protections dans le cadre de notre programme « Pastoraloup ».

Si le loup reste une contrainte, il n’est pas inutile de rappeler qu’il n’est responsable que de 2 à 3 % de la mortalité ovine dans notre pays et que les raisons du malaise économique du monde de l’élevage ne sont absolument pas dues à la présence du prédateur dans nos alpages.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous aurez apporté à cette lettre et vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos profonds respects.

Po/le conseil d’administration : le président : J F Darmstaedter


Le Grand Charnier

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Le loup